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Sécurité civile

Covid-19 : les pompiers dénoncent la gestion centralisée de la pandémie

Publié le 06/07/2020 • Par Nathalie Perrier • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

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jonives / Adobe Stock
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France s’apprête à remettre au ministre de l’Intérieur un rapport accablant sur la gestion de la crise liée à l’épidémie de Covid-19. Elle pointe du doigt la gestion centralisée de la pandémie, regrette que les pompiers n’aient pas été pris davantage en considération, et prône une meilleure coordination avec les acteurs du terrain.

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C’est un document qui met le feu aux poudres et relance la guerre larvée entre blouses blanches et uniformes rouges. Dans ce rapport interne qui doit être remis au ministre de l’Intérieur et que nous avons pu consulter, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) dénonce la gestion de la crise du coronavirus.

Comme elle l’avait déjà fait dans nos colonnes par la voix de son vice-président, Patrick Hertgen, elle pointe du doigt les structures du ministère de la Santé « lourdes et rigides », que sont les agences régionales de santé (ARS) et le Samu. « Notre organisation est conçue pour gérer tous types de crise dans l’urgence, rappelle le médecin-colonel. On sait s’adapter. Là, cela a été tout sauf les pompiers car l’administration de la santé a souhaité gérer cette crise dans son seul écosystème. C’est dommage car ensemble on aurait été plus efficaces. »

Dévoilé dimanche 5 juillet dans la presse, le rapport suscite les plus vives réactions du côté des urgentistes. Le docteur François Braun, président du syndicat Samu-urgences de France, s’insurge contre les accusations portées et ne s’interdit pas de porter plainte contre ce qu’il qualifie de « propos injurieux ». Pour ce chef des urgences de l’hôpital de Metz-Thionville (Moselle), les pompiers n’ont en aucun cas été exclus du dispositif. « Depuis des années, les pompiers dénoncent la surcharge de travail lié au transport sanitaire. Durant la crise, à Paris, les sapeurs-pompiers nous ont clairement dit que ce n’était pas leur rôle d’intervenir, qu’ils faisaient du secours, pas de la santé. Ils se sont exclus eux-mêmes et nous nous sommes organisés en conséquence. Dans certains départements, par contre, comme le mien, les pompiers sont venus en renfort du Samu», rétorque le docteur.

Une erreur de pilotage

C’est la critique numéro un pour la fédération : le pilotage de la gestion de crise. Le fait qu’elle ait été confiée  dans un premier temps à la direction générale de la santé, autrement dit au ministère de la Santé, avant que le ministère de l’Intérieur ne rejoigne le dispositif a constitué pour les pompiers une « lourdeur » administrative préjudiciable à la lutte contre la pandémie.

« Les ARS ont répondu à ce pour quoi elles avaient été conçues : une administration de gestion comptable et financière du système de santé, mais aucunement préparées à la gestion des situations d’urgence. Elles ont semblé accaparées par la gestion du nombre de places en réanimation hospitalière et par les remontées statistiques », tancent les auteurs du rapport. Or, estime la FNSP, « pour être efficace la gestion d’une crise d’ampleur doit mobiliser un directeur unique, un commandant des opérations unique et des conseillers techniques. » Dans la même ligne, le rapport déplore l’installation tardive du centre interministériel de crise le 17 mars alors que les « trois premiers cas recensés en métropole dataient du 24 janvier ».

Les transferts en TGV : « de l’esbroufe »

Symbole de l’ineptie de la gestion de la crise aux yeux de la FNSP ? Les transferts de malades par TGV médicalisés, censés offrir une « soupape de sécurité » aux hôpitaux débordés. Pour les pompiers, il s’agissait en fait de « pures opérations de communication et véritable esbroufe ». Et de s’interroger : « Était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d’en face? »

Une remarque qui suscite l’ire du docteur François Braun: « Ces transferts ont sauvé des vies. Critiquer ce choix révèle une méconnaissance du monde de la santé. On n’explique pas aux pompiers comment éteindre le feu de Notre- Dame », en référence à l’incendie de la cathédrale en avril 2019.

Le 15 saturé

Sans surprise, le rapport de la FNSPF remet sur la table la question du numéro unique, pomme de discorde entre Samu et pompiers. Pour la FNSP, « le 15 a montré son vrai visage : celui d’un numéro de renseignement, pas d’un numéro d’urgence. » Pendant la crise du coronavirus, « la décision du gouvernement d’orienter vers le 15 les appels des citoyens connaissant un doute sur leur état de santé a eu pour conséquences immédiates de saturer la réception et la régulation des appels », critique la FNSP, qui chiffre le délai de réponse du Samu parisien à « 45 minutes » et du Samu 95 à « 37 minutes et trente secondes le 11 mars ».

 

Faux, réplique le syndicat Samu-urgences de France, depuis toujours hostile à un numéro unique d’urgence. « Même au plus fort de la crise, avec un nombre d’appels au 15 multiplié par 4, nous avons toujours pris en charge les cas graves. Et le registre des arrêts cardiaques en France montre que les chiffres sont les mêmes que l’an dernier », note le docteur Braun.

Si Christophe Prudhomme, le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) déplore « les quasi-noms d’oiseaux que se lancent le Samu et les pompiers », il estime que, « sur le fond, le rapport de la FNSPF pose de vraies questions ». « Les standards du 15 ont explosé, il y a eu de la casse dans les Ehpad… Chacun doit faire son autocritique car, cette crise l’a montré, urgentistes de terrain et pompiers ont besoin d’une meilleure coordination à l’échelon du territoire, et non de l’Etat », martèle Christophe Prudhomme.

Comme la FNSPF, ce médecin de terrain critique « la gestion trop centralisée » : « Sur le terrain, les pompiers, les médecins, les ambulanciers collaborent. Le problème est un problème de nomenklatura. Il faut rendre le pouvoir aux gens de terrain. Et réfléchir ensemble à une organisation commune à l’échelon départemental, le seul pertinent ».

S’il est loin de partager les analyses de la FNSPF, le docteur Braun en est lui aussi convaincu : « La gestion archaïque verticale n’est plus d’actualité. Les règles de management et de leadership ont changé. Il faut réfléchir de manière plus transversale et collaborative ».

Interrogé sur France Info lundi 6 juillet, Dominique Bussereau, le président de l’Assemblée des départements en a appelle lui aussi à une meilleure coordination au niveau départemental. Pour cet élu de -Charente-Maritime, « on n’a pas assez utilisé les vrais managers de crise que sont les préfets de département, et la dichotomie entre les préfets et les Agences régionales de santé a conduit à des aberrations ».

Réfléchir à l’échelon départemental

En conclusion, le retour d’expérience (Retex) propose de « revoir notre modèle de gestion de crise » et de placer le ministère de l’Intérieur comme « responsable de la conduite opérationnelle des crises ». Autre option : « rattacher les services de la protection civile au Premier ministre », comme en Italie ou créer un « ministère ou un secrétariat d’Etat chargé de la gestion des crises et des situations d’urgence », comme en Russie. D’une manière plus générale, le Retex préconise de « renforcer l’articulation entre l’Etat central, les préfets de départements et les territoires ». Bref, de faire confiance aux acteurs de terrain et de proximité, et notamment aux Préfets et aux maires qui ont été des « pivots » dans la gestion de la crise.

 

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