logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/684037/le-nombril-du-monde/

Le nombril du monde
Caroline Balloteaud | France | Publié le 19/06/2020 | Mis à jour le 17/06/2020

Au-delà des frontières du périphérique, point de salut. Pour les médias nationaux, une campagne des municipales se résume avant tout à Paris, centre névralgique du pouvoir.

 

Carte de france avec écharpe du Maire

Au-delà des frontières du périphérique, point de salut. Pour les médias nationaux, une campagne des municipales se résume avant tout à Paris, centre névralgique du pouvoir. Le cru 2020 ne faillit pas à la règle. Avant le premier tour, les candidats dans la capitale ont monopolisé 85 % du temps d’antenne consacré au scrutin sur TF1, France 2, BFM TV, CNews, LCI et France Info TV, selon nos calculs. Un chiffre qui s’élève à 71 % du côté des grandes radios nationales. Les premières analyses sur la campagne du second tour confirment peu ou prou cette tendance.

Tout à l’ego

Un comble, alors qu’Anne Hidalgo a tué le suspense à Paris à la faveur de son accord avec EELV et de la division de ses rivaux. Mais, comme les mésaventures de Benjamin Griveaux avant le 15 mars, seuls les états d’âme d’Agnès Buzyn semblent passionner certains confrères. Cette personnalisation de la vie politique traduit souvent un mépris des politiques publiques, jugées assommantes.

A quelques exceptions près, les télés et radios nationales ont décidé que les communes n’intéressaient pas les Français. Elles passent à l’as la campagne du second tour des municipales. A l’instar d’Emmanuel Macron, prompt à enjamber ce scrutin qui vire à la Berezina pour les marcheurs. Elles porteront une lourde responsabilité dans le niveau de l’abstention le 28 juin.

Sous les radars

L’enjeu, pourtant, n’est pas mince. A Marseille, comme à Toulouse et à Lyon, les écolo-citoyens sont aux portes du pouvoir. Dépourvus d’expérience exécutive, ils rompent avec le consensus en faveur de la ville « business friendly ». Leurs adversaires instruisent leur procès en incompétence. Il règne même un petit parfum de mai 1981 sur le Vieux-Port, où la représentante de la droite, aux manettes depuis vingt-cinq ans, Martine Vassal, ne craint pas de lancer : « Le Printemps marseillais promet un hiver sibérien ».

A l’évidence, ce second tour fait ressurgir le clivage gauche-droite. Un regain de politisation qui passe sous les radars des médias nationaux.

POUR ALLER PLUS LOIN