logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/682311/qui-sont-les-riches/

INÉGALITÉS
Qui sont les riches ?
Alexandre Léchenet | France | Publié le 09/06/2020

Dans un rapport publié le 9 juin, l'Observatoire des inégalités se penche sur les riches en France, propose sa définition de la richesse et analyse leur lieux et modes de vie.

finances-billets-banque-main-crocodile

La première édition du Rapport sur les riches en France publié par l’Observatoire des inégalités [1] propose quelques éléments sur la richesse des ménages en France. Des informations factuelles sur les plus privilégiés, alors que les inégalités ne cessent de se creuser dans le pays.

«On ne peut pas à la fois déplorer le dénuement des uns, sans mettre en cause les privilèges dont jouissent les autres. Et, en matière de privilèges, chacun doit balayer devant sa porte, plutôt que de pointer du doigt ceux qui sont encore plus riches que lui», préviennent Noam Leandri et Louis Maurin, président et directeur de l’Observatoire des inégalités, dans un avant-propos.

3470 euros pour une personne seule

Le rapport commence déjà par proposer des seuils pour définir ce qui fait un riche. Pour une personne seule, il est fixé au double du salaire médian, soit 3470 euros. Ce seuil est de 5205 euros pour un couple.

Ces seuils englobent 5,1 millions de Français, soit environ le nombre de pauvres, en définissant la pauvreté comme la moitié du salaire médian.

L’analyse montre bien sûr la «subjectivité» de l’Observatoire. «Le lecteur comprendra que nous cherchons d’abord à susciter la réflexion sur le sujet plutôt qu’à déterminer des critères définitifs. Il n’existe pas de seuil « idéal » et on pourra nous reprocher de fixer la barre trop haut, ou trop bas», concèdent les auteurs.

Une fois ces précautions méthodologiques posées, l’Observatoire essaie d’observer qui sont les riches en France, à partir des données de l’Insee. Premiers enseignements : ils sont plus vieux que la moyenne de la population, plus souvent propriétaires et les couples sans enfants sont surreprésentés.

Où sont les riches ?

L’Observatoire des inégalités se penche ensuite sur la localisation de ces foyers les plus aisés. Comme nous l’écrivions il y a quelques semaines [2], ils vivent principalement à Paris, et en région parisienne. Parmi les vingt villes ou arrondissements où les riches sont les plus riches, on compte onze arrondissements de Paris, cinq villes des Hauts-de-Seine, et un seul arrondissement lyonnais.

Dans les petites communes, les plus riches vivent en frontière franco-suisse, où à proximité des grandes villes, comme au Vésinet (Yvelines) ou à Saint-Didier-au-Mont-d’Or (Rhône), des communes plutôt rurales.

Pour affiner l’analyse, l’Observatoire s’est également penché sur les quartiers où vivaient les plus riches. Ils se sont pour ça appuyé sur les données diffusées par l’Insee au niveau de l’IRIS. Ceux-ci résident dans les sixième, septième, huitième et seizième arrondissements de Paris, ainsi qu’à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en Île-de-France.

En se concentrant sur la province, les quartiers sont plus diversifiés. C’est ainsi un quartier de Mulhouse, Rebberg Sud Est, qui compte le plus de riches. Suivent ensuite des quartiers à Croix (Nord), Annecy (Haute-Savoie), Marseille (Bouches-du-Rhône) ou encore Strasbourg (Bas-Rhin).

Berlines, sports d’hiver et maîtrise du temps

Enfin, l’Observatoire identifie les «signes extérieurs de richesse», à partir de ces seuils définis. Les riches ont un logement supérieur à 60 m2 hors Paris, une voiture haut-de-gamme, ils prennent l’avion régulièrement et partent aux sports d’hiver.

Par ailleurs, note l’Observatoire, les plus riches maîtrisent plus leur temps : «Pouvoir maîtriser son temps, c’est aussi maîtriser sa vie, et représente sans nul doute l’une des formes de richesse les plus clivantes. (…) Être riche, c’est pouvoir contrôler tout cela. Ceux qui peuvent maîtriser leur temps occupent, dans le public ou dans le privé, les emplois les moins pénibles et disposent des revenus pour profiter du temps dont ils disposent plus librement.»
bandeau-open-data [3]

POUR ALLER PLUS LOIN