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Coronavirus

A situation exceptionnelle, missions inédites pour les agents

Publié le 24/04/2020 • Par Gaëlle Ginibrière Julie Krassovsky • dans : A la une, A la Une RH, Dossiers club RH, France, Toute l'actu RH

fab masques _La Teste de Buch
Ville de La Teste-de-Buch
Soutien aux soignants, assistance aux personnes fragiles, fabrication de masques… Face à la crise du Covid-19, les collectivités et leurs agents s’engagent en dehors de leurs périmètres habituels d’intervention.

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Manager et travailler au temps du Covid-19

Gestionnaire de l’emploi et des compétences de Vichy communauté (39 communes, 600 agents, 82 500 hab.), Carine Chatard s’est muée, depuis quelques semaines, en secrétaire médicale. Depuis son domicile, où elle assure son activité un peu au ralenti, elle organise désormais le planning des professionnels de santé de sa commune. « Au lieu d’échanger avec des candidats, je travaille en lien avec des médecins. Je contacte leurs patients pour les inscrire dans le planning de consultation. »

En effet, dès le 30 mars, l’interco a participé à la mise en place d’un centre de consultations « Covid-19 », qui a élu domicile dans un bâtiment encore inoccupé d’une clinique privée, pour accueillir des patients suspectés porteurs du virus. Sur place, l’accueil est réalisé tous les jours par une infirmière libérale et deux médecins.

Une bonne façon de soulager les cabinets de ville en y établissant une séparation des patients. « Dès le début de la crise, nous avons activé deux numéros verts. L’un a été utilisé pour notre plateforme « Vichy solidaire », l’autre pour le fonctionnement de cette « Covid room » », explique Sébastien Delamare, directeur de l’action sociale, de la santé et du pôle universitaire de la communauté d’agglo.

Réserve volontaire

Comme à Vichy, la plupart des collectivités ont, dès l’annonce des mesures de confinement, constitué une réserve d’agents municipaux sur la base du volontariat, afin d’assurer la continuité des services essentiels (lire ci-dessous).

Mais elles sont passées au stade suivant ces dernières semaines, en s’engageant dans des missions qui les mènent parfois bien loin de leurs périmètres habituels d’intervention. « Les politiques et les administratifs des collectivités ont rarement l’occasion de faire face à une telle crise et n’ont ni les compétences ni le savoir pour traiter de sujets aussi complexes avec les autorités sanitaires.

D’où l’importance de créer des synergies entre des milieux très différents », témoigne Pierre Bourriaud, le DGS de la mairie du 17arrondissement de Paris (100 agents, 168 700 hab.), qui accueille, depuis le 27 mars, un « drive-in » de dépistage du Covid-19 destiné aux soignants de la capitale.

C’est cette collaboration d’urgence qui a permis en une semaine de dresser des tentes dans la cour intérieure de la mairie, de dénicher trois laboratoires capables de fournir des tests et des professionnels de santé prêts à mener ce dépistage par roulement.

« Nous pouvions compter sur le réseau du conseil départemental des médecins de la ville de Paris, mais la coordination effectuée par la mairie avec l’agence régionale de santé s’est avérée essentielle », précisent les docteurs Marc Baillargeat et Sydney Sebban, tous deux à l’origine du projet.

A La Garenne-Colombes (503 agents, 29 200 hab., Hauts-de-Seine), les agents se sont aussi mis très tôt en ordre de marche sous l’impulsion du médiatique maire (LR) Philippe Juvin, qui est par ailleurs le chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou.

Il a notamment pris un arrêté municipal début avril pour faire réaliser le dépistage de l’ensemble des résidents et personnels des deux Ehpad de sa commune. Là aussi, il a fallu s’accorder avec un laboratoire local capable de fournir les tests et de recourir à des médecins de ville pour établir les prescriptions.

Quant au personnel soignant des établissements, en sous-effectif, il a rapidement été soutenu par le renfort de directrices de crèche. « Ce sont elles qui ont aidé au réaménagement des locaux en séparant les résidents testés positifs des autres afin de limiter la contagion », commente Laurent Montagnon, le DGS. Sous sa direction, d’autres agents communaux se sont également fortement engagés auprès de la population depuis le début du confinement.

Coopération à tous les niveaux

Cinquante-six îlotiers se partagent ainsi chacun un secteur du territoire (correspondant à 300 logements), effectuant du porte-à-porte pour prendre des nouvelles et recueillir les besoins des habitants. Des agents des écoles, du personnel d’animation, des gestionnaires du service « culture » et même quelques élus effectuent ces tournées. « Tous les jours, des situations émergent qu’il faut traiter dans la journée ou dans la semaine.

Chacun est amené à interroger sa pratique et la façon dont il s’organise d’habitude », constate Laurent Montagnon. Des petits travaux de plomberie ou de serrurerie effectués par des agents techniques de la mairie à des livraisons de courses ou de médicaments, en passant par la prise en charge de situations sociales plus complexes en collaboration avec les bénévoles de la Croix-Rouge, la coopération s’organise à tous les niveaux.

Un peu partout dans les territoires, l’action sanitaire se double d’un large volet social souvent pris en charge par des agents volontaires. A Libourne (700 agents, 24 900 hab., Gironde), une centaine d’agents de la ville prêtent main-forte à ceux du CCAS.

