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Aménagement du territoire

Et si on misait enfin sur le périurbain ?

Publié le 26/05/2020 • Par Delphine Gerbeau David Picot • dans : France

PERIURBAIN OUV
D.R.
Retour en grâce ? La crise sanitaire du coronavirus pourrait bien redorer le blason des territoires périurbains et de leurs lotissements, longtemps dépeints comme incarnations de la France « moche » et lieux d’expression du malaise des « gilets jaunes ». Vivre le confinement dans une maison entourée d’un jardin, à proximité d’espaces naturels et de voisins que l’on connaît, a sans doute été plus supportable que dans un petit appartement en milieu urbain.

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« Cette crise marque un peu la revanche des villages », juge Bruno Loustalet, maire (SE) de Thil (1 100 hab.), commune périurbaine de l’Ain située entre Lyon et Bourg-en-Bresse, qui compte plusieurs lotissements.

« Dans ces zones, les gens se connaissent, il existe des réseaux, et cela nous a beaucoup aidés dans l’accomplissement de nos missions d’élus durant cette période», précise-t-il.

« Chalandonnettes »

Difficile de généraliser, il est vrai, tant les territoires périurbains sont divers, entre la petite ville aux portes de la métropole et le village à la lisière de l’interco. Le terme « périurbain » a émergé dans les années 70 pour désigner les espaces ruraux grignotés par l’urbanisation. L’Insee le définit, quant à lui, en dépendance par rapport à la ville-centre et désigne par « communes périurbaines » celles dont au moins 40 % de la population active travaille dans un ou plusieurs pôles urbains de 1 500 emplois ou plus.

C’est le programme de promotion des maisons individuelles – les « chalandonnettes » -, lancé en 1969 par le ministre de l’Equipement et du logement Albin Chalandon, qui a notamment permis l’accélération du développement des zones pavillonnaires, et donc des communes périurbaines. Critiqués par les professionnels de la ville et de l’aménagement pendant plusieurs années pour leur moindre qualité architecturale, désignés responsables de l’étalement urbain, symbolisés par le culte de la voiture et des zones commerciales sans âme et sans structure, les espaces périurbains regrouperaient tous les maux de notre société moderne.

Diabolisation

Ces territoires sont cependant désirés et choisis par leurs habitants, encore aujourd’hui. « Ce sont des endroits qu’ils revendiquent, ils s’y sont installés car ce sont des lieux où l’on peut se loger pour moins cher, mais aussi car le modèle de vie qu’ils représentent leur faisait envie », résume Béatrice Mariolle, docteure en architecture et chercheuse à l’Ensap de Lille, qui a dirigé, avec Jean-Michel Léger, l’ouvrage « Densifier, dédensifier, penser les campagnes urbaines ».

Une étude de l’Observatoire des usages et représentations des territoires, publiée en février, démontrait que la densité raisonnable est un paramètre important dans la perception de la qualité de vie, et, pour 66 % des sondés, l’habitat pavillonnaire incarne un modèle dans lequel ils aimeraient vivre. « Le périurbain, c’est plus de 20 millions d’habitants, pas loin de la moitié de la population française », remarque Béatrice Mariolle.

De nombreux universitaires invitent désormais à changer de regard sur ces territoires qui sont aussi des réserves de biodiversité, des lieux de sociabilité et de solidarités, d’innovations, comme vient de le montrer la crise du coronavirus. Le sociologue Eric Charmes, dans son essai « La Revanche des villages », publié en 2019 juste après la crise des « gilets jaunes », engageait ainsi à sortir de la « diabolisation du périurbain », et à mettre l’accent sur les atouts de ces territoires qui peuvent être des poumons verts pour les métropoles dans leur proximité et des lieux de réinvention de l’action collective.

Réflexions en cours

Voir au-delà du périurbain consommateur de foncier et émetteur de carbone, et reconnaître sa fonction et sa nécessité : l’apport de ces espaces et le rééquilibrage des rôles commencent à émerger au sein des intercos. Le lien centralité-périurbain devient une thématique majeure des stratégies intercommunales.

Cependant, « pour penser le rééquilibrage, il faut cesser d’aborder les territoires de manière hiérarchisée. Il est important d’accorder au périurbain un droit au développement qui rende acceptable la lutte contre l’étalement urbain. C’est une priorité souvent difficile à atteindre dans les faits, sans contrepartie », explique Florian Muzard, chef de projet à la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature, et codirecteur, avec Sylvain Allemand, de l’ouvrage « Le Périurbain, espace à vivre » (1). « Le périurbain est une étendue utile, mais aussi attractive pour les habitants et les activités de l’agglo. D’où l’intérêt de réfléchir à sa contribution à l’équilibre du bassin de vie. En sortant d’une logique dominant-dominé, où le périurbain est cantonné à un espace servant, on rend possible l’établissement de relations et de solidarités horizontales entre territoires », ajoute-t-il.

Des réflexions sont en cours, comme celles menées par l’agence interministérielle Puca (Plan urbanisme construction architecture), qui porte les deux programmes Popsu (2) métropoles, dédié aux liens entre les métropoles et leur environnement, et Popsu territoires, consacré aux villes de moins de 20 000 habitants, dont certaines peuvent être qualifiées de périurbaines.

Autant de travaux qui contribueront à imaginer le futur du périurbain, et peut-être à donner un « droit au village », comme l’évoque Eric Charmes, c’est-à-dire reconnaître les qualités de vie qu’il offre ainsi que l’autoriser à s’organiser à une échelle locale.

JAILLET MCQuestions à Marie-Christine Jaillet, sociologue, directrice de recherche au CNRS (Université de Toulouse Jean-Jaurès)

De quels territoires parle-t-on lorsque l’on évoque le « périurbain » ?

Plutôt qu’un seul « périurbain », il y a probablement des « périurbains ». Si l’on parle des territoires périmétropolitains, ils sont pour partie peuplés d’employés et d’ouvriers qualifiés. Ces strates sociales se sont rendues visibles lors du mouvement des « gilets jaunes » et, dans la période de crise sanitaire, assument des tâches indispensables à la survie de tous : soins, logistique, etc. Mais il existe aussi de la périurbanité dans les plaques métropolitaines avec des classes moyennes ou moyennes supérieures qui ont fait le choix de l’habitat individuel et ont les moyens de leur mobilité.

Que doivent les métropoles aux espaces périurbains ?

D’abord, la capacité d’accueil résidentiel, c’est-à-dire la faculté de loger les populations qui travaillent dans les métropoles et qui n’ont pas les moyens d’y vivre. Mais les élus périurbains ne s’en satisfont pas. Ensuite, les métropoles bénéficient, voire sont dépendantes, des ressources issues des activités agricoles et vivrières qui occupent une place importante dans les espaces périurbains et ruraux voisins.

 La réciprocité entre les deux est-elle un mythe ou une réalité ?

Nous sommes dans une phase d’expérimentation, d’exploration : les métropoles entrent en dialogue avec leur environnement, certes en réponse à l’injonction qui leur est faite, et pour montrer qu’elles sont vertueuses, mais pas seulement. Il demeure une véritable volonté de nouer des partenariats. Mais la réciprocité ne doit pas seulement porter sur les liens de dépendance qui existent, de fait, autour de la fonction résidentielle, l’alimentation, etc. Les projets de développement des territoires périmétropolitains doivent aussi être entendus et soutenus par les métropoles.

Notes

Note 01 Editions Parenthèses, novembre 2018 Retour au texte

Note 02 Popsu : plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines Retour au texte

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