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[Interview] Démocratie

« La politique va revenir dans le jeu de la société »

Publié le 22/04/2020 • Par Pablo Aiquel • dans : France

Jean-Viard
C. Almodovar / La Gazette
Les propositions de Jean Viard dans son dernier ouvrage s’avèrent pertinentes pour la sortie de la « crise planétaire et en même temps intime » du Covid-19. Des analyses et des réflexions qui préparent les réponses de demain.

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Publié en janvier aux Editions de l’Aube, peu de temps avant le début de la crise du coronavirus, « Le Sacre de la terre », dernier ouvrage du sociologue et éditeur Jean Viard, installé dans la campagne provençale, est une compilation de cinq ouvrages, remis à jour.

Les propositions de Jean Viard pour refonder un contrat « agriculteurs-société », la « Lettre aux paysans et aux autres sur un monde durable » et des « pistes pour l’avenir » s’avèrent pertinentes et utiles pour la sortie de cette « crise planétaire et en même temps intime », que le sociologue considère historique et comparable à Mai 68, ainsi qu’aux changements qui s’ensuivirent. Des analyses et des réflexions qui préparent les réponses de demain.

Que nous disent cette expérience collective de confinement et le retour en province de tous ceux qui le pouvaient ?

Toutes les élites quittent les villes en période de crise, les dernières grandes migrations ont eu lieu en 1968 et en 1981, lors de l’élection de François Mitterrand. Cela n’est pas nouveau. Aujourd’hui, deux aspects majeurs constituent celle que nous traversons. Il s’agit d’une crise intime – nous la vivons dans nos moments les plus privés, confinés avec nos proches –, mais aussi planétaire.

Pour la première fois, nous faisons front à une guerre où l’on ne tue pas. Pour la première fois, l’humanité s’unit pour éviter des victimes. C’est un événement historique important – tout dépendra, toutefois, de ce que l’on en fera -, qui va nous marquer tous personnellement. Cela va modifier la hiérarchie des valeurs et redéfinir les quatre besoins souverains : se nourrir, se soigner, s’éduquer, se protéger. Soit l’Europe le fait, soit elle est morte.

Sur le local, quel rôle vont jouer, demain, les collectivités ?

Depuis trente ans, nous avons d’abord été des consommateurs, un peu des individus et, de moins en moins, des citoyens. Là, je pense que nous sommes en train de redevenir des citoyens. Le bénévolat reprend des couleurs, les gens désirent aider, sauver les autres. La politique va revenir dans le jeu de la société.

Mais à quel niveau ? Nos cartes politiques sont très largement obsolètes. On a placé la technostructure au-dessus de la démocratie. La métropole, les communautés de communes, au-dessus de la commune. Ce modèle va faire mal. Aujourd’hui, une opportunité est à saisir. Les citoyens veulent du local, pas du communal. Ils demandent de la solidarité. Pensons le retour à la démocratie cantonale, laissons aux communes le rôle des mairies d’arrondissement et élisons des « maires de canton ». Des compétences existent dans les intercommunalités, mais il faut redonner les choix à la démocratie.

La société rurale est en lambeaux, mais elle doit être préservée. Comment faire ?

Le monde des fermes est devenu un archipel, entouré de lotissements. Aujourd’hui, on compte 16 millions de maisons avec jardin pour 500 000 fermes, là où s’étendait un territoire agricole homogène, avec des artisans, des bourgs, des services et des paysans tenant le sol. Fort heureusement, ces derniers ont gardé « l’esprit des lieux », tout comme les habitants de certaines petites villes. Et que dire des 62 000 ronds-points… une catastrophe culturelle.

Sauvons ce qu’il reste, cela a une valeur. Pourquoi un vignoble ou une plantation fonctionne ici et pas là ? Certes, il y a le soleil, la terre, la pluie, mais aussi cet esprit des lieux. Il faut protéger les cultures locales ou les réactualiser. Les paysans sont la nouvelle fierté d’être dans cette révolution écologique, il faut sauver leur sol. Si nous développons de grands projets politiques, les gens vont suivre, sinon ils vont devenir méchants.

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