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Bretagne : plus de 20 ans de lutte contre les marées vertes

Publié le 11/07/2011 • Par Stéphanie Stoll • dans : Dossiers d'actualité

En Bretagne, il pleut tout le temps et les plages sont couvertes d’algues vertes. Voilà une caricature qui fait fulminer les élus bretons de tous bords, spécialement à l’approche de la saison touristique. Les plus sagaces d’entre eux rétorqueront que les Bretons n’ont pas attendu la visite du gouvernement de François Fillon, en août 2009, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève pour lutter contre les marées vertes.

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Comprendre le phénomène

La prolifération de l’algue verte, ulva armoricana, naturellement présente dans les écosystèmes côtiers a commencé au début des années 1970 sur l’immense plage de la petite station balnéaire de Saint-Michel-en-Grève, avant de s’étendre sur les côtes de Bretagne, mais aussi, selon les années, de Normandie, des Pays-de-la-Loire et de Charente.
Ce phénomène est liée à 3 conditions simultanément nécessaires :

  1. l’apport par les rivières d’un flux significatif d’azote au printemps, 
  2. une faible profondeur d’eau marine sur une grande étendue,
  3. et un confinement hydrodynamique des eaux côtières (baie fermée). 

De ces trois paramètres, seul l’apport d’azote est lié aux activités humaines, en l’espèce la fertilisation excessive des terres agricoles.

 « Dès la fin des années 1980, l’Ifremer avait déjà décrit le mécanisme du phénomène de marée verte tel qu’il est officialisé aujourd’hui et en avait défini les causes principales », relève, en décembre 2010, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. « Depuis, celles-ci n’ont jamais été démenties par des études scientifiques menées à l’extérieur de l’Ifremer. Les autres organismes scientifiques, dont le CEVA, ont abondé au fur et à mesure dans le sens des conclusions de l’Ifremer. Malgré ce travail scientifique rigoureux et volumineux, la prise de conscience des autorités a semblé très tardive, jusqu’à son officialisation très récente au travers du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes du 5 février 2010. Malgré ceci, et encore en 2010, les conclusions de l’Ifremer restent l’objet de dénis répétés de la part de certaines personnalités dont la responsabilité pourrait être engagée ou de quelques défenseurs d’un productivisme agricole non-soucieux de l’environnement ».

Plans d’action depuis 1990

Le premier plan Bretagne Eau Pure est lancé par le conseil régional en 1990. S’y ajoutent, de 1993 à 2006, les programmes de maîtrise des pollutions d’origine agricole (PMPOA) conclus entre la profession agricole et le ministère. Pourtant, en 1999, encore 13,7% de la population bretonne recevait une eau non-conforme à la limite réglementaire en nitrates (50 mg/l) ; ce niveau atteignait même 39% en 1998 pour les seules Côtes-d’Armor.

En février 2002, la Cour des comptes écrit dans un rapport :

Alors qu’elles ont déjà entraîné des dépenses importantes, les actions menées en Bretagne n’ont pas encore prouvé leur efficacité. En effet, malgré quelque 310 M€ engagés depuis 1993 au titre de la lutte contre la pollution de la ressource, la qualité des eaux ne témoigne d’aucune amélioration significative. Ce constat pessimiste procède de l’absence d’arbitrage réel entre les intérêts divergents mobilisés autour de la question de l’eau. Il convient en particulier de noter que les actions réglementaires et contractuelles engagées auprès des agriculteurs bretons ne sont pas doublées d’une politique volontariste suffisante de réduction des pollutions à la source par le biais d’une régulation quantitative des cheptels.

De 2002 à 2006, Prolittoral prend le relais des précédents plans de lutte ; mobilisant un budget global de 16,6 millions d’euros, ce plan quinquennal engage le conseil régional, quatre conseils généraux (Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine et Morbihan) et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne. Depuis 2002, le conseil régional de Bretagne a réclamé, à plusieurs reprises mais en vain, le droit d’expérimenter la compétence sur l’eau.

Fermeture de nombreux captages pollués

Malgré ces plans inscrits dans la durée, la qualité des eaux restent globalement mauvaise. L’ampleur des actions à conduire pousse certaines collectivités à continuer de fermer leurs captages d’eau :

  • dans les Côtes-d’Armor (Binic, Hengoat, Erquy, Chatelaudren, Pléneuf), 
  • dans le Finistère (Plouénan, Saint-Renan, Tréglonou, Landivisiau), 
  • en Ille-et-Vilaine (Montours) ou en Morbihan (Plumeliau, Noyal-Pontivy, Rohan, Lanouée, La Gacilly, Saint-Jean-Brévelay). 

