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SÉCURITÉ CIVILE
Prime de feu : les syndicats réclament l’arbitrage d’Edouard Philippe
Mathilde Elie | A la Une prévention-sécurité | Actu prévention sécurité | France | Publié le 02/06/2020

Quatre mois après l’engagement pris par le ministre de l’Intérieur de revaloriser la prime de feu des sapeurs-pompiers, les syndicats sont toujours dans l’attente. Ils réclament l’arbitrage du Premier ministre pour faire avancer les discussions concernant le financement de cette augmentation. Une sorte d’avertissement alors que la Fédération autonome SPP-Pats a déjà annoncé son intention de reprendre la grève.

sapeurspompiers [1]

« L’allongement du calendrier pourrait nous obliger à manifester notre impatience. » Dans un courrier commun adressé le 1er juin au Premier ministre [2], Edouard Philippe, l’intersyndicale de sapeurs-pompiers (CGT, FASPP-PATS, FO-SIS, CFDT-SDIS, UNSA-SDIS, SPASDIS-CFTC, Avenir Secours et CGE-CGC) ne cache pas son agacement. « Les agents des services publics, dont les sapeurs-pompiers, ont fait preuve d’engagement, d’abnégation et de patience, mais la patience est en rupture de stock. »

Quatre mois après l’annonce de la revalorisation de la prime de feu de 19 à 25% par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, mettant ainsi fin à sept mois de grève [3], le décret n’a pas encore été publié. La crise sanitaire a eu raison du calendrier annoncé par le ministre qui s’était engagé à une parution avant l’été et la question du financement reste toujours en suspens. Un débat qui s’enlise et une attente trop longue pour les syndicats, qui a d’ailleurs poussé la Fédération autonome SPP-PATS à reprendre la grève à partir du 29 mai [4].

Pour rappel, cette revalorisation représente 80 millions d’euros de dépenses supplémentaires à la charge des collectivités territoriales. Un coût qui risque de créer des inégalités de traitement entre les départements.

Les financeurs, départements et communes, réclament de nouvelles ressources pour pouvoir assumer. Plusieurs pistes ont été évoquées [5] sans aboutir. Parmi elles, la suppression de la surcotisation perçue par la Caisse nationale de retraite des collectivités locales (CNRACL) pour l’intégration de la prime de feu dans le calcul des pensions. L’intersyndicale demande aujourd’hui à Edouard Philippe d’arbitrer en ce sens pour débloquer la situation. « Cette disparition, légitime, facilitera dès publication du décret, l’octroi d’un taux unique pour l’ensemble des pompiers de France », écrivent les syndicats.

Une prise de position qui serait bienvenue alors que la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS) doit se positionner le 24 juin. Ce sera ensuite au tour du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) le 1er juillet. A noter que le Conseil national d’évaluation des normes a déjà rendu un avis défavorable [6], et que le ministre de l’Intérieur s’en engagé à passer outre.

Prime de feu à 28%

Le SNSPP-Pats, qui ne fait pas partie de l’intersyndicale, contribue à faire monter la pression. Dans un communiqué daté du 28 mai [7], le syndicat précise que cette revalorisation n’est qu’une étape. « Les événements ont démontré que le métier de sapeur-pompier professionnel présentait des risques, la crise sanitaire a bel et bien généré une réorganisation sans précèdent. Si nous ne renions pas nos missions, nous revendiquons une prime de risque à la hauteur des autres métiers de la sécurité. Le SNSPP-PATS continuera de revendiquer le taux de la prime de feu à 28% pour tous », peut-on lire.

Le syndicat estime par ailleurs qu’en raison du « surcroît d’activité dangereuse pendant cette crise les sapeurs-pompiers et les Pats sont légitimes à demander le versement de la prime exceptionnelle prévue pour les fonctionnaires territoriaux par le décret N°2020-570 ».

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