Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club prévention sécurité

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club prévention sécurité

Crise sanitaire

« Les opérateurs funéraires veulent être mieux considérés dans la chaîne sanitaire »

Publié le 07/04/2020 • Par Hervé Jouanneau • dans : Actu prévention sécurité, France

Patrick LEROGNON (web)
UPFP
Alors que la surmortalité liée au coronavirus atteint des chiffres inégalés, les opérateurs funéraires se disent en capacité de faire face au pic d'activité. Dans un entretien à la Gazette, Patrick Lerognon, secrétaire général de l'Union du pôle funéraire public (UPFP), qui réunit les opérateurs publics, se satisfait des nouvelles règles prises pour faciliter le travail des professionnels mais interpelle l'Etat sur leur manque de protection face à l'épidémie.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

La surmortalité occasionnée par l’épidémie du Covid 19 est sans précédent. Les opérateurs funéraires parviennent-ils à faire face ?

La surmortalité frappe les territoires fortement impactés par l’épidémie, particulièrement dans l’est du pays et en région parisienne. Nous estimons que l’activité funéraire est multipliée par deux dans l’est et a augmenté de 30% en région parisienne. Cependant, beaucoup de secteurs sont à ce jour épargnés, gageons que le confinement de la population puisse faire durer ce constat.

Malheureusement, après trois semaines de crise sanitaire, nous déplorons une méconnaissance de nos activités par les pouvoirs publics et leur propension à ne pas nous considérer dans la chaîne sanitaire. Les professionnels continuent à rencontrer de grandes difficultés à s’approvisionner en équipements de protection (gel hydroalcoolique , gants, masques…) car la profession n’est pas classée au rang des acteurs prioritaires.

C’est pourquoi nous demandons à l’Etat de classer les opérateurs funéraires parmi les acteurs professionnels prioritaires pour bénéficier de masques et de dépistages.

L’Espagne a été contrainte de réquisitionner une patinoire pour entreposer les cercueils. La France va-t-elle devoir faire pareil ?

La France pourrait être confrontée à la même situation si la mortalité augmentait considérablement sur des pics d’activité. Les équipements sont au nombre d’une activité « normale ». Ils ne seraient pas en nombre suffisant pour faire face à des pics au-delà de 25% d’activité supplémentaire. Les crématoriums pâtissent du confinement en ce qu’ils  nécessitent des interventions pour entretien, les opérateurs de maintenance sont très peu nombreux et ont de plus en plus de difficultés à intervenir en raison de la multiplication des interventions, ou encore, l’absence d’hébergement et de restauration pour les équipes de maintenance.

La crise a bouleversé en profondeur le droit funéraire. Plusieurs décrets sont parus en quelques jours pour permettre aux opérateurs de s’adapter à ces circonstances exceptionnelles. Ces mesures vous satisfont-elles ?

Absolument. Plusieurs mesures ont été rapidement prises pour protéger les populations et les professionnels, la limitation du nombre de participants à des cérémonies, les mesures de salubrité imposant la mise en bière immédiate pour les défunts porteurs du Convid-19 ou supposés. La suppression des soins de conservation pour tout défunt considérant que des tests de dépistage ne sont pas systématiquement réalisés, tout défunt est potentiellement porteur du virus. A signaler également : l’interdiction de la pratique des toilettes rituelles.

Quelle a été l’impulsion des professionnels dans la production de ces textes ?

Le Haut conseil de la santé publique, après avoir émis des recommandations très strictes protectrices pour les opérateurs funéraires le 28 février 2020, a assoupli dans une recommandation datée du 24 mars ses préconisations initiales, à savoir pas de nécessité de mise en bière immédiate, possibilité de pratiquer les toilettes rituelles. Ces recommandations ont été prises alors que les experts réaffirmaient la dangerosité du virus, reconnaissaient sa présence sur les défunts, et recommandaient un maximum de protection pour les salariés qui de fait continuaient à être fortement exposés.

Les trois principales fédérations représentant les acteurs privés et publics sont intervenus auprès du Premier Ministre afin de revenir sur les recommandations initiales. La voix des professionnels a été entendue. Le décret du 1er avril 2020 réintroduit la nécessité de procéder à la mise en bière immédiate des défunts porteurs ou supposés du covid-19.

Les maires sont appelés à fluidifier autant que possible les obligations administratives et notamment les certificats liés aux décès. Avez-vous été alerté sur des difficultés ?

Les services municipaux sont appelés de la même façon à devoir protéger leurs agents. Il en a résulté des réductions d’effectifs, les mesures d’allègement des procédures administratives prises par le pouvoir règlementaire permettent une meilleure prise en charge de l’activité. Cela va dans le bon sens.

Faut-il selon vous inciter les familles à privilégier la crémation ?

Non, cette épidémie ne doit en aucun cas favoriser telle ou telle pratique. Rappelons que c’est la volonté du défunt qui prime et non celle de la famille ou des circonstances du moment. La famille doit exprimer la volonté du défunt dans le cas où celui-ci ne l’aurait pas exprimée par écrit.

Sujet sensible pour la population, l’organisation des obsèques est réduite à son minimum (rassemblement interdit, distanciation des personnes…).  Ces nouvelles dispositions soulèvent-elles des difficultés pour les professionnels ?

Matériellement non. Elles permettent même une meilleure fluidité pour l’organisation des funérailles en période de forte activité. Toutefois notre métier consiste avant tout à accompagner les familles dans leur deuil et faciliter leur parcours. Les professionnels sont en ce sens désabusés et désolés de ne pouvoir exercer  leur métier au travers d’un accompagnement personnalisé et adapté.

Au lendemain de la canicule d’août 2003, une réflexion nationale avait été conduite sur la gestion des décès massifs. Les leçons ont-elles été tirées ?

Sans doute sur certains points : le recensement des équipements, la prise de conscience des problématiques réglementaires qui ont permis d’assouplir rapidement les démarches administratives. En revanche, elles n’ont pas du tout été tirées pour ce qui est de la protection des professionnels.

A vos yeux, quel impact aura cette crise sur le secteur funéraire à moyen et long terme ?

Le pôle funéraire public espère vivement que les collectivités confrontées à cette crise sauront identifier dans la chaîne sanitaire le rôle important que représentent les services funéraires. Puissent ces collectivités être en capacité de comprendre le rôle qu’elles doivent avoir dans ce processus, ainsi les élus devront, comme on l’a toujours dit, considérer que le funéraire c’est leur affaire et ainsi devront absolument se saisir de cette compétence qui est la leur. Soit par l’exercice direct de cette mission, soit à minima par délégation. Peu de collectivités se sont saisies de cette compétence la laissant aux mains des seuls acteurs privés sans que la collectivité exerce le moindre contrôle.

L’Etat devrait également réfléchir à reconsidérer cette compétence en donnant aux départements voire aux régions la possibilité d’exercer une véritable stratégie funéraire à l’aune d’un territoire plus élargi favorisant une organisation mutualisée et des synergies. Quant aux professionnels, ils doivent comprendre qu’au-delà de leur rivalités, ils exercent avant tout une mission de service public d’importance. Ils doivent être capables, comme cela a été fait, de se mobiliser voire de mutualiser leurs compétences et ressources et de s’y préparer en amont des crises.

Thèmes abordés

Réagir à cet article Vous avez une question ? Posez-la à notre juriste

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Aujourd'hui sur le Club prévention-sécurité

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

« Les opérateurs funéraires veulent être mieux considérés dans la chaîne sanitaire »

Votre e-mail ne sera pas publié

Club prévention sécurité

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement