Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Politique de la ville

« Le principal défi de la politique de la ville, c’est l’emploi »

Publié le 01/07/2020 • Par Véronique Vigne-Lepage • dans : A la une, France

Julien Denormandie
AFP or licensors
A quelques jours d'un probable remaniement gouvernemental, le ministre du Logement et de la Ville, Julien Denormandie, a accordé un entretien à la Gazette pour dresser le bilan de son action en direction des quartiers prioritaires. L'occasion également de présenter le plan "Quartiers d'été" dont le coup d'envoi est donné cette semaine.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

C’était il y a tout juste deux ans. Juillet 2018, alors que le président de la République venait d’enterrer le plan du « mâle blanc », Jean-Louis Borloo, et promettait un « changement de philosophie et de méthode » pour la politique de la ville, le gouvernement présentait sa feuille de route en faveur des quartiers prioritaires. Un nouveau plan banlieue en somme.

Quel bilan en tirer aujourd’hui ? Quel message adresser aux élus de ces communes pauvres, dont la colère, excitée par les violences policières, couve depuis plusieurs mois ? Et, aujourd’hui, quelles actions engagées auprès des habitants de ces quartiers, où le confinement a été particulièrement mal vécu ?

Pour répondre à ces questions, le ministre du Logement et de la Ville, Julien Denormandie, a accordé un entretien à la Gazette.

Nombre d’acteurs ont exprimé récemment leur inquiétude face à la situation extrêmement difficile dans laquelle se trouvent les habitants des quartiers de la politique de la ville (QPV). Le plan Quartiers d’été lancé cette semaine sera-t-il suffisant ?

Les maires, plus particulièrement ceux des communes ayant des quartiers prioritaires, ont joué un rôle essentiel pendant le confinement. A présent, l’Etat a la volonté, partagée avec eux, que ce printemps très difficile soit suivi par un été d’opportunités. Depuis des mois, j’ai été en conférence téléphonique toutes les semaines avec eux pour suivre le confinement et le déconfinement, puis pour élaborer cette politique ambitieuse qu’est « Quartiers d’été ». L’Etat vient en appui des collectivités locales en leur apportant un soutien d’ampleur. Ce soutien, il est d’abord financier : ce sont 110 M€ qui sont mobilisés.

Il est aussi d’ampleur dans son contenu, car il s’agit de permettre à davantage d’enfants que prévu de partir en vacances, de bénéficier de soutien éducatif, d’appuyer encore plus les actions solidarité de proximité des associations, de permettre aux collectivités d’organiser encore plus de manifestations qu’elles n’en avaient la possibilité jusqu’à présent.

Des financements supplémentaires pourraient-ils être apportés à l’Anru pour créer très vite de l’emploi, comme cela avait été le cas après la crise de 2008 ?

La priorité du gouvernement est triple : l’emploi, l’emploi et l’emploi ! Dans les quartiers prioritaires, c’est le défi principal et notre volonté est totale. Dès que nous pouvons accélérer des projets, nous le faisons. J’ai ainsi écrit aux responsables de l’Anru pour leur demander que tous les marchés qui sont à maturité soient lancés sans délai, car ils sont assortis de clauses d’insertion.

Quant à des financements supplémentaires, nous aurons ce débat autour de la loi de finances. Mais la différence avec 2008, c’est que les moyens alloués à l’Anru ont déjà été doublé depuis un an et demi. L’essentiel des concours financiers, près de 10 Mrd €, sont ainsi à présent attribués. Nous sommes actuellement dans la passation des marchés, des grues sont en train de revenir : cela arrive à point nommé. Ce que nous allons faire, c’est accélérer les décaissements et assurer des versements anticipés, dès maintenant.

En juillet 2018, vous présentiez une feuille de route pour la « Mobilisation nationale pour les habitants des quartiers » voulue par le président de la République. Deux ans après, quel bilan en dressez-vous ?

Il est toujours aussi essentiel que cette mobilisation soit nationale, car il s’agit d’un enjeu pour l’avenir même de notre pays. Quant à l’avancée de cette feuille de route, il y a des sujets sur lesquels nous avons bien avancé et pour lesquels des résultats se font déjà sentir. C’est le cas de l’Education : comme l’emploi, c’est un pilier de cette réussite républicaine qui permettra de donner aux enfants de ces quartiers les mêmes chances de maîtrise de leur destin que les autres. Le dédoublement des classes fonctionne bien, de même que la plateforme pour des stages de 3e et le lancement des 80 Cités éducatives à la suite des travaux conduits par Jean-Louis Borloo.

En matière de rénovation urbaine, nous avons aussi tenu nos engagements en doublant les financements. Mais une politique fera particulièrement date, c’est le plan de 3 Mrd € lancé il y a un an et demi pour la rénovation de copropriétés dégradées. Ce plan « Initiative Copropriété » sera pour les copropriétés privées ce que l’ANRU est à la rénovation des logements sociaux. C’était un vrai trou dans la raquette et aujourd’hui cette politique est très finement pilotée en lien avec les collectivités.

Sur d’autres sujets, nous devons aller plus vite. C’est le cas des questions régaliennes : la sécurité est la première des demandes de nos concitoyens vivant dans les quartiers. Les deux axes sur lesquels travaille le ministère de l’Intérieur sont essentiels : la lutte contre les réseaux, notamment de stupéfiants, et le renforcement de la police de sécurité du quotidien.

L’autre sujet sur lequel il faut agir plus fort, c’est l’emploi : 20 Cités de l’emploi, conçues selon le même principe que les Cités éducatives, sont actuellement lancées à titre de test (dont huit créées dans le cadre du Plan Quartiers d’été). Elles sont évaluées en continu et l’idée est de les déployer dès que possible. Les emplois francs sont également en train de se développer de manière significative, avec un objectif de 20 000 personnes embauchées cette année. Nous sommes en train d’accélérer.

