Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club finances

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club finances

Crise sanitaire

Thomas Porcher : « Les propos de Sébastien Lecornu sont scandaleux en pleine crise sanitaire »

Publié le 02/04/2020 • Par Romain Gaspar • dans : A la une, A la Une finances, Actualité Club finances, France

thomas-porcher
fabien calcavechia
Suite à l'interview dans nos colonnes du ministre des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, la figure médiatique du collectif « Les Économistes atterrés », Thomas Porcher dénonce les "probables coupes budgétaires à venir" sur les collectivités après la crise.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Les mesures économiques d’urgence financées par l’Etat et les collectivités se multiplient ces derniers jours. Pourtant le ministre des collectivités locales, Sébastien Lecornu, rappelle dans une interview à la Gazette « qu’il n’y a pas d’argent magique » et que « tout le monde devra faire des efforts ». Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Ces propos de Sébastien Lecornu sont scandaleux en pleine crise sanitaire. Il ne faut pas oublier que cette expression « il n’y a pas d’argent magique » a été prononcée quelques mois avant par Emmanuel Macron a une infirmière qui l’interpellait sur le manque de moyens à l’hôpital. En fait notre ministre des collectivités locales, comme Macron et une partie des hauts fonctionnaires, traite les collectivités locales avec dédain. Elles sont perçues comme des gaspilleurs d’argent public. Donc le message est clair, après la crise, les coupes sur les collectivités territoriales seront encore plus fortes.

En quoi cette rhétorique « austéritaire » est-elle dangereuse ?

Depuis les coupes appliquées sous le quinquennat Hollande, l’investissement dans les collectivités locales n’a jamais autant chuté depuis la seconde guerre mondiale. Il faut arrêter de penser que les économies n’ont pas d’impacts concrets sur des vies humaines. La logique austéritaire sur les collectivités locales amène une dégradation des services publics locaux comme les bibliothèques, les transports urbains, les crèches, les écoles ou les services de nettoyage. Dans les zones rurales ou très petites villes, elle accélère la fermeture des services publics. Tout cela impacte directement des populations.

Craignez-vous une baisse des ressources des collectivités et un recul des services publics locaux après l’urgence sanitaire ?

Compte tenu de la grille de lecture idéologique de nos dirigeants, j’ai bien peur qu’ils nous refassent l’après crise de 2008 en accusant les populations de vivre au dessus de leurs moyens ou d’avoir trop de protections. Les économies sur les collectivités territoriales n’avaient qu’un seul but réduire le déficit public. Rappelons que dans son programme Emmanuel Macron voulait supprimer 70000 postes de fonctionnaires dans les collectivités locales dont les ¾ sont des catégories C. J’ai bien peur qu’après la crise du Covid-19, ce gouvernement prépare un véritable carnage.

Ne faut-il pas profiter des comptes assainis des collectivités pour leur demander des efforts et pour pouvoir soutenir les entreprises ?

Il n’y a rien de plus bête que de demander des efforts budgétaires supplémentaires en période de crise. Cela accroît même la crise. Il faut plutôt faire l’inverse. Mais j’ai bien peur qu’avec les compétences de ceux qui nous gouvernent, on nous refasse le même scénario qu’après la crise de 2008 qui a consisté à vouloir réduire trop rapidement le déficit public pendant que les Etats-Unis faisait l’inverse. Le résultat a été que la France a mis huit ans a retrouver son niveau de PIB d’avant crise lorsque les Etats-Unis ont mis trois ans. Il y a encore des territoires en France qui pâtissent de cette politique et dont les habitants sont plus pauvres qu’il y a 10 ans.

Les collectivités se mobilisent à travers de nombreuses initiatives. Quel est le (nouveau) rôle des acteurs publics et notamment des pouvoirs locaux dans cette période de crise que nous traversons ?

