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Déserts médicaux

Boostée par la crise, la téléconsultation ne réglera pas les déserts médicaux

Publié le 19/06/2020 • Par Alexandre Léchenet • dans : France

©vegefox.com - stock.adobe.com
Si la crise sanitaire et le confinement ont permis de lever des freins sur la téléconsultation médicale, celle-ci n'est pas la solution idéale dans la lutte contre les déserts médicaux.

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A l’occasion du confinement, alors que les Français étaient invités pour la très grande majorité à rester chez eux, les conditions des téléconsultations médicales ont été assouplies. Leur nombre a ainsi explosé. Souvent envisagé comme un remède – parmi d’autres – aux déserts médicaux, les territoires les moins bien dotés en médecins peuvent-ils bénéficier de cet engouement ?

Entre le 6 et le 12 avril, l’Assurance maladie a remboursé plus d’un million de téléconsultations médicales. Presque le double que lors de la première semaine, où 527 000 consultations se sont déroulées à distance. Et bien loin des 138 000 consultations qui ont été remboursées entre septembre 2018 et décembre 2019…

«La téléconsultation a progressé»

Pendant le confinement, outre les solutions traditionnelles de télémédecine déjà existantes, les consultations pouvaient se faire par le biais de n’importe quel dispositif, que ce soit Skype, WhatsApp… Une simple consultation par téléphone était même possible pour les personnes résidant en zone blanche.

Pour être remboursées, les consultations devaient cependant respecter le parcours de soin classique, en passant par le médecin traitant en premier lieu, et par des médecins à proximité du domicile du patient.

Doctolib, utilisée par de nombreux médecins pour faciliter la prise de rendez-vous, permettait facilement les rendez-vous vidéo à distance pendant le confinement. Selon les données que le site nous a communiquées, l’usage est cependant très inégalement réparti sur le territoire.

Ainsi, un tiers des médecins inscrits sur Doctolib et équipés de leur solution de vidéoconsultation exerce en Île-de-France. Et la moitié des téléconsultations via Doctolib depuis le début de l’épidémie, ont été faites depuis l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, alors que ces deux régions ne rassemblent que 30% des Français.

«Le nombre est évidemment proportionnel à celui des médecins, mais la téléconsultation a progressé aussi dans les zones où les praticiens sont peu nombreux», précise cependant au JDD Stanislas Niox-Château, président de la société.

Par ailleurs, d’autres solutions que Doctolib ont pu être utilisées dans d’autres régions.
«60% de notre activité est pour du désert médical, tel que défini administrativement, analyse de son côté Maxime Cauterman, directeur médical de Livi, une autre solution de télémédecine. Mais ce n’est pas dans les zones rurales, c’est principalement dans le péri-urbain, avec des patientèles jeunes ou familiales, éduquées au numérique, autour des grandes métropoles », ajoute-t-il.

L’Assurance maladie n’a pas souhaité communiquer de données autres que nationales, ne permettant pas une lecture fine de ces nouveaux usages au niveau des bassins de vie ou des départements, et d’ainsi identifier et analyser les usages, ni de croiser ceux-ci avec les régions les plus concernées par la désertification médicale, qui correspond environ aux anciennes régions Centre ou Limousin, à la Nièvre et à certains départements d’Occitanie, entre autres.

Un autre regard sur la télémédecine

L’usage de la téléconsultation s’est donc démocratisé, mais elle n’est pas le remède efficace contre la désertification médicale, s’accordent à dire différents élus concernés contactés ; surtout si l’outil est envisagé seul. A Varzy (Nièvre), le maire, Gilles Noël, constate que les liens qui se sont créés à distance pendant le confinement n’étaient que la continuité de liens physiques déjà créés.

«La téléconsultation ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt, mais une clef d’entrée parmi d’autres, commente-il. On ne peut pas seulement attendre la télémédecine salvatrice, poursuit-il, il faut attirer des professionnels de santé, et pas seulement des médecins, sur le territoire». Il cite, par exemple, la possibilité pour des aides soignantes de réaliser les consultations à côté des personnes âgées dont elles s’occupent.

