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DOSSIER : Les territoriaux imaginent le monde d'après
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/694421/la-ville-du-quart-dheure-a-la-recherche-du-temps-perdu/

EQUIPEMENTS DE PROXIMITÉ
La ville du quart d’heure à la recherche du temps perdu
Alexandre Léchenet, Laura Fernandez Rodriguez | A la une | actus experts technique | Dossiers d'actualité | France | Publié le 11/09/2020 | Mis à jour le 14/09/2020

La question de l’accessibilité à des équipements de proximité est (re)devenue centrale à l’occasion de la crise sanitaire, et a été mise à l’honneur lors de la campagne électorale des municipales. Un alignement des planètes favorable à un retour en grâce des politiques temporelles ?

Temps de travail

 

LOGO_MONDE_380x253-blanc.jpg [1]LES TERRITORIAUX IMAGINENT LE MONDE D’APRÈS. Urbanisme, changement climatique, finances, fonction publique, management, mobilité, numérique… A quoi doit ressembler le monde post-Covid-19 dans les territoires ? « La Gazette » donne la parole à ses lecteurs en recueillant leur expertise pour mieux construire l’avenir.

La « ville du quart d’heure ». Un concept devenu phare durant de la crise sanitaire. Son idée est simple : six grandes fonctions sociales – se loger et produire dignement, accéder aux soins, s’approvisionner, apprendre et s’épanouir – doivent être accessibles en un quart d’heure à pied ou à vélo depuis n’importe quel point de la ville.

Il est porté par Carlos Moreno, scientifique franco-colombien et professeur associé à l’Institut d’administration des entreprises de Paris. Un air de slogan parfois devenu tout un programme, dans le cadre des élections municipales, et qui se décline désormais dans les intitulés de quelques délégations officielles, comme celle de Carine Rolland, adjointe (PS) à la maire de Paris (2,19 millions d’hab.), chargée de la ville du quart d’heure et de la culture.

Ce concept remet sur le devant de la scène les politiques temporelles, qui amènent à repenser les rythmes de la ville et les fonctions dévolues aux différents équipements qui la composent. « Ce mode de vie est capable d’offrir un rythme de vie plus apaisé, permettant d’avoir plus de temps pour soi, ses proches, ses voisins, tout en optimisant les mètres carrés disponibles dans la ville, en rendant les lieux polyvalents », expliquait Carlos Moreno dans « La Gazette » du 22 juin [2].

Jouer sur le temps pour gagner de l’espace

« Les « gilets jaunes » avaient déjà posé la question de l’accessibilité aux aménités et aux services du quotidien. Celle de la temporalité est revenue comme un boomerang lors du confinement et du déconfinement », note Françoise Le Lay, directrice des études de l’agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine (a’urba). « Le temps s’est d’abord suspendu, puis la question de la distanciation physique et de l’espace public s’est posée : comment faire pour ne pas être tous au même endroit, au même moment ? » analyse-t-elle. L’équation devient alors : jouer sur

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