Je pense que les élus locaux font comme ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. Il ne faut pas cesser de rappeler pendant cette crise que les premières personnes mobilisées sont les personnels soignants, de l’éducation, de l’animation, de l’entretien, les aides à domicile… Ces gens dont on a mis en cause pendant des années leur utilité, les assimilant souvent à du gaspillage d’argent, sont aujourd’hui en première ligne. Macron rêvait de jeunes qui voulaient être millionnaires et de start-up nation, aujourd’hui les gens en première ligne face à la crise sont à mille lieues de ça. S’il ne s’en souvient pas, il faudra que les français lui rappellent.

Cet article est en relation avec le dossier

6 Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Transition énergétique : comment Primagaz accompagne les collectivités locales

de PRIMAGAZ

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur le Club finances

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Thomas Porcher : « Les propos de Sébastien Lecornu sont scandaleux en pleine crise sanitaire »

Votre e-mail ne sera pas publié

Olympe

02/04/2020 05h29

Le gouvernement ne comprend donc toujours pas de quoi on parle lorsque les français demandent de meilleurs services publics, et pasavec des postes informatiques, avec des êtres humains ! Il cherche déjà le moyen de faire payer les autres fonctions publiques notamment les collectivités territoriales, qui elles n’ont que des pouvoirs de décision limités. Que l’Etat fasse d’abord le ménage dans ses ministères, il trouvera certainement des postes grassement payés qui n’ont très certainement qu’une utilité publique très limitée. A bon entendeur !

Henri Tanson

03/04/2020 07h21

Les propos de Thomas Porcher… sont scandaleux !
Il n’a pas un mot pour l’Union européenne ; pourtant, toute notre politique économique est déterminée par la doctrine monétaire européenne, par les traités, et par les injonctions régulières de la Commission européenne.
Pas un mot pour notre monnaie, l’euro, qui nous coûte (parce que l’euro est trop cher pour la France) 80 milliards de déficit commercial par an…
Quand l’Etat n’a plus d’argent, il n’en donne plus aux collectivités territoriales, il réduit les moyens des services publics comme peau de chagrin…
Thomas Porcher, réveille-toi !

Atika

03/04/2020 08h58

On voit bien à travers cette crise que nos services publics sont mis à mal : manque de moyens dans les hôpitaux – fractures numériques : des enfants ne peuvent pas suivre les cours. Il nous faut des services publics avec des moyens ! Puisqu’on est en guerre comment expliquer que les fonctionnaires soient au front avec des balles en plastique !!

Libra 26

03/04/2020 11h04

Oui effectivement, les collectivités territoriales, et ses agents sont le dernier réservoir où il tenteront probablement de puiser.
Après l’appauvrissement de la filière hospitalière, dont on voit les conséquences tragiques, on va serrer encore un peu plus la vis du côté territorial.
Depuis mon confinement, au début, naïvement, j’ai rêvé d’un autre monde…
Avec de la solidarité, de la gestion intelligente et réaliste du plan de vue « services aux administrés », du « vivre ensemble »
La fin des privilèges de certains….
la fin des tableaux excel inhumains…

Mais ce n’était qu’un rêve……

HERMES

03/04/2020 11h53

Je viens de lire les propos de Olympe, Atika et enfin de Henri Tanson. Pour ce dernier (avec lequel je ne suis pas d’accord de faire remonter tous nos maux à l’Union Européenne – n’oublions pas que ce sont les dirigeants des pays qui prennent les décisions les plus importantes), je retrouve les propos auxquels j’ai souvent répondu.

Quant à Thomas Porcher, je ne doute pas de ses compétences en tant qu’économiste, compétences que je n’ai pas. Mais je trouve ses propos très durs et très orientés.
Dire que les collectivités devront prendre leur part dans cette crise est une évidence pour ceux qui ont entendu parler des DMTO: les ventes de biens immobiliers ne peuvent pas se faire durant la crise. Cela va donc impacter directement les recettes des Départements. Il en va de même pour les Régions qui perçoivent de droit une partie de la TVA. Pour les communes, elles vont être concernées par la diminution des montants liés à la remplaçante de la taxe professionnelle.
Il est donc plus que probable que l’Etat ne va pas compenser ces recettes des collectivités!

