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[OPINION] EGALITÉ PROFESSIONNELLE
Sur l’égalité femmes-hommes, osons !
Auteur associé | France | Publié le 31/08/2020 | Mis à jour le 25/08/2020

Les élèves ingénieurs en chef de l’Inet (Institut national des études territoriales) prennent la parole dans « La Gazette ». Chaque mois, ces futurs cadres dirigeants des collectivités publieront une tribune, fruit de leur travail commun sur les grands défis auxquels nous devons faire face, en invitant ponctuellement leurs collègues élèves administrateurs et élèves conservateurs de bibliothèques à la réflexion.

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Amandine Ferdinand, ingénieure en chef, promotion Wangari-Muta-Maathai (2019-2020).
Céline Volfinger, adjointe au DGA « architecture et valorisation des équipements » de la ville de Marseille.
Gaëlle Stotzenbach, ingénieure en chef, promotion Wangari-Muta-Maathai.

Le sujet de l’égalité femmes-hommes touche aussi bien le cœur des politiques (aménagement, transport, social, culture…) que les ressources humaines, qui ont permis, au fil des années, de faciliter la progression des femmes. La loi « Sauvadet » du 12 mars 2012 a rendu possible un tournant manifeste pour rééquilibrer les nominations au sein de l’encadrement supérieur. Le plafond de verre est-il encore une réalité ?

Dans la fonction publique territoriale, 61 % des postes sont occupés par des femmes. Selon l’Observatoire des inégalités, en 2018, alors qu’elles sont en place dans pratiquement tous les postes du secteur social et médicosocial (95 %) et dans une majorité des postes administratifs (82 %), elles ne sont que 41 % dans la filière technique, en moyenne mieux rémunérée, et seulement 31 % sur des emplois d’encadrement et de direction. Du fait de nombreux facteurs (charge de la vie familiale, congés de maternité, représentation…), les femmes accèdent plus difficilement aux postes à responsabilité ; elles semblent encore, par ailleurs, s’autocensurer…

Opportunité et intuition

Selon Marie Prost-Coletta, ancienne déléguée ministérielle à l’accessibilité, qui a occupé nombre de postes à haute responsabilité, la question des compétences est hors sujet. Son parcours s’est construit au gré de rencontres, avec de l’audace, et les seuls freins qu’elle a rencontrés ont été de ne pas appartenir aux bons réseaux.

De même pour Anne-Sophie Dournes qui a connu après l’Inet un enchaînement rapide de postes, de directrice à DGS de la ville de Saint-Denis. Elle l’explique par sa capacité à saisir les opportunités tout en faisant confiance à ses intuitions. Elle ose.

Josianne Martin, DGS du département du Val-de-Marne, a, pendant vingt ans, progressé dans l’administration départementale sans ressentir de freins. Elle a toutefois veillé à ce que l’organisation ne soit pas discriminante pour les femmes. Pour Marie-Claude Sivagnanam, DGS de la ville de Cergy, ce qui a été décisif dans sa carrière, ce sont les personnes qui ont cru en elle, et notamment le soutien d’un DGS. Elle est d’abord passée par un « simple poste » de directrice générale adjointe, véritable sas de démystification.

Pour ces quatre femmes, le socle et le soutien familial ont été fondamentaux. Elles décrivent toutes un travail acharné pour être irréprochables et convaincre (et se convaincre) de leur légitimité. Inutile de leur parler d’avoir à choisir entre carrière et famille : ce sera les deux et elles en sont fières.

Réseaux professionnels féminins

Depuis peu, une nouvelle dynamique semble voir le jour avec le développement des réseaux professionnels féminins (réseau « Elles bougent », par exemple), de formations réservées aux femmes (comme « Femmes, osez la direction générale ! » à l’Inet). Tout autant des lieux d’échanges que d’inspiration.

Autre signe de cette dynamique, la seconde promotion d’élèves ingénieurs en chef Wangari-Muta-Maathai comprenait une majorité de femmes, alors même qu’elles ne représentent que 25 % des ingénieures en chef. Dépasser le plafond de verre, c’est donc avant tout oser ! Et notre expérience du confinement peut être un levier pour repenser les fondamentaux de nos organisations du travail vers un meilleur équilibre entre nos sphères de vie.

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