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Surveillance

La crise sanitaire, nouveau laboratoire de la « safe city »

Publié le 26/05/2020 • Par Alexandre Léchenet Laura Fernandez Rodriguez Mathilde Elie • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

safe city Mennecy caméra thermique portable
Mennecy
Les innovations technologiques à des fins de prévention sanitaire attirent de plus en plus les collectivités. Des coûts parfois importants pour une efficacité contestable.

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Avec la crise sanitaire que traverse la France depuis plus de deux mois, la « safe city », déclinaison sécuritaire de la smart city, prend un nouveau visage : des entreprises privées assurent que certaines de leurs technologies peuvent être mises au service de la sécurité sanitaire.

Des solutions permettent, par exemple, de détecter le port du masque dans l’espace public, de vérifier le respect de la distanciation physique des individus ou même de prendre leur température grâce à des caméras thermiques. De quoi tenter certains élus soucieux de rassurer leurs habitants en cette période de crise. « Vous ne trouverez pas un élu local qui dira sérieusement que ces innovations technologiques ne l’intéressent pas », juge ainsi le maire (UDI) de Mennecy (14 300 hab., Essonne), Jean-Philippe Dugoin-Clément. La commune vient d’acquérir trois caméras thermiques portatives pour un total d’environ 6 000 euros.

Le week-end du 1er mai, les policiers municipaux de Mennecy ont pu tester les appareils sur le marché. « Nous savons que la température n’est qu’un élément parmi d’autres à prendre en compte, mais c’est un outil de sécurisation supplémentaire pour la collectivité et les habitants, explique le maire. Il s’agit de repérer l’empreinte thermique de la personne et en aucun cas l’empreinte visuelle. Et contrairement à nos caméras de rue couplées au centre de supervision urbain, rien n’est enregistré. » Pour l’instant, les contrôles s’effectuent sur la base du volontariat. Mais l’élu envisage l’obligation dans certaines circonstances : « Lorsque rouvriront les lieux clos, il s’agira de contrôler l’accès, au même titre que l’on demande à une personne de montrer son sac. Il faudra border cela avec un arrêté ou un règlement intérieur selon la situation. »

Des équipements à recycler

A cinq kilomètres de Mennecy, la municipalité de Lisses (7 400 hab.) a choisi d’installer une caméra fixe à l’entrée du pôle administratif de la ville. Coût de l’équipement : entre 7 000 et 8 000 euros pièce. Une aberration estime Dominique Legrand, président de l’AN2V, qui déconseille aux collectivités de se lancer dans ce genre d’investissements. « C’est un matériel qui n’est fiable qu’à 5 ou 10 % au maximum et qui risque de laisser passer des personnes malades ou asymptomatiques, précise-t-il. Et si une personne a effectivement de la température, que fait-on ? Rien ne lui interdit d’entrer quand même. Est-ce que cela vaut le coup d’investir autant sous prétexte d’être rassuré ? Il vaut mieux travailler sur les gestes barrière, les aménagements pour assurer la distanciation physique, les sens de circulation… C’est infiniment plus rassurant qu’une caméra thermique posée sur un trépied. »

Se pose aussi la question de l’amortissement et de la réutilisation du matériel après la crise. Le maire de Mennecy envisage déjà d’autres usages, comme le repérage de personnes vulnérables en période de grand froid ou de canicule, ou la surveillance de la déperdition thermique des bâtiments. « Pour être efficace, il faut absolument un travail sur le long terme », préconise Dominique Legrand.

Dans les Alpes-Maritimes, Cannes (73 900 hab.) et la RATP ont annoncé tester une technologie surveillant le port du masque et le respect de la distanciation physique dans les transports en commun, ainsi que dans certains marchés cannois. « Les caméras de surveillance déjà en place sont équipées de notre logiciel, explique Franck Tapiro, cofondateur de la start-up parisienne Datakalab. On ne filme pas, on détecte simplement les mouvements qui sont transformés en données par notre algorithme à des fins de statistique pour aider à la décision. » Julien Trombini, président de Two-I, entreprise messine qui avait déjà équipé le tramway de Nice de caméras « intelligentes » et qui propose aussi ce type de solutions, assure qu’il n’y a aucune extraction de données biométriques. Il fait l’analogie avec des tourniquets comptant les voyageurs dans les gares.

Algorithmes et liberté

Concernant le respect des données personnelles et de la vie privée, la Cnil, interrogée par Next Inpact, semble avoir réalisé une première analyse favorable. « Les images des caméras seraient traitées dans le seul objectif de produire des indicateurs statistiques et ne seraient ni visualisées ni conservées », informait récemment l’autorité, concluant que « de telles mesures d’anonymisation présentent des garanties en matière de protection de la vie privée des personnes. »

D’un point de vue juridique, l’utilisation de ces technologies peut être justifiée. « Le port du masque dans des espaces définis, tels que les transports ou les marchés, peut être vu comme une obligation sanitaire conforme aux recommandations du gouvernement, et donc être imposé, argumente l’avocat Yvon Goutal. Les technologies pour surveiller ou contrôler l’obligation ne sont donc pas juridiquement choquantes en termes de finalité d’intérêt général. Toute la complexité résidera dans les modalités de mise en œuvre : collecte des données, conservation, partage… »

En revanche, la technologie ne pourra pas, en l’état actuel de la loi, aller plus loin qu’un simple indicateur. Pour verbaliser, elle devrait enregistrer une preuve, et donc les visages ne portant pas de masques. Or l’absence d’enregistrement est le critère utilisé par les constructeurs pour justifier leur respect du règlement général sur la protection des données… « Si le dispositif n’est légal qu’en raison de son inefficacité, ça pose tout de même un problème », ajoute Yvon Goutal.

L’association La Quadrature du net plaide pour un cadre juridique spécifique : « En temps de pandémie nombre d’expérimentations s’installent à tour de bras, alors qu’il n’y a eu aucun débat sur ces nouvelles technologies qui banalisent l’utilisation d’algorithmes appliqués à la vidéosurveillance automatisée dans l’espace public », regrette Martin Drago, juriste au sein de l’association. Par exemple, pour le comptage de masques, l’association redoute que l’algorithme ne traite des données biométriques pour arriver à un résultat statistique : « Ce n’est peut-être pas de la reconnaissance faciale, mais de l’analyse faciale, et cela soulève une foule de questions en termes de liberté », expose-t-il. Sollicitée, la Cnil n’a pas répondu à nos questions. A celles de La Quadrature du net non plus, qui n’exclut pas d’interpeller l’institution.

La prise de température sur la sellette

Dans son avis du 28 avril 2020 relatif à un contrôle d’accès par prise de température, le Haut Conseil de la santé publique a rappelé que, « en l’absence d’une recommandation médicale et/ou d’une décision des autorités publiques, les mesures de contrôle d’accès fondées sur la mesure de la température, qui auraient pour conséquence de refuser l’accès d’un bâtiment ou d’un établissement à une personne en raison de son état de santé, pourraient être considérées comme une violation des droits et libertés de la personne. Elles pourraient être discriminatoires et susceptibles de poursuites pénales ». L’association AN2V a d’ailleurs adressé un rapport critique aux autorités de la filière, invitant à considérer le déploiement de ces systèmes thermiques avec un avis “défavorable sauf exception”.

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