Fabrication et distribution de masques

Toujours en Gironde, le CCAS de la commune de La Teste-de-Buch (650 agents, 26 100 hab.) a dû revoir son organisation et scinder son équipe en deux. La première travaille les semaines paires, la seconde les semaines impaires. « Nous avons conservé un accueil téléphonique tous les jours ainsi qu’un accueil du public entre 13 heures et 15 heures pour les domiciliés et l’aide alimentaire d’urgence », détaille Laurent Cacciatore, son directeur. Pour soutenir son équipe, deux agents communaux se chargent d’appeler les personnes isolées deux fois par semaine.

Ce listing d’une centaine d’habitants, normalement activé lors du plan « canicule », sert aujourd’hui de base aux deux fonctionnaires. « Ce nombre a tendance à évoluer. Quand on appelle, les habitants nous indiquent souvent des voisins. Des familles nous demandent aussi d’y inscrire leurs parents », rapporte Mathieu Beillerot, qui tient d’ordinaire une petite agence postale éloignée du centre-ville. En parallèle de leur mission d’accueil, les agents du CCAS s’organisent pour réceptionner et effectuer des livraisons de masques en tissu confectionnés par des couturières bénévoles.

Dès le 17 mars, la collectivité s’est en effet lancée dans cette activité singulière (lire ci-dessous). Grâce aux dons d’un équipementier de voiles de bateau et d’une importante entreprise de tissu, « nous avons très rapidement organisé la fabrication et la distribution pour les aides emploi-service mais aussi, maintenant, pour les infirmières libérales, les commerçants et les caissières de grande surface. En un mois, 1 500 masques ont été fournis », indique Laurent Cacciatore.

Dans le Gard, c’est le même engouement qui anime les agents. Le département (3 200 agents), qui a mis en place le 30 mars une réserve de volontaires, a enregistré en une journée plus de 160 postulants. « L’idée est de mettre en adéquation l’offre et la demande pour mobiliser nos cadres sur le secteur caritatif et associatif », assure Virginie Paquien, la DGS. Assistance informatique, aide aux devoirs, animation dans les foyers… les demandes commencent à affluer.

D’ici à la fin du confinement, nul doute que l’engagement des collectivités devra tenir la distance.

« La démarche participera à la cohésion des équipes »

fabienne chapoutot

Fabienne Charbonnier-Chapoutot, DRH de Grand Paris Sud Est avenir (16 communes, 1 200 agents, 310 800 hab., Val-de-Marne)

« Maîtres nageurs, gardiens d’équipements sportifs, agents des médiathèques, employés administratifs ou techniciens, régisseurs au conservatoire… Cent cinquante fonctionnaires de notre établissement public territorial ont répondu à notre appel à volontaires. En effet, 363 de nos agents télétravaillent, 228 sont sur le terrain assurant des missions essentielles.

Mais en raison de personnes malades ou gardant leurs enfants, certains services sont en sous-effectifs, et nous avons fait appel aux employés d’autres services pour leur apporter du renfort. Les volontaires ont été formés par leurs collègues en poste, par téléphone ou en visioconférence, ou, parfois, par des tuilages d’une journée. Parmi les fonctions assurées : livraisons de repas aux écoles accueillant les enfants du personnel soignant, accueil téléphonique au sein du service de relation aux usagers, communication sur les réseaux sociaux…

Pour l’instant, les agents ont la tête dans le guidon, mais il est certain que cette démarche participera à la cohésion des équipes, que nous analyserons en sortie de crise. Nous envisageons de lancer une action Vis ma vie : ces expériences en seront sans doute un tremplin. »

Confection de masques artisanaux

Précurseurs dans la fabrication de masques artisanaux ou « alternatifs », désormais validés et même conseillés, faute de mieux, par le ministère de la Santé, la ville de La Teste-de-Buch, en Gironde, et son CCAS en ont, dès le début de la crise, pris en main la logistique. La récupération du tissu se fait depuis des semaines grâce à des dons d’entreprises locales.

La confection est ensuite assurée par des couturières bénévoles du territoire. Une fois fabriqués, les masques, accompagnés d’un petit guide d’utilisation, sont empaquetés par les agents communaux et du CCAS qui s’occupent de leur distribution aussi bien aux soignants libéraux qu’aux aides à domicile, particulièrement exposés. Une demande qui, dans l’éventualité d’un déconfinement progressif, ne risque pas de s’affaiblir.

« La confiance se construit face à des situations complexes »

Floriane Boulay, consultante experte associée à l’Assemblée des communautés de France

« La crise met en avant une entraide locale qui s’organise partout dans une volonté de complémentarité. La coopération entre les intercos et les communes s’avère beaucoup plus rapide, plus spontanée, moins institutionnalisée. En suivant les pratiques des collectivités, notamment dans le domaine de la cohésion sociale et de la santé, j’ai observé une grande implication des intercos dans la mise en place de centres de soins ”Covid-19”, par le prêt de locaux, mais pas seulement.

Des agents sont aussi missionnés pour coordonner ces actions, d’autres sont mobilisés parfois pour assurer le nettoyage des lieux, organiser la logistique. Ces initiatives existent dans chaque région et mettent en jeu l’importance de la relation entre l’interco et les communes.

Cette expérience va laisser des traces, spécialement dans les intercos issues de fusions récentes avec des élus qui ne se connaissaient pas très bien. Là, les circonstances créent un précédent, ce qui est une bonne chose. Car, sur le plan humain, la confiance se construit aussi en faisant face à des situations complexes. »

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