Quant à faire des économies, il est toujours plus facile de le demander aux autres, sans rien changer pour ce qui nous concerne. C’est oublier un peu vite que nous sommes tous sur le même bateau et qu’il n’y a pas de contribuables au niveau local qui ne sont pas aussi des contribuables au niveau national!
C’est comme un gâteau que l’on partage entre amis: si on est trop nombreux, les parts sont plus petites ou alors on a les moyens d’acheter un second gâteau et les parts sont plus importantes. Mais pour acheter deux gâteaux au lieu d’un encore faut-il en avoir les moyens. Pour ma part, je ne connais pas de pâtissier acceptant de faire crédit.

En conclusion je dirai que bien entendu il faut des moyens pour que l’Etat et les collectivités locales puissent exercer leurs missions. Mais il faut aussi s’interroger sur la nature des missions à porter. Sur ce point la crise que nous traversons devrait nous permettre de réfléchir (nous manquons de masques parce que depuis environ dix ans nous avons estimé qu’il n’était pas stratégique de disposer de ces masques).
Dire que l’on aura l’argent pour mener toutes les actions est à mes yeux mensonger. Il faudra choisir.

Mais la question se pose également pour les recettes. Depuis au moins trente ans nous passons d’un fiscalité directe à une fiscalité indirecte plus importante. Pour cela nous concentrons les prélèvements directs sur une population de plus en plus restreinte. Or il est bien connu qu’un impôt peut avoir un taux faible avec une base large et un taux important avec une base faible. Tel est le cas pour l’impôt sur le revenu, la CSG pour certains placements de type immobilier, pour lesquels les taux sont importants pour la seule part de la population concernée. L’immobilier étant un sujet que je connais bien, je peux vous dire que les prélèvements obligatoires représentent en ce qui me concerne aux alentours de 75% à 80% du montant des loyers – ce n’est pas avec le reste que la banque va me prêter de l’argent pour de lourds travaux.
Mais tout le monde est concerné par les différentes taxes dont les plus connues sont celles sur les carburants (plus de 60% du prix des carburants) et la TVA avec un taux qui est passé de 17,8% à 20% en quelques années). Si on poursuit en ce sens, nous ne paierons plus les produits que nous achetons: nous nous acquitterons seulement des taxes!

Pour terminer, je serai curieux de savoir quelle population trouve aujourd’hui qu’elle ne paye pas suffisamment de taxes ou d’impôts?

Henri Tanson

03/04/2020 03h30

Pour répondre à Hermès : il est facile de dire qu’on n’est pas d’accord avec les critiques que je formule sur l’Union européenne. Sans argumenter.
Si vous niez le fait, c’est que vous n’êtes pas au courant du rôle réel de l’Union européenne dans notre politique économique.
Je ne dis pas que tous nos maux ont leur origine dans notre appartenance à l’UE ; mais pas loin !
En effet, qu’est-ce qui reste, une fois que l’on a enlevé tout ce qui relève de l’économie ?
Pas grand chose.
Il ne vous a pas échappé que nous dépendons d’une monnaie que nous ne maîtrisons pas : l’euro.
A partir de là, c’est la BCE qui nous donne notre feuille de route. Et la commission européenne qui dit le reste.
Le CEP, groupe allemand d’économistes, a fait le bilan de l’euro, après 20 ans d’exercice ; il a déterminé que cette monnaie avait coûté en manque à gagner, 56.000€ à chaque Français…
Le FMI a reconnu qu’à cause de cette monnaie, nous avions un différentiel défavorable de 25 à 30% avec l’Allemagne. (Thomas Porcher l’évoque aussi).
A cause de la cherté de l’euro, nous déplorons 80 milliards de déficit commercial chaque année.
Alors ?
Vos arguments ?

Commenter
Club finances

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement