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Municipales 2020

Municipales : un autre monde est-il encore possible ?

Publié le 08/06/2020 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : France

Elections municipales 2020
Olivier Rault / Adobestock
Dans un article initialement publié sur The Conversation, le politologue Luc Rouban souligne que le second tour des municipales constitue "la première convocation des électeurs aux urnes après la crise sanitaire". Selon lui, l'issue du scrutin pourra servir de test politique sur trois terrains au moins.

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La tenue du second tour des élections municipales le 28 juin 2020 va clore une séquence électorale atypique marquée par la crise sanitaire du Covid-19. Jamais les élections municipales n’avaient été bouleversées à ce point dans l’histoire de la République sauf lors des deux conflits mondiaux.

Mais au-delà des conditions très difficiles d’organisation de la campagne du premier comme du second tour, il reste qu’il s’agit de la première convocation des électeurs aux urnes après la crise sanitaire.

Le résultat de ces élections municipales peut donc servir de test politique au moins sur trois terrains. Le premier est celui de la réaction des électeurs à la gestion jugée assez calamiteuse de la crise sanitaire par une majorité de Français. Le second est celui de la configuration du monde politique de l’après-crise. Le troisième est celui de la question institutionnelle et de la décentralisation.

Un test pour la majorité présidentielle

Sur le terrain politique, la crise sanitaire s’est caractérisée par une exacerbation de la fracture sociale, opposant clairement ceux qui pouvaient se protéger dans un confinement douillet à ceux qui devaient prendre des risques dans des métiers exposés aux contacts physiques.

Elle s’est aussi accompagnée d’un fort sentiment de colère et de défiance à l’égard du gouvernement et des informations qu’il pouvait fournir, une réaction bien plus véhémente en France qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Tout est donc réuni pour que ces municipales constituent un test pour la majorité présidentielle dont la cohérence a été mise à mal non seulement par l’apparition de deux groupes parlementaires plus ou moins dissidents, qui font perdre la majorité absolue à La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, mais encore par les dissensions qui ont marqué les élections municipales au premier tour (la candidature de Cédric Villani à Paris) ou lors de la préparation du second (l’accord passé par Gérard Collomb à Lyon avec Les Républicains (LR) pour la présidence de la métropole).

Une nationalisation du second tour

Sur le fond, il reste que le second tour sera différent du premier. La campagne du premier tour avait été marquée par la forte localisation des débats dans un contexte de renouveau du débat démocratique, ce qui s’était traduit à la fois par la multiplication de listes citoyennes, certaines authentiques d’autres servant de liant à des alliances de gauche (par exemple, Archipel citoyen à Toulouse), par le flou artistique entretenu dans l’étiquetage des candidats, ou bien encore par la démission de certains maires de leur parti d’origine, et notamment de maires LR dans les Hauts-de-Seine.

Avec le second tour, on voit en revanche réapparaître une certaine nationalisation des élections municipales qui vont servir de creuset à une nouvelle donne politique dans les grandes villes. Certes, parmi les 4 897 scrutins du 28 juin, 3 455 concerneront des communes de moins de 1 000 habitants où le conseil municipal reste à compléter et 1 442 des communes de plus de 1 000 habitants.

Mais, globalement, le second tour va concerner 35 % de l’électorat et focaliser l’attention sur Paris, Lyon et Marseille ou bien sur des métropoles comme Bordeaux ou Lille où les élections municipales sont tout de suite investies d’une signification nationale. Mais il n’est pas certain que cette « renationalisation » soit une bonne chose pour la participation.

Triomphe ou rejet des notables ?

Le premier enjeu du second tour sera en effet le taux de participation qui va devenir en soi une évaluation de la confiance portée non seulement aux autorités publiques mais aussi à la démocratie représentative.

L’abstention avait atteint un taux record de 55,4 % au premier tour, mais avait souvent dépassé les 65 % dans les grandes villes des départements les plus modestes comme le 93, étant donné la crainte des électeurs de se rendre aux urnes en plein confinement sanitaire.

Une mobilisation faible du second tour serait considérée non seulement comme la marque durable de la crise sanitaire sur les comportements des Français et l’amplification d’une défiance interpersonnelle déjà forte mais encore comme le rejet d’une programmation très critiquée des élections municipales qui auraient très bien pu être reportées d’un an.

Un taux faible de participation va fragiliser les maires élus avec des taux d’électeurs inscrits très bas, ce qui pourra très vite devenir un argument pour contester leur légitimité, renforçant une fois de plus le malaise démocratique français qui n’a cessé de s’affirmer depuis 2017.