La crise sanitaire a néanmoins libéralisé la pratique et changé le regard sur la télémédecine. C’est en tout cas ce que veut croire John Billard, maire du Favril (Eure-et-Loir) et vice-président de l’AMRF, qui espère que cela va «amener à retravailler cette notion».

Il a d’ailleurs installé l’an dernier dans sa commune, une cabine de télémédecine, qui permet aux patients de consulter un médecin à distance depuis la mairie, avec l’aide de la secrétaire de mairie. Il dit recevoir de nombreux appels de maires qui désirent s’inspirer de la démarche.

«L’objectif n’est pas de remplacer les médecins, rassure le maire, mais d’aider les patients dans un délai correct.» La question du temps d’attente pour rencontrer un médecin est en effet, selon lui, tout aussi primordiale dans les déserts médicaux, que celle de la distance à parcourir.

Pas de médecine sans médecins

«La vraie solution, c’est de mettre les médecins sur les territoires», plaide cependant André Accary, le président du département de Saône-et-Loire, très sceptique sur les cabines de téléconsultations dans les mairies. «Pour avoir un diagnostic précis, il faut bien que de chaque côté vous ayez un professionnel de la santé averti», ajoute-il.

«Ça ne sert à rien d’avoir un EHPAD équipé d’un dispositif de télémédecine pour contacter le CHU s’il n’y a personne au bout du fil, confirme Gilles Noël à Varzy. La téléconsultation n’est qu’un élément de la chaîne de solidarité médicale.»

En Saône-et-Loire, le conseil départemental vient d’ailleurs d’annoncer le recrutement de médecins spécialistes, après avoir déjà recruté 55 médecins généralistes il y a deux ans, installés dans des centres médicaux à travers le département. Ces centres accueillent ainsi au moins deux médecins formés aux outils de télémédecine – pour contacter des médecins spécialistes de la région – et sont connectés au très haut débit.

Un accompagnement au numérique

L’accès à Internet constitue un autre frein majeur ; d’ailleurs, la carte des déserts médicaux recouvre celle des zones les moins bien dotées en débit numérique. Mais même une fois connecté, le parcours d’obstacle n’est pas terminé.

Pendant la crise sanitaire, la MedNum a ouvert une plateforme d’assistance, Solidarité numérique, qui a reçu plus de 15 000 appels, parmi lesquels plusieurs centaines pour obtenir de l’aide pour les téléconsultations. Les médiateurs numériques ont accompagné pas-à-pas ces personnes pour s’assurer qu’elles soient prêtes pour leurs rendez-vous.

«On se rend compte qu’il y a des freins à l’utilisation de la télémédecine, constate Caroline Span, co-directrice de la MedNum. Les plus âgés ont des besoins d’accompagnement importants.» Et de détailler le besoin d’une adresse mail pour s’inscrire, l’identification du service de téléconsultation où trouver le médecin parmi les dizaines existants…

Les freins des ARS et de la CNAM

A ces obstacles s’en ajoute un autre : le système de santé français encadre strictement ces téléconsultations. Interrogé par la délégation aux collectivités locales du Sénat, Dominique Dhumeaux, maire de Fercé-sur-Sarthe (Sarthe) et vice-président des maires ruraux de France s’est félicité de la facilitation des téléconsultations pendant la crise sanitaire, y voyant «un outil assez intéressant, au moins pour le renouvellement des ordonnances et les consultations basiques».

«L’ARS avait bloqué ce système, qui s’est déverrouillé pendant la crise», a-t-il déploré, espérant que les maires soient dorénavant plus associés aux décisions des ARS, pour faire valoir les besoins de leurs administrés. «Les règles mises en œuvre par les ARS et la CNAM, sous l’influence des syndicats de médecins, doivent être assouplies», renchérit John Billard.

L’Assurance maladie ne rembourse en effet les consultations à distance que si celles-ci sont faites par un professionnel de santé du territoire. «Les patients qui ont déjà un médecin ou qui vivent dans des territoires denses en médecins ont un accès plus simple à la téléconsultation, détaille le directeur médical de Livi. Alors que les gens qui n’ont déjà pas accès physiquement aux soins doivent payer de leur poche.»

Pour l’instant, les facilités pour la téléconsultation ouvertes lors du confinement sont en vigueur jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire, soit le 10 juillet.
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