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ELECTIONS MUNICIPALES
Le second tour aura lieu le 28 juin
Alexandre Léchenet | A la une | France | Publié le 22/05/2020

Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ont confirmé le souhait d'organiser le second tour des élections municipales le 28 juin, si les conditions sanitaires le permettent. Une clause de revoyure est prévue dans deux semaines. La campagne électorale devra se réinventer pour limiter la propagation du virus.

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Le second tour des élections municipales aura lieu le 28 juin. «Nous pensons que la vie démocratique, elle aussi doit reprendre ses droits», a déclaré le vendredi 22 mai le Premier ministre, Edouard Philippe lors d’une conférence de presse à Matignon. «16,5 millions de Français pourront élire leur conseil municipaux dans plus de 5 000 communes», s’est félicité le ministre de l’Intérieur, également présent.

Quelques jours plus tôt, le conseil scientifique avait donné un avis mesuré sur le sujet [1], estimant que les conditions sanitaires permettaient la tenue d’un scrutin, et que les risques étaient moindres si un seul tour avait lieu.

«C’est une décision réversible», a cependant précisé le Premier ministre, ajoutant qu’une «clause de revoyure interviendra dans deux semaines», pour s’assurer que les conditions sanitaires rendent toujours possible l’organisation d’un second tour de scrutin. Par ailleurs, un projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 27 mai pour permettre le report de ces élections, au plus tard en janvier 2021, si jamais les conditions pour organiser un scrutin n’étaient plus réunies fin juin.

Sécurité sanitaire et sincérité du scrutin

Le second tour sera particulier, a convenu Edouard Philippe : «Avec les maires qui organisent le scrutin, avec les candidats et leurs équipes de campagne, nous avons une double responsabilité : assurer la sécurité sanitaire de ceux qui participent et assurer la sincérité du scrutin.»

Des concertations auront lieu avec les maires pour mettre en œuvre les recommandations du conseil scientifique. «Si cette concertation fait apparaître qu’il faut faire évoluer telle ou telle mesure réglementaire, nous pourrons le faire», a-t-il précisé.

Le ministre de l’intérieur a précisé que le port du masque serait obligatoire pour tous dans les bureaux de vote, que les assesseurs et scrutateurs devront porter des masques chirurgicaux tout au long de la journée et du dépouillement.

Gel hydroalcoolique ou point d’eau devront être accessibles aux électeurs, qui sont également invités à apporter leur propre stylo et à manipuler eux-mêmes leurs pièces d’identité.

Une campagne à réinventer

Concernant la campagne électorale, le ministère de l’Intérieur a appelé les candidats à la plus grande prudence, suivant également les recommandations du conseil scientifique [2] qui alertait sur les risques que pouvaient faire courir une campagne traditionnelle.

Il a invité les équipes de campagne à favoriser la communication numérique et les interventions dans les médias et a incité tout le monde au respect de la distanciation et des gestes barrières pour éviter la propagation du virus.

Christophe Castaner a annoncé qu’il s’entretiendrait avec les associations d’élus et responsables de partis pour envisager les mesures permettant de faciliter la campagne, notamment le recueil élargi des procurations ou l’impression de profession de foi plus fournies.

Pas de consensus

Le Premier ministre avait reçu les chefs de parti le 20 mai, et Emmanuel Macron s’était entretenu avec les associations d’élus la veille [3]. Une majorité avait plaidé pour une organisation rapide du second tour, à la fin du mois de juin, si les conditions sanitaires étaient réunies.

«Autour de la table, la question difficile de savoir si le second tour devait avoir lieu en juin ou non n’a pas fait consensus», a détaillé le Premier ministre évoquant d’un côté les inquiétudes sur la sincérité d’un scrutin sans réelle campagne, de l’autre, l’incertitude que ferait planer un nouveau report et le rôle essentiel des communes et intercommunalités dans la relance économique du pays.

L’Association des maires de France a salué la décision du Premier ministre, estimant qu’«il est normal que la vie démocratique reprenne son cours» et se tient «à la disposition du gouvernement dans le cadre de la concertation qu’il a annoncée».

Le premier ministre a par ailleurs «assumé» l’organisation du premier tour des élections municipales le 15 mars, constatant un «taux d’abstention significatif», mais des conditions d’organisation «rigoureuses». Ce premier tour avait permis l’élection des deux-tiers des conseils municipaux, qui ont pu commencer à s’installer depuis le 18 mai.

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