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Pauvreté

Après la crise sanitaire, l’urgence sociale

Publié le 07/09/2020 • Par Catherine Maisonneuve Emeline Le Naour • dans : Dossiers d'actualité, France

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Andrii / AdobeStock
Alors que le chômage augmente, suite à la première vague de Covid-19, les collectivités se prépare à un afflux - difficile à mesurer - de nouveaux publics à accompagner socialement.

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Pauvreté : de la crise sanitaire à l'urgence sociale

Après la déflagration sanitaire, l’urgence est désormais sociale. Au pic de circulation du Covid-19, les communes les plus pauvres ont été davantage concernées par l’excès de mortalité (1), en raison du surpeuplement des logements et de la nature des emplois occupés. Maintenant, ce sont le choc financier et ses conséquences sur ces mêmes populations qui inquiètent les professionnels. « Dans l’immédiat, il faut mettre en place des solutions pour amortir le choc social », plaide Benoît Calmels, délégué général de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas).

En plus du public fragilisé déjà identifié, les structures sociales ont constaté l’arrivée de nouveaux profils confrontés à la difficulté alimentaire. « L’un de nos CCAS a quasiment doublé le nombre de colis alimentaires. Il y avait des étudiants confinés sur leur lieu d’étude, des familles, des retraités, des autoentrepreneurs et des artisans qui se sont retrouvés sans revenus du jour au lendemain », reprend Benoît Calmels.

La précarité s’aggrave

Un état des lieux alarmant partagé par Claude Baland, président des Banques alimentaires. Le réseau, qui compte 79 structures en France, a été rapidement mis à contribution, et près de 400 nouvelles associations et CCAS ont sollicité un partenariat. « Ces derniers mois, sur 100 nouvelles personnes bénéficiant d’une aide alimentaire, 35 se trouvaient au chômage », illustre Claude Baland. Les différentes antennes ont dû faire face à une hausse d’environ 30 % de la demande, avec très peu de bénévoles pour assurer la distribution en raison du confinement. Un effet ciseaux en partie compensé par l’implication des collectivités et le soutien des entreprises.

Dans le Gers, l’un des départements les moins peuplés du territoire, la demande a bondi de 20 % peu après le 15 mars. A grands renforts de dons, la petite banque est passée rapidement de 25 à 30 tonnes de denrées alimentaires. « Les familles se sont retrouvées avec les enfants qui ne pouvaient plus aller à la cantine et devaient manger trois fois par jour à la maison. Beaucoup de personnes étaient employées en intérim dans l’agroalimentaire et leurs finances n’ont pas pu suivre », témoigne Pierre Buffo, responsable de la Banque alimentaire du Gers.
Et si les observateurs redoutent une lame de fond bien plus désastreuse que celle de 2008, elle reste encore difficile à évaluer. « Il est compliqué de dire combien de ces bénéficiaires vont demeurer dans l’aide sociale. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que de plus en plus de personnes vont basculer dans la précarité. Je pense aussi aux travailleurs qualifiés qui vivaient avec un ou plusieurs crédits à rembourser », prévient Benoît Calmels, évoquant, en toile de fond de cette aggravation de la précarité, les licenciements à venir.

Sombres perspectives d’embauches

Selon les différentes projections économiques (lire p. 33), le pic du taux de chômage provoqué par la crise sanitaire sera atteint en juin 2021 et oscillera entre 11,5 et 12 %. Un chiffre charriant les travailleurs qualifiés de secteurs jusqu’ici relativement épargnés, comme celui de la construction aéronautique. Des répercussions économiques déjà visibles au travers des derniers chiffres communiqués sur le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA).

D’après l’Assemblée des départements de France (ADF), l’augmentation des nouveaux bénéficiaires est inédite. « Dans certains départements, les inscriptions au RSA ont atteint 20 % d’augmentation », constate, inquiet, Frédéric Bierry, chargé de la commission « solidarité et affaires sociales » à l’ADF et président (LR) du département du Bas-Rhin. Les perspectives d’embauches qui s’amenuisent pour les publics éloignés de l’emploi se conjuguant aux licenciements des autres font craindre à l’élu une accélération des inscriptions pour les prochains mois et donc un reste à charge toujours plus lourd pour les départements. « La chute des offres d’emploi va rendre les sorties du dispositif très complexes. Jusqu’ici, beaucoup d’allocataires touchaient le RSA en complément d’un emploi à temps partiel », rappelle Frédéric Bierry.Du côté du gouvernement, la mise en œuvre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, lancée il y a deux ans, peine à trouver un second souffle au sortir de la crise et du remaniement ministériel. L’absence d’un secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté – rattaché au ministère des Solidarités et de la santé – a d’ailleurs fait grincer des dents. Car l’ambitieuse stratégie va également devoir trouver sa place entre le Plan jeunesse et la loi « grand âge et autonomie », en préparation.

Trous dans la raquette

Pour certains observateurs, cette segmentation des politiques sociales risque de rater ses buts. « Nous n’avons pas manqué de saluer les objectifs fixés par cette stratégie, mais il y a des trous dans la raquette, notamment concernant les jeunes entre 18 et 25 ans, qui ne perçoivent aucune aide », pointe Benoît Calmels, qui qualifie la disparition du poste de secrétaire d’Etat de « très mauvais signal ». Et d’ajouter : « Il faut tout remettre à plat et que les acteurs du secteur social et les collectivités soient écoutés pour que les arbitrages et les choix budgétaires du gouvernement soient les plus pertinents possibles. »

Un recadrage du champ d’intervention que n’exclut pas Marine Jeantet, déléguée interministérielle chargée de la stratégie « pauvreté ». « Nous élaborons une synthèse de ce qui s’est déroulé durant la crise pour voir comment parer les angles morts. Néanmoins, les axes identifiés pendant le confinement, comme le décrochage scolaire, l’accès aux droits ou la réduction de la fracture numérique sont déjà contenus dans la stratégie nationale », indique-t-elle. Après les départements, c’est désormais au tour des métropoles – volet « insertion » – et des régions – volet « formation » – de se lancer dans la contractualisation.

 

« La politique du gouvernement n’est pas à la hauteur des enjeux »

Christophe Devys, président du collectif Alerte (2)

« La crise sanitaire a exacerbé les inégalités et rendu plus criante la grande pauvreté. De nombreuses personnes vivent dans des situations de précarité extrêmes et ne peuvent supporter le moindre aléa, comme ceux générés pendant le confinement. Les associations ont travaillé avec les départements, les CCAS, les collectivités, mais aussi les services de l’Etat, pour fournir des réponses d’urgence, proches, bien souvent, d’une aide humanitaire, par exemple dans le domaine de l’aide alimentaire. Si des solutions ont émergé pendant la crise, les associations ne peuvent se satisfaire d’une telle réponse. Les difficultés rencontrées par bon nombre de personnes en situation de précarité montrent que la politique du gouvernement pour réduire la pauvreté n’est pas à la hauteur des enjeux. Il convient d’adopter rapidement des mesures structurelles pour faire évoluer leur situation et leur permettre de vivre dignement, alors que s’annonce une crise sociale sans précédent. »

Thèmes abordés

Notes

Note 01 « A Poorly Understood Disease ? The Unequal Distribution of Excess Mortality Due to Covid-19 Across French Municipalities » de Paul Brandily, Clément Brébion, Simon Briole, Laura Khoury, juillet 2020. Retour au texte

Note 02 35 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion Retour au texte

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