Des élus expriment pourtant de la colère et leurs associations – France urbaine, Ville et Banlieue… – appellent aujourd’hui à un grand plan de solidarité. Que leur répondez-vous ?

L’objectif du gouvernement est le même que celui des élus : qu’aux crises sanitaire et économique, ne s’ajoute pas une crise sociale. Dans ce cadre, la politique pour l’emploi est la première des politiques sociales. C’est ce qui motive notre soutien massif à l’apprentissage, l’aide aux secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, le dispositif de chômage partiel ou encore un autre, spécifique aux quartiers prioritaires, celui des emplois-francs.

Le second axe est le déploiement de politiques de solidarité. L’aide exceptionnelle apportée à 4 millions des familles fragiles et l’aide de 200€ versée à 800 000 jeunes. Il y a eu aussi le financement de tickets alimentaires pour les plus démunis.  Cette solidarité s’exprime aussi à travers les associations que nous soutenons. Ce sont autant de filets de sécurité apportés par l’Etat.

En février 2019, Emmanuel Macron annonçait un « grand plan » de soutien aux associations, mais un fonds dédié n’a été créé qu’en avril 2020. La crise a-t-elle révélé un manque en la matière ?

Le ministère de la Ville finance des dizaines de milliers d’associations et appuie l’emploi dans ces associations. Comme je m’y étais engagé en 2017, les budgets de mon ministère lié aux associations ont non seulement été sanctuarisés, mais aussi augmentés. Nous allons continuer en créant 1500 nouveaux postes d’adultes-relais à leur intention. Mais nous nous sommes rendus compte que l’Etat ne sait pas forcément accompagner ces associations de très grande proximité, qui ont souvent besoin de quelques milliers d’euros pour des actions de voisinage, d’entraide… Or la crise du Covid-19 a montré à quel point la solidarité s’exprime aussi à travers elles. C’est pourquoi, pendant le confinement, nous avons créé un fonds exceptionnel pour ces associations de petite taille, qui a très bien fonctionné. Nous venons donc de le pérenniser et de le doubler, de 5 à 10 M€, pour accroitre le soutien que l’Etat peut apporter à la solidarité de terrain et du quotidien.

Les manifestations qui ont suivi, en France, la mort de George Floyd aux Etats-Unis vous ont-elles révélé le besoin d’une action forte contre les discriminations, quitte à instaurer les mêmes obligations que pour l’égalité femmes-hommes ?

Il y a eu beaucoup d’émotion, légitime, dans ces manifestations contre le racisme, mais il faut éviter les amalgames : la France, les institutions comme la police, ne sont pas racistes. Mais dans la société, il y a des individus qui sont touchés par cette maladie de l’âme qui est le racisme. Il faut lutter avec détermination contre tout acte raciste, quelle que soit la personne qui en est l’auteur. Le racisme est intolérable, il n’a pas sa place dans la République, et ce n’est d’ailleurs pas une opinion mais un délit.

Par ailleurs, les discriminations du quotidien perdurent, par exemple dans l’emploi et le logement, parfois du fait de personnes racistes, mais parfois aussi par des comportements établis, des mécanismes… Mais qui in fine conduisent à des discriminations. Que ces discriminations soient voulues ou non, peu m’importe, elles restent insupportables pour la personne qui la subit et sont autant de morsures à la République. C’est contre cela qu’il faut lutter au quotidien.

C’est ce que l’on fait, avec des opérations de testing et de name and shame [NDR : nommer et dénoncer] dans le recrutement, mais aussi en accompagnant les entreprises à changer leur processus de recrutement, ou encore en rendant obligatoire une formation de lutte contre les discriminations tous les 3 ans pour les professionnels de l’immobilier.

Pour aller plus loin, il faut aussi améliorer la représentativité dans les médias. La question des objectifs de diversité pour les entreprises est légitime. Une grande question est de savoir comment on la mesure. Répondre à partir d’indications géographiques donne des éléments fiables et serait beaucoup moins stigmatisant que par des statistiques ethniques.

Quartiers d’été : un plan interministériel

C’est une circulaire co-signée par Julien Denormandie et Christophe Castaner, respectivement ministres de la Ville et de l’Intérieur qui, le 10 avril, a indiqué aux préfets ce qu’était le plan Quartiers d’été. En effet, celui-ci a le double objectif d’être « une incarnation de l’action publique menée en faveur des habitants des quartiers et un vecteur de tranquillité publique ».

Il se décline en six axes :

  • déployer les vacances apprenantes,
  • occuper l’espace public,
  • conforter ou recréer des relations de confiance police-population,
  • valoriser les actions de solidarité,
  • développer les offres de formations et les dispositifs d’accès à l’emploi,
  • renforcer la culture dans les quartiers.

Ils sont déclinés en actions, dont certaines sont des mesures exceptionnelles (comme les « vacances apprenantes »), d’autres un renforcement du soutien à des projets existants (par exemple à des projets nationaux culturels ou sportifs).

Chaque préfet avait jusqu’au 30 juin pour élaborer une stratégie départementale, voire par quartier, en collaboration avec les collectivités et autres acteurs des contrats de ville.

Le plan a été doté de 110 M€, par l’inscription ou le redéploiement de crédits dans le Projet de loi de finances rectificative pour 2020 : 86,5 M€ au titre du programme 147 (politique de la ville) mais aussi des enveloppes dans plusieurs autres programmes. Pas moins de sept ministères sont en effet  impliqués.

Thèmes abordés

Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Club RH : Moderniser et sécuriser ses recrutements

de La rédaction avec le soutien du CNAS et de la MNT

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

« Le principal défi de la politique de la ville, c’est l’emploi »

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement