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Confinement : les intervenants sociaux en commissariat font leur bilan
Mathilde Elie | Actu prévention sécurité | Documents utiles | France | Veille documentaire prévention-sécurité | Publié le 26/06/2020 | Mis à jour le 25/06/2020

Pendant le confinement, l’association nationale d’intervention sociale en commissariat et gendarmerie a mené une enquête auprès des agents pour savoir comment ils ont poursuivi et adapté leur travail à la situation. En voici les principaux enseignements.

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140 intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie ont répondu à l’enquête lancée par leur association nationale entre le 1er et le 15 mai, concernant la période du 17 mars au 30 avril. L’objectif était de comprendre comment ils ont poursuivi et adapté leur travail à cette situation exceptionnelle liée à l’épidémie de Covid-19 [2], et dresser un premier retour d’expérience.

D’une manière générale, il en ressort une forte adaptabilité professionnelle de la part des intervenants sociaux et une solide dynamique d’articulation avec les policiers et les gendarmes. L’ANISCG veut y voir « un signe de plus de la pertinence et de la pérennité de ce dispositif, de l’intelligence collective qu’il mobilise et des résultats produits ».

Plus de 8000 entretiens

Dans le détail, l’enquête met en valeur l’intégration et l’articulation à distance avec les commissariats et gendarmeries qui ont permis la poursuite de l’activité en télétravail – cela grâce notamment à la possibilité d’accéder aux mails professionnels utilisés sur les adresses police ou gendarmerie. 79,5% des agents interrogés ont déclaré avoir pu accéder à leurs mails dans les jours qui ont suivi la mise en place du télétravail, et 90% d’entre eux y avaient accès avant la mi-avril.

Il ressort également un haut-niveau d’activité professionnelle avec plus de 8000 entretiens d’aide assurés par ces 140 professionnels, dont la majorité par téléphone. Cette pratique s’est donc largement déployée sans poser de problème. Cela montre que les intervenants sociaux ont su maintenir le contact avec le public, à un moment où ils étaient parfois le seul lien avec l’extérieur.

Télétravail… mais pas sur le long terme

Cependant, l’enquête souligne aussi que cela n’a pas été simple pour une part des agents qui travaillaient à domicile et donc avec leur famille à proximité. Ainsi, si l’expérience du télétravail a été appréciée, les répondants ne souhaitent pas qu’elle devienne la norme car cela entre en contradiction avec une fonction qui s’exerce par définition sur le terrain, c’est-à-dire en gendarmerie ou en commissariat.

Concernant le public, il ressort de l’enquête que s’il n’y a pas eu en moyenne d’augmentation des situations de violence conjugales ou de conflits au sein des familles, celles-ci ont été plus graves. En revanche, il y a eu une augmentation des conflits conjugaux (hors violences conjugales), en lien avec la situation de confinement, tout comme la question des addictions et fragilités psychiques.

REFERENCES


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