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Michel Morin et Thierry Burlot veulent « réconcilier la Bretagne avec son agriculture »

Publié le 11/07/2011 • Par Stéphanie Stoll • dans : Dossiers d'actualité

Michel Morin est vice-président (PS) du conseil régional de Bretagne en charge de l’agriculture et des industries agro-alimentaires. Thierry Burlot est vice-président (PS) du conseil régional de Bretagne en charge de l’eau, de l’environnement et de la biodiversité. Les mêmes questions ont été adressées aux deux élus, rencontrés séparément.

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La problématique des pollutions aux nitrates est-elle un enjeu important pour l’agriculture bretonne ?

Michel Morin : Ce n’est pas l’enjeu de l’agriculture bretonne, elle doit en tenir compte, mais c’est une problématique environnementale qui impacte l’agriculture et aussi les collectivités. Il ne faut pas cibler uniquement l’agriculture, même s’il est incontestable que les taux de nitrates supérieurs aux normes sont dus à l’activité agricole.

Thierry Burlot : Bien entendu ! Il n’y aura de développement de l’agriculture en Bretagne que si on règle cette question environnementale. Donc il faut que l’agriculture s’adapte aux questions de l’environnement. Et l’image de la région est touchée ! La Bretagne doit se réconcilier avec son agriculture et régler ce problème environnemental.

La pollution aux nitrates est-elle un problème économique ou environnemental ?

M.M. : C’est un problème environnemental. Parce qu’elle a une part importante de responsabilité, l’agriculture doit revoir certaines formes de production. Par exemple, on utilise trop d’engrais chimiques : il faudrait tenir compte des déjections animales (lisiers et fumiers) épandues dans les champs et ne compléter les apports que par le strict nécessaire d’azote minéral. Il faudrait aussi revoir le système des rotations culturales. Cela suppose des changements de méthodes, une meilleure prise en compte de l’agronomie, de reconsidérer des techniques abandonnées au nom de la modernité ou de la pénibilité du travail. Il faudra du temps.

T.B. : On a souvent considéré que les choses n’étaient pas liées. Or, la politique de l’eau n’est pas une politique sectorielle. C’est le résultat de politiques sectorielles qui fait le bon état écologique des eaux. Une des chances de la Bretagne, c’est son unité hydrographique. La pluie est propre, donc si l’eau des rivières est dégradée, c’est la responsabilité des Bretons et de personne d’autre ! Tout le développement de la région – son agriculture, son industrie agro-alimentaire, son urbanisation – est conditionné à la qualité de l’eau. Cette qualité est donc le meilleur indicateur du développement durable de la Bretagne.

Résoudre la pollution aux nitrates implique-t-il un changement complet de modèle ou des adaptations à la marge de l’agriculture bretonne ?

M.M. : Il existe DES agricultures bretonnes. L’agriculture a pour vocation de produire de la nourriture, mais pas à n’importe quelles conditions. Toutes les agricultures doivent avoir un socle minimal de respect des enjeux environnementaux, comme le respect des sols, la qualité de l’eau, le respect des paysages (talus), la santé animale ou la qualité des produits.
En Bretagne, nous sommes sur une agriculture productive ; je n’utilise pas le terme productiviste qui est connoté. Elle doit évoluer dans ses pratiques, mais on ne me fera pas dire qu’il faut de petites quantités pour respecter le sol. C’est faux ! Notre vocation est d’exporter nos productions en Europe. Nous encourageons aussi le développement de l’agriculture biologique, car il y a une attente des consommateurs locaux.

T.B. : Je ne veux pas opposer les systèmes, mais est-ce que cela pose problème que nous produisions, en Bretagne, plus de véhicules que nous n’en avons besoin ? Non ! En agriculture, ce sera pareil quand on aura réglé la question environnementale.
Parce que l’épandage des lisiers est ce qui coûte le moins cher, le débat ne se résoudra que dans la question foncière puisqu’il faut avoir accès aux terres pour épandre et produire. Il y a plusieurs cas, dans la région, de jeunes qui veulent s’installer mais n’ont pas de terre. Et qui décide à qui allouer les terres qui se libèrent ? La Safer, où les élus sont représentés, mais sont minoritaires.
Différents systèmes agricoles devraient pouvoir cohabiter, mais le libéralisme le plus total règne. Plus on a d’argent, plus on produit, plus on peut acheter des terres. Campées sur des postures libérales, les coopératives des industries agro-alimentaires bloquent les projets de bassin versant, ce n’est pas normal !
Les agriculteurs sont actionnaires de ces coopératives, mais ce ne sont pas les mêmes qui sont élus dans les chambres d’agriculture. Il y a un débat entre eux. C’est un système économique qu’il faut dénoncer, celui des coopératives industrielles. C’est eux le chaînon manquant.

Comment rapprocher les points de vue des acteurs impliqués dans cette problématique ?

T.B. : On ne peut opposer agriculture et environnement. Il faut co-construire des projets de développement durable qui intègrent la dimension de l’eau. Avec les Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage), la région est organisée en territoires d’eau et c’est là, le lieu de la concertation.
La force de la Bretagne est d’avoir engagé cette concertation il y a vingt ans avec les premiers programmes Bretagne Eau Pure. Même si on a beaucoup critiqué ces programmes, ils ont permis d’engager le débat : plus on est proche du territoire et moins il y a de bêtises de dites, et plus on a de sincérité dans les propos. C’est le slogan qui est néfaste et c’est pour cela que le conseil régional s’est ému de la campagne publicitaire de France Nature Environnement. Où cela mène-t-il ?
C’est un discours qui ne sert à rien, il radicalise les positions alors que les agriculteurs travaillent, souffrent et se sentent incompris. Voyez la FDSEA du Finistère qui organise des réunions pour nier la relation entre les algues vertes et l’élevage ! Il y a une telle désespérance qu’on n’est plus dans le raisonnement. On joue avec le feu.

M.M. : Je suis le délégué de la région à la commission locale de l’eau de Saint-Brieuc qui a la charge d’élaborer un plan local de lutte contre les algues vertes. La densité des élevages de lait et de porc est très importante dans ce territoire, d’où l’intérêt d’un plan agricole spécifique. Mais comme les productions sont intensives, c’est plus difficile ; on ne peut pas non plus mettre en place de système herbager avec les porcs.
Il est intéressant de diminuer la dépendance au soja importé d’Amérique du Sud en cultivant localement des protéagineux (colza). Mais les agriculteurs sont les maillons d’une chaîne, il faut que les coopératives agricoles, en amont et en aval de la filière, soient de la partie. Or, elles traînent des pieds.

Quels rôles doivent jouer l’institution régionale et les élus locaux dans cette problématique ?

T.B. : Je suis président d’une communauté de commune et on ne parle jamais d’agriculture ! Auparavant, dans les conseils municipaux, il y avait beaucoup d’agriculteurs, plus maintenant. Les élus locaux ont laissé filer le débat que la profession agricole et l’Etat ont considéré comme une chasse gardée.
Mais il faut reprendre les compétences, que les territoires se réapproprient la question agricole en terme de développement économique et d’aménagement du territoire.
On met trop souvent les agriculteurs sur le banc des accusés en oubliant qu’ils nous nourrissent et qu’ils apportent une activité économique. Michel Morin travaille justement à réconcilier l’agriculture et les territoires.

Demain, les territoires qui se développeront seront ceux qui trouveront le consensus environnemental. Ça n’est pas facile car cela met beaucoup de choses en cause. La politique doit se fonder sur le territoire et je suis pour davantage de décentralisation : une régionalisation des aides PAC et de la politique de l’eau. Ce sont les deux seuls leviers qui peuvent nous faire évoluer.
Le budget que la région consacre à l’eau est de 13 millions d’euros. Où sont les leviers quand on sait que les aides PAC représentent 585 millions d’euros chaque année et que le marché de l’eau (distribution et assainissement) représente 600 millions d’euros ?

M.M. : Seuls les conseils généraux et régionaux disposent de quelques moyens pour accompagner les pratiques les plus vertueuses. La Bretagne a demandé à plusieurs reprises la compétence de l’eau : il faut la police de l’eau pour agir efficacement. Depuis 2004, le conseil régional de Bretagne a réorienté certains dispositifs comme les mesures agro-environnementales (MAE, éligibles à un soutien financier de l’Union européenne dans le cadre de la PAC).

Mais la vraie marge de manœuvre se trouve dans la Politique agricole commune (PAC) : si on n’a pas de conditionnalité des aides, on n’aura pas les moyens d’accompagner les agriculteurs qui veulent évoluer. Par exemple, les primes à l’hectare sur le maïs fourrager ne sont pas bonnes pour la qualité de l’eau. On espère que la prochaine PAC prendra en compte l’environnement. La Bretagne demande aussi une PAC régionalisée, comme cela se fait dans d’autres pays. Dans l’idéal, il faudrait aussi que la profession agricole, l’Etat et la région définissent une ou plusieurs MAE adaptées au territoire, notamment en ce qui concerne les taux de nitrate.

Le plan algues vertes annoncé en février 2010 par le gouvernement a-t-il changé les choses ?

M.M. : La nouveauté, c’est la volonté politique de la préfecture et de la région de mener cette question sérieusement, même si c’est difficile, en mettant des moyens financiers à la clé. Cet argent est lié à l’appréciation du comité scientifique sur le projet : c’est nouveau car ce n’est pas le préfet qui évalue les propositions.

T.B. : C’est positif. Pour la première fois, l’Etat trouve pertinent d’utiliser le territoire d’eau comme outil d’organisation. Mais ça ne va pas tout changer. Le plan mobilise 134 millions d’euros sur huit baies pendant cinq ans. Comparez ce chiffre aux aides PAC ou au marché de l’eau !

On entend souvent les agriculteurs réclamer « une feuille de route ». Qui doit la leur délivrer ?

M.M. : Effectivement, c’est un constat. Les choix au niveau de l’Europe, ceux de la PAC, paraissent lointains. Le niveau national n’apporte rien de mieux : la loi de modernisation agricole (LMA) apparaît comme une coquille vide, la contractualisation laitière fait même peur aux producteurs.
On arrive à l’échelon régional qui est compétent en développement économique, en aménagement du territoire, en formation, en recherche et nous sommes très impliqués sur les sujets comme celui de la PAC, d’autant que nous avons choisi de porter nos orientations avec plusieurs régions de France et d’Europe. Alors pourquoi les agriculteurs ne feraient-ils pas confiance à la région ? C’est le sens de la décentralisation et c’est aussi une grande responsabilité.
Lors de la session de juin, nous présentons notre politique agricole régionale, établie suite au grand débat de société que nous avons organisé.

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