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Crise sanitaire

Les inégalités sociales face au virus

Publié le 20/05/2020 • Par Alexandre Léchenet • dans : France

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Schlierner - Fotolia
Les données publiées pendant l'épidémie se concentrent sur la santé et donnent peu d'informations sur les conditions sociales des malades. Certaines recherches montrent pourtant des liens importants entre les deux ; de telles indications permettraient d'orienter les politiques sanitaires.

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Plusieurs études internationales ont montré la manière dont le Covid-19 touche plus durement certaines populations, comme les populations les plus précaires, ou les Noirs américains. Des chercheurs britanniques ont par exemple montré que les personnes d’origine asiatique et noires courraient un risque plus important de mourir du Covid-19, risque qui n’était pas seulement lié aux antécédents médicaux.

En France, il est très compliqué d’envisager de telles études, notamment car le système d’information de santé ne collecte que très peu de données sociales (logement, conditions de vie, situation familiale…) et car la collecte des données sur les origines ethniques, si elle peut être autorisée dans certains cas bien particuliers, ne peut se faire qu’après validation de la Cnil.

Il est donc délicat d’essayer d’analyser l’impact de certains facteurs sociaux face au Covid-19. Dans une tribune, des chercheurs de l’Inserm déplorent d’ailleurs le manque de «données reliant santé et contexte social».
«Les inégalités sociales pré-existantes et celles générées par la pandémie vont creuser les inégalités sociales de santé pendant et longtemps après cette crise. Aucune mesure sanitaire ni réflexion n’est en cours à ce sujet», soulignent-ils.

Des populations différemment atteintes

Certains signes montrent d’ailleurs que la maladie ne touche pas tout le monde de la même manière. Dans un article, deux chercheurs de l’Institut Convergences Migrations se penchent sur la situation particulière de la Seine-Saint-Denis, qui rassemble un nombre important d’inégalités, et figure également dans les départements ayant la plus forte surmortalité au plus fort de la crise sanitaire.

«Les caractéristiques socio-démographiques du département favorisent en effet des interprétations reliant les inégalités de classe, de genre et la migration», notent Solène Brun et Patrick Simon. Eux aussi regrettent qu’aucune information ne soit connue sur le lien à la migration des personnes décédées : «Ces données seraient précieuses pour une meilleure compréhension de l’épidémie et de ses effets, ainsi que des inégalités ethno-raciales de santé de manière générale.»

«Les territoires socialement défavorisés sont également des territoires où les indicateurs sanitaires sont peu favorables, note l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France dans une étude sur la surmortalité dans la région. Cet état de santé dégradé se caractérise par une espérance de vie plus courte, une mortalité générale et prématurée plus élevée, des taux de maladies chroniques supérieurs, autant de facteurs de risque de décéder du Covid-19 ou d’en développer une forme grave.»

Hausse de la mortalité des personnes nées à l’étranger

Parmi les données diffusées en open-data, figurent des données sur les morts, publiées par l’Insee. On y trouve le nom de chaque personne décédée en France, ainsi que ses lieu et date de naissance, et ses lieu et date de mort.

Les personnes référencées ne sont pas toutes mortes du Covid-19. Le 1er mai, le gouvernement annonçait environ 15 400 décès à l’hôpital et 9 200 décès en EHPAD et EMS, soit environ 24 600 morts en mars et avril. Le fichier publié par l’Insee comptabilise 117 000 morts en mars et en avril 2020.
Par ailleurs, le fichier diffusé par l’Insee ne répertorie pas encore tous les décès d’avril : il en manque 3700 note l’institut.

Malgré ces milliers de décès manquants, on constate une surmortalité sur la période par rapport aux années précédentes. En 2019, il est comptabilisé 103 000 morts sur la même période, contre 111 000 en 2018 et 97 000 en 2017.

A partir de ces informations, on peut calculer la part de personnes nées à l’étranger dans les morts de la période. L’analyse de ces données montre que proportionnellement, plus de personnes nées à l’étranger sont mortes en mars et avril 2020 que les années précédentes, dans l’ensemble de la France.

Chaque année, depuis 2015, environ 10% des morts enregistrées par l’Insee en mars et en avril sur l’ensemble du territoire sont nées à l’étranger. En 2020, la proportion est de 12,5%. Ces proportions sont encore plus importantes pour les décès de personnes entre 15 et 65 ans.

Ces chiffres peuvent être interprétés de manières différentes et rien ne permet en l’état actuel de privilégier une hypothèse plus qu’une autre. «S’agissant d’un nouveau virus, encore mal connu, les médecins et épidémiologistes auront besoin d’un peu de temps pour répondre de façon claire et définitive aux questions qui se posent sur l‘impact précis du Covid-19 sur la mortalité», expliquait l’Insee dans un billet de blog sur les chiffres des décès.

La différence par rapport aux années précédentes n’est pas forcément liée au Covid-19, ou uniquement au Covid-19, puisque sont envisagés l’ensemble des décès. Elle peut s’expliquer soit par une contamination plus importante au coronavirus – par les conditions de vie, ou de travail, soit par une vulnérablité plus importante au Covid-19.

En regardant localement, on voit que les personnes nées à l’étranger représentent une part plus importante des décès dans les départements d’île-de-France(1), fortement touchés par l’épidémie. La part de personnes nées à l’étranger mortes en mars-avril 2020 atteint ainsi 31% dans le Val-d’Oise, contre 20% habituellement.

Des actions sanitaires mieux ciblées

«On sait que les étrangers et les populations les moins avantagées, font des métiers plus à risques, qu’ils ont des conditions de logement moins favorables. On sait également qu’une fois infectés, ils sont plus à risque de comorbidités [des facteurs aggravant, comme l’obésité, par exemple, ndlr]. On sait tout ça par différents canaux, mais on ne peut pas avoir d’explication définitive, avec les données dont on dispose», commente Cyrille Delpierre, directeur de recherche à l’Inserm.

Pour en savoir plus en France, on pourra compter sur des études en cours sur des cohortes déjà constituées, mais cela prendra du temps, que ce soit pour la collecte des informations ou l’analyse des résultats. L’Insee a étudié également la question, au niveau des communes, montrant par exemple le lien avec la forte densité de population.

Cyrille Delpierre, directeur de recherche à l’Inserm regrette ce retard : «Si on ne collecte pas d’informations sociales, on sera incapable de s’assurer que tout le monde est pris en charge de la même façon et que le système de soins est équitable. Il y a en France un dogme de l’égalité : faire des prises en charges différentes selon des critères sociaux, ça apparaît comme un caillou dans la chaussure.»

Une meilleure compréhension des publics touchés par la maladie pourrait permettre une meilleure prise en charge, par exemple à travers des messages ciblés, ou le dépistage de certaines populations ou professions plus à risque.

En avril, Paris et le département de Seine-Saint-Denis ont par exemple lancé une campagne de communication, avec l’association Vers Paris sans SIDA, à destination des publics dont la langue maternelle n’est pas le Français, pour rappeler les règles liées à l’état d’urgence sanitaire.

Le Centre américain pour la prévention et le contrôle des maladies détaille par exemple dans une note (en anglais) ce qui peut être fait pour prévenir la contagion à différentes échelles au sein des minorités. Elle liste notamment l’importance de travailler avec les communautés localement pour l’information et la sensibilisation, la réorientation des ressources vers les établissements s’adressant aux minorités ou encore la traduction des supports de communication.
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Notes

Note 01 Des écarts importants entre 2020 et les années précédentes sont également constatés en Corse, dans le Gers ou en Côte d'Or. Accéder à l'ensemble des chiffres. Retour au texte

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