Sur le terrain électoral, l’occasion sera donnée de vérifier si les tendances enregistrées au premier tour se confirment : mauvais résultats de LREM, notamment à Marseille et à Paris, résistance des maires socialistes sortants comme Martine Aubry à Lille ou Nathalie Appéré à Rennes, réélection facile de notables de LR comme François Baroin à Troyes ou Hubert Falco à Toulon, confirmation des quelques implantations locales du Rassemblement national et percée de Louis Aliot à Perpignan, avancée notable des écologistes comme celle de Grégory Doucet à Lyon, arrivé premier, ou de Pierre Hurmic à Bordeaux en seconde position derrière Nicolas Florian, le maire sortant et successeur d’Alain Juppé.

Le bilan du premier tour dans les villes de plus de 15 000 habitants montre une forte résistance voire le retour de l’ancien monde car 51 % des maires sortants de droite ont été réélus dès le premier tour comme 41 % des maires sortants de gauche, plus exposés à la multiplication des listes.

La notabilité et l’ancrage local ont beaucoup joué contre les candidats LREM même si la posture « et de droite et de gauche » pouvait paraître séduisante au niveau municipal où les questions de gestion sont souvent dépourvues de couleur partisane et où le jeu des intercommunalités a pu développer une culture du consensus.

Une nouvelle donne politique pour l’après-crise sanitaire

Au-delà des situations locales, il faudra donc mesurer en quoi ces élections annoncent une nouvelle donne politique de l’après-crise sanitaire.

La première question concerne la possibilité de voir émerger une gauche sociale-écologiste pouvant mettre fin à la concurrence entre le PS et EELV, un test réussi à Paris, Nantes, Rennes et Toulouse mais pas à Grenoble ni à Strasbourg ni à Lille où Martine Aubry n’a pas pu passer d’accord avec Stéphane Baly, le candidat écologiste. Néanmoins, la fragmentation des listes a parfois conduit à des négociations complexes, comme à Montpellier, donnant l’image d’un retour de l’ancien monde.

La seconde question, dans un paysage politique dont le centre de gravité est à droite, sera d’évaluer les capacités de redéploiement du macronisme vers le centre et la droite. LREM n’a pris aucune position nationale, ses dirigeants dénonçant seulement l’alliance de Gérard Collomb avec LR à Lyon. La situation d’Agnès Buzyn à Paris est désespérée. Au total, la stratégie illisible de LREM l’aura mise en position de demandeur pour des alliances à droite, comme à Bordeaux et à Strasbourg.

Une troisième question sera donc celle du retour du clivage gauche-droite face aux difficultés économiques et sociales provoquées par la crise sanitaire, notamment le sauvetage des emplois et des entreprises locales.


Distribution alimentaire à l’initiative de la ville de Pessac (33).

Verra-t-on réapparaître le « socialisme municipal » des années 1900–1930 où les municipalités socialistes lançaient des programmes d’aide et d’éducation pour les classes ouvrières ou se déployer des politiques écologistes de développement durable ? Mais quelles seront les marges de manœuvre budgétaires alors que les maires réclament de nouvelles aides de l’État ?

Des municipalités plus impliquées dans les politiques publiques ?

Le dernier enjeu, peut-être le plus crucial, est celui d’une nouvelle étape de la décentralisation impliquant une délégation plus massive des politiques publiques et de la fiscalité aux municipalités d’une certaine taille.

Le succès de l’Allemagne dans sa gestion de la crise sanitaire a montré tout l’intérêt de laisser les autorités locales adapter les mesures nationales au cas par cas selon le contexte et dans un climat de confiance entre les élus locaux et le gouvernement.

En France, la perspective militaire et centralisée de l’Élysée n’a pas pu s’appuyer sur une organisation administrative rationnelle et cohérente, accroissant encore les tensions entre l’État et les élus locaux.

Alors, sans doute, l’ancien monde revient au détour des alliances électorales du second tour, à travers le succès des notables bien implantés face à des candidats LREM « hors sol », mais quelque chose a changé. La nouvelle place de l’écologie, la recherche d’une démocratie locale plus forte, la volonté de renforcer l’échelon municipal face à l’échec de l’appareil d’État dans la gestion de la crise sanitaire vont constituer des facteurs de changement importants sans que la majorité présidentielle puisse en profiter.The Conversation

Luc Rouban, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po – USPC. Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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