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[EDITO] FONCTION PUBLIQUE
L’Etat, un manager low cost
Romain Mazon | France | Toute l'actu RH | Publié le 17/04/2020 | Mis à jour le 18/04/2020

Le président de la République et les ministres couvrent de louanges les fonctionnaires des trois versants mais peinent à leur accorder les mêmes avantages qu'aux salariés du secteur privé. Cela se traduit par des tergiversations sur le jour de carence ou la prime. L'Etat employeur se révèle mesquin et tatillon.

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Déjà, en temps normal, l’employeur qu’est l’Etat s’autorise des pratiques qu’il limite, avec sa casquette de législateur, pour les entreprises du secteur privé. Ainsi du gel du point d’indice, annoncée pour la durée du quinquennat d’Emmanuel Macron ou, déjà avant, entre 2010 et 2016. Tout bon manager sait à quel point une telle mesure, durable, est délétère pour la motivation des salariés.

Tergiversations

Mais justement, ces temps de crise montrent aussi à quel point l’Etat n’est pas un bon manager pour ses agents ou ceux des collectivités locales, qui dépendent largement de ses décisions. Et ce, quand bien même les ministres et le président de la République (encore le 13 avril) les couvrent de louanges. Souvenons-nous, il y a trois semaines, des tergiversations gouvernementales pour accepter la suspension du jour de carence dans la fonction publique, à l’instar du secteur privé. Si l’Etat-patron avait voulu sous-entendre qu’il se méfiait de ses troupes, il ne s’y serait pas pris autrement.

Orthodoxie budgétaire

L’affaire de la prime relève des mêmes lenteurs et insuffisances. Alors que le président de la République la déclenche pour les salariés du privé dès le début de la crise, elle fait l’objet de longues discussions byzantines pour sa déclinaison dans le secteur public. Et si Olivier Dussopt, le secrétaire d’Etat, l’annonce (enfin !) dans nos colonnes [2], il reconnaît également que « l’Etat doit poursuivre l’amélioration de ses politiques en matière de ressources humaines ». On ne saurait mieux dire.

Car, alors qu’il a abandonné toute orthodoxie budgétaire afin de répondre à l’immense défi que constitue la crise pour l’économie du pays, et mobiliser l’énergie des entreprises et salariés du privé, il conserve des réflexes d’employeur tatillon et mesquin envers les agents publics.

Heureusement pour nous, enquête après enquête, les agents publics dans leur ensemble déclarent ne pas placer la rémunération comme premier moteur de leur engagement. Mais quand même… Présents, jour après jour, « en première ligne », selon les mots d’Emmanuel Macron, les fonctionnaires méritent mieux.

REFERENCES


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