« Lorsque les normes de qualité de la ressource brute sont dépassées, certaines communes préfèrent abandonner leur prise d’eau, ce qui constitue un moyen radical de s’affranchir de leurs obligations légales », juge la Cour des comptes dans son rapport de 2002.

La mort de Sir Glitter

La mort de Sir Glitter, cheval enlisé dans les algues de la plage de Saint-Michel-en-Grève, le 28 juillet 2009 change la donne. Son cavalier porte plainte contre le maire de la commune de 473 habitants ; la polémique enfle tant que le gouvernement se rend sur place, le 20 août. Au même moment, l’ Institut national de l’environnement et des risques (Ineris) confirme la toxicité aigüe des dégagements d’hydrogène sulfuré en provenance des algues en putréfaction.
On apprendra aussi que, trois jours avant l’affaire du cheval, le chauffeur d’un camion chargé d’algues vertes ramassées à Binic était décédé suite à un malaise à bord de son véhicule de travail.

134 millions d’euros pour le plan gouvernemental

En février 2010, le gouvernement annonce un plan algues vertes, doté de 134 millions d’euros, dont 92,8 millions sont financés par l’Etat.
Déployé sur huit baies prioritaires, ce plan affiche l’objectif, d’ici 2015, d’une « réduction des flux de nitrates de 30 à 40% au moins, comme prévu au titre du SDAGE et dans les conclusions du Grenelle de la mer ».
Ainsi, son volet curatif octroie une enveloppe de 700 000 euros aux collectivités qui financent le ramassage des algues sur les plages, ainsi que huit millions d’euros pour installer des plateformes de compostage d’algues dans les centres de traitement de déchets.

Dans la foulée, le conseil général des Côtes-d’Armor interrompt le soutien qu’il apportait, depuis 1977, aux communes touchées par les marées vertes ; cette dépense fluctuait entre 230 000 et 305 000 euros par an. En 2010, seule la baie de Lannion est touchée par de massifs échouages d’algues (35 820 m3 contre 24 735 m3 l’année précédente). Conformément au plan gouvernemental, pour la première fois en 40 ans, le ramassage est quotidien et la plage est propre. Facture : 673 529 euros dont 200 000 sont à la charge de la collectivité.
Estimant que l’Etat a enfin reconnu sa responsabilité dans les marées vertes, Lannion Trégor Agglomération dépose, en juillet, un recours au tribunal administratif pour qu’il paie la totalité du ramassage.

Le volet préventif aux marées vertes se fonde sur des plans locaux portés par les collectivités, en concertation avec les acteurs de terrain (agriculteurs). En novembre 2010, le comité de bassin versant de la Lieue de Grève présente un projet pour la baie de Lannion et la Commission locale de l’eau de Saint-Brieuc présente celui de la baie de Saint-Brieuc.
En février 2011, le comité scientifique du plan gouvernemental valide le premier et demande aux Briochins de retravailler leur proposition. C’est aussi en février qu’éclate une polémique entre l’association France Nature Environnement et les collectivités bretonnes, en particulier le conseil régional qui envisage, un temps, un recours devant la justice pour atteinte à l’image.

Les marées vertes continuent, le débat se tend

Particulièrement doux et donc propice au développement de l’ulve, le printemps 2011 voit d’importants échouages d’algues vertes à Lorient, Douarnenez, Saint-Michel-en-Grève et Bréhec, là où fut prise, il y a une dizaine d’années, la photographies de la campagne publicitaire de FNE.

Du point de vue de la concertation dans le cadre du plan algues vertes, le débat se tend avec les agriculteurs, si bien qu’ils se fâchent et quittent, le 12 avril 2011, la réunion du comité de suivi du plan gouvernemental.
Dans le Finistère, où les acteurs préparent leurs plans de lutte contre les algues vertes, le principal syndicat agricole explique encore à ses adhérents que « le lien supposé entre l’activité agricole, l’élevage, les nitrates et les algues vertes est un mythe entretenu par des idéologues militants. »

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