Risques naturels

Gestion des inondations : un nouveau guide pour les nouveaux maires

Par • Club : Club Techni.Cités

Predict Services

Anticiper au mieux les phénomènes, planifier et mettre en œuvre la réponse de la commune pendant la crise et identifier les questions-clés se posant sur le territoire lors de la phase de retour à la normale … C'est l'objet du dernier guide pratique « Gestion d'une crise inondation » édité par le CEPRI ... Décryptage

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

cet article fait partie du dossier

Inondations : apprendre à prévenir et à gérer le risque

Prévenir c’est guérir : ce proverbe ancien s’applique évidemment à la gestion d’une inondation. Afin de pouvoir assumer au mieux ses responsabilités vis-à-vis de ses administrés, le nouveau maire, aux côtés de son équipe municipale et ses services doit donc se préparer en amont de la venue de l’événement. Au-delà du fait qu’il est gratuit, l’intérêt de ce guide récemment édité par le Cepri (Centre européen de prévention du risque inondation) est donc d’apporter des repères au maire et à ses équipes pour leur permettre de se préparer au mieux pour faire face à une inondation affectant leur commune.

Logiquement, le guide développe 4 thèmes : la connaissance des outils d’anticipation, l’organisation et la planification en amont, la crise et la sortie de crise …

C’est une évidence : plus tôt une inondation est anticipée, et plus grand est alors le délai disponible pour se préparer à l’événement et pour assurer la mise en œuvre des mesures.

Des outils de prévision

L’anticipation repose sur « le cadre national de la vigilance hydro-météorologique » avec d’une part la vigilance météorologique de Météo France (carte, couleurs, bulletins …) et d’autre part la vigilance aux crues assurée par les Services de prévisions des crues (SPC) et coordonnée par le Service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (SCHAPI) sur environ 22 000 km de cours d’eau. Mais une prévision ou une vigilance météorologique-crues ne constitue pas une alerte même si le terme d’« alerte orange/ rouge » est employé par les médias. Ces informations doivent en fait aider les autorités de police (préfet au niveau du département, maire pour sa commune) à prendre les « bonnes » décisions pour gérer la crise.

Le guide souligne à ce sujet que, même en absence d’alerte préfectorale, les maires restent responsables de l’alerte et de l’information des populations. Un niveau de crue peut ne pas justifier une alerte préfectorale mais nécessiter parfois localement des mesures, en fonction de l’exposition et de la vulnérabilité du territoire au risque d’inondation.

La commune peut aussi s’appuyer sur des dispositifs complémentaires permettant d’anticiper certains phénomènes rapides : l’Avertissement aux pluies intenses à l’échelle des communes de Météo France et Vigicrues Flash mis en place pour certains cours d’eau non couverts par Vigicrues … sans compter l’appel à des prestataires pour bénéficier de prévisions plus fines.

Un préalable : la connaissance du risque

Cependant, l’anticipation passe bien évidemment par la connaissance du risque (vulnérabilité du territoire, phénomènes hydrologiques …). Ceci nécessite un diagnostic qui est réalisé par exemple dans les PPRi (Plan de prévention des risques inondation), dans les territoires à risques importants d’inondations. Le risque va aussi dépendre du comportement des ouvrages de protection et il faut assurer une bonne coordination avec leur gestionnaire compétent en Gemapi. A ce sujet, ces autorités Gemapi doivent réaliser une étude de danger qui précise les procédures de concertation et d’échanges d’informations avec les communes en charge de la gestion de crise.

S’organiser et planifier en amont

Il est d’abord impératif que la commune s’organise pour recevoir, traiter et relayer l’alerte préfectorale en toute circonstance : ceci impose un système d’astreinte (élus, personnel), une procédure et des moyens pour diffuser cette alerte (en interne et à l’extérieur), la vérification régulière des coordonnées de toutes ces personnes.

Mais l’essentiel de l’anticipation repose sur un PCS (plan communal de sauvegarde), outil opérationnel créée par la loi du 13 août 2004.  Même s’il n’est obligatoire que pour les communes couvertes par un Plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) approuvé ou comprises dans le champ d’application d’un Plan particulier d’intervention (PPI), il est fortement recommandé pour toutes les autres communes.

Le PCS : une implication forte de la hiérarchie

Le PCS (qui ne concerne pas que le risque inondation) repose sur le diagnostic des risques, le recensement des moyens mobilisables (de la commune mais aussi d’autres collectivités et des acteurs privés), les outils (cartes, fiche-réflexes, fiches-actions, fiches-acteurs…) et enfin le DICRIM (Document d’information communale sur les risques majeurs) élaboré par la commune pour informer ses administrés. A noter qu’il doit être régulièrement testé dans le cadre d’exercices et les annuaires et les listes de moyens régulièrement mis à jour. Le guide préconise de mobiliser fortement la hiérarchie et tous les acteurs concernés pendant cette élaboration tout en associant les acteurs externes (comme l’EPCI, les services de l’Etat, les services de secours, les gestionnaires d’ouvrages hydrauliques notamment des systèmes d’endiguement …).

Si cette phase de préparation à la gestion de crise est chronophage, les bénéfices au moment de l’évènement sont considérables en matière notamment de préservation et de sauvegarde de la vie humaine.

Le maire doit faire face à l’inondation

Lorsque l’inondation survient sur sa commune, c’est le maire qui assure la fonction de directeur des opérations de secours (DOS). Il est assisté du commandant des opérations de secours (COS), généralement un sapeur-pompier, et du responsable d’action communale (RAC). Ce dernier (adjoint ou cadre) organise sur le terrain les actions de sauvegarde menées par les services municipaux.

Mais lorsque le préfet prend la direction des opérations de secours et non le maire (événement majeur touchant plusieurs communes), le maire est toujours responsable de la mise en œuvre des mesures de sauvegarde sur son territoire. Ils sont les suivants : « Informer / Alerter / Mettre à l’abri / Évacuer préventivement / Interdire / Soutenir / Assister / Organiser l’hébergement / Ravitailler ».

Dans tous les cas, c’est lui qui déclenche le PCS et il s’appuie sur le poste de commandement communal (PCC) qui constitue la cellule municipale de gestion de la crise. Mais le guide indique que la planification réalisée en amont « ne dispense pas le PCC d’un minimum de planification « à chaud » pour adapter la réponse opérationnelle de la commune aux spécificités de l’évènement réel ».

Sont ensuite détaillés pour cette gestion de crise :

  • les moyens mobilisables pour alerter et informer la population : alertes en masse (message téléphoniques ou sms …), haut-parleurs installés sur des véhicules,  panneaux servant notamment à la signalisation routière ou à l’information municipale, sirènes, porte à porte … etc.
  • les mesures de sécurisation et de soutien à la population : protections, périmètres de sécurité, surveillance des lieux, évacuation, hébergement  …
  • la communication de crise, un élément essentiel du PCS et des principes à respecter : elle est conduite si possible par un seul porte-parole identifié au cours de la phase de planification et les messages sont exprimés calmement en langage courant ….

Gérer le retour à la normale : pas simple !

Les phases de sortie de crise et de retour à la normale sont en fait complexes à gérer et on constate qu’elles font peu l’objet de réflexions approfondies et d’anticipation. Le conseil principal du guide est donc de les traiter dans le PCS et/ou les intégrer dans le cadre (exemple) d’un Plan de continuité d’activité (dispositif complémentaire du PCS).

Le guide propose quelques exemples parmi les nombreuses actions à conduire :

  • les mesures de soutien aux populations sinistrées : hébergement temporaire, assistance matérielle des personnes sinistrées (ravitaillement, habillement, répartition des dons …), appui aux démarches administratives et auprès des compagnies d’assurance, appui logistique à la mise en place des cellules d’urgence médico-psychologiques ;
  • l’évaluation des dommages et les demandes d’indemnisation ⁄ soutien financier (en particulier les bâtiments) ;
  • la remise en état des infrastructures essentielles comme les travaux en urgence et de sécurisation, les opérations de déblaiement et de nettoyage, la remise en état des réseaux, des ouvrages d’art et des infrastructures de protection contre les inondations ;
  • mais aussi le retour d’expérience pour enrichir la connaissance et améliorer les dispositifs de gestion de la crise et de prévention.

En parallèle, le guide fait un focus particulier sur la demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

En conclusion, il est logiquement affirmé que la préparation à la crise doit s’inscrire dans une approche globale du risque inondation, allant au-delà du périmètre communal, notamment à l’échelle du bassin versant.

Et pour se préparer à cette gestion de crise, plusieurs appuis peuvent être mobilisés par les communes, par exemple, l’Institut des Risques Majeurs (IRMA) qui propose notamment des formations sur ce sujet.

Dossier
Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

  • Micropolluants : un panel de solutions pour changer les pratiques

    Les maires élus pour une nouvelle mandature de 6 ans seront confrontés aux enjeux de l’organisation de leur ville ou commune et de considérations environnementales. Cet été nous vous proposons de (re)lire des articles de Techni.Cités liés à ces thématiques ...

  • Comment les élus du littoral font face au changement climatique

    Les maires élus pour une nouvelle mandature de 6 ans seront confrontés aux enjeux de l’organisation de leur ville ou commune et de considérations environnementales. Cet été nous vous proposons de (re)lire des articles de Techni.Cités liés à ces thématiques ...

  • Zéro artificialisation nette, un objectif flou

    Les maires élus pour une nouvelle mandature de 6 ans seront confrontés aux enjeux de l’organisation de leur ville ou commune et de considérations environnementales. Cet été, pendant 5 semaines, nous vous proposons de (re)lire des articles de Techni.Cités liés ...

  • Biodéchets : une généralisation sur les chapeaux de roues

    Les maires élus pour une nouvelle mandature de 6 ans seront confrontés aux enjeux de l’organisation de leur ville ou commune et de considérations environnementales. Cet été, pendant 5 semaines, nous vous proposons de (re)lire des articles de Techni.Cités liés ...

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

Formations

Evènements

services

Thèmes abordés

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP