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Elus

Maires supérieurs

Publié le 31/03/2020 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Chaban 3
Wikipedia
Dans «Les sentinelles de la République», aux éditions du Cerf, l'élève administrateur territorial Jean Victor Roux revient sur les figures tutélaires des grandes villes, de Jacques Chaban-Delmas à Pierre Mauroy. Une galerie de portraits aussi subtile que truculente.

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Surtout ne pas se fier au titre du livre de Jean-Victor Roux. Les sentinelles de la République, aux Editions du Cerf, ne constituent pas un énième hommage aux maires de France. Aucun panégyrique, ici, des fantassins de la Nation qui retissent le lien social dans l’ombre.

Les personnages de la galerie de portraits du jeune élève administrateur territorial de la promotion George Sand sont, avant tout, des grands féodaux. Les vestiges d’une époque révolue. Maires de leur ville pendant des lustres, Gaston Defferre (PS) à Marseille, Jacques Chaban-Delmas (RPR) à Bordeaux (en photo), Pierre Mauroy (PS) à Lille, Jacques Médecin (Divers droite) à Nice, Jacques Chirac (RPR) à Paris et Georges Frêche (PS) à Montpellier concentrent tous les pouvoirs.

Poigne de fer

Chacun, à sa façon, est un baron. Du côté de Montpellier, Georges Frêche se prend pour un prince de Florence. L’architecte de la renaissance de sa cité se garde de nommer un adjoint à la communication. Fort du slogan « Montpellier la surdouée », imaginé par son publicitaire Daniel Boulet, il a la haute main sur ce qu’on n’appelle pas encore le marketing territorial.

A Nice, Jacques Médecin fonde une association des amis du maire dédiée à sa gloire. Entre 1982 et 1989, le budget de la communication de la Cité des Anges passe de 6 à 77 millions de francs, celui de l’amicale des fêtes de 13 à 73 millions.

Gaston Defferre n’est pas en reste à Marseille. Il contrôle d’une poigne de fer les 50 000 emplois qui dépendent de la municipalité et de ses satellites (Hôpitaux, port autonome…). Jacques Chirac, dans la capitale, exerce aussi un règne sans partage. Le budget d’un maire d’arrondissement équivaut à 12 francs par an et par habitant, contre 15 000 pour le premier magistrat de Paris.

Opération de charme

Mais les électeurs en redemandent. Car ces barons font littéralement corps avec leur population. Ils incarnent leur ville. C’est là que réside toute la force du livre de Jean-Victor Roux. Avec une finesse teintée d’ironie, l’auteur décode la relation si singulière qui unit ces grands élus à leur commune.

L’entreprise de charme de Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux y occupe une place de choix. Le libérateur de Paris, incarné par Alain Delon dans le film « Paris brûle-t-il ? », était totalement étranger à la ville qu’il a dirigée durant près d’un demi-siècle (1947-1995). Mais il s’est imposé comme le digne successeur des ducs d’Aquitaine. La « rencontre entre un jeune maire et la vieille cité » a eu lieu, selon le mot de l’écrivain du cru François Mauriac. Comme Macron aujourd’hui, Chaban n’a pas d’idées très établies. Mais cet être hybride, moitié rad-soc’, moitié gaulliste, séduirait une chaise…

L’impossible monsieur Médecin

Jacques Médecin joue sur un registre différent. « Le maire de Nice n’a pas à se forcer pour tourner à son avantage un sens du contact éprouvé auprès des commerçants du cours Saleya, cher à Romain Gary, là où, dans une ambiance toute Méditerranéenne, l’algarade se mêle a l’embrassade au point qu’on peine parfois à distinguer l’effusion de l’altercation, l’une n’excluant d’ailleurs pas l’autre », écrit Jean-Victor Roux.

Le portrait, haut en couleur, de Médecin est sans doute la plus belle réussite du livre. Sans rien masquer des turpitudes du très droitier premier magistrat de Nice, exilé en Uruguay pour échapper à la justice, Jean-Victor Roux se délecte du parcours de cet aventurier de la politique.

Le conseil municipal est son grand théâtre. « Le maire interrompt ses opposants, se lance invariablement dans des tirades enflammées qui promettent de les envoyer à Moscou », écrit Roux. Médecin a trois idées à la minute. Un jour, il veut regrouper les filles de joie dans un vaste bordel. Le lendemain, il promeut sa propre radio. La légende veut que, lors de ses obsèques en 1998, même les communistes étaient en pleurs. Sa photo orne encore le bureau de bien des employés municipaux.

Le souvenir de l’ancien premier magistrat reste tout aussi vif à Lille. A défaut d’avoir changé la vie quand il occupait l’hôtel Matignon entre 1981 et 1984, Pierre Mauroy a changé la ville. Après le déclin de l’industrie locale, il a doté Lille d’une turbine tertiaire, Euralille, le troisième centre d’affaires de France, derrière La Défense et La Part Dieu à Lyon. Le père du tunnel sous la Manche a placé sa métropole au cœur du triangle d’or européen Paris/Londres/Bruxelles.

Un monde englouti

Gaston Defferre n’a pas eu cette vista. Son « grand programme de petits travaux » n’a pas permis à Marseille de devenir la Barcelone française. Sa politique de fermeture à l’égard des villes voisines rivales communistes l’a empêché de prendre le train de la métropolisation.

Mais Gaston Defferre demeure la figure tutélaire de la cité phocéenne. Un édile comme on n’en fait plus. Les grands maires appartiennent au passé, déplore Jean-Victor Roux dans Les sentinelles de la République. La faute aux coupes drastiques dans les dotations accordées par l’Etat aux communes et aux métropoles qui siphonnent les compétences communales. La faute aussi à la standardisation de l’action publique locale et à la novlangue techno-managériale qui envahit tout…

Jean-Claude Gaudin, plus truculent que jamais, confie à Jean-Victor Roux : « Vous comprenez, jeune homme, on ne peut plus rien faire ! Maintenant ce sont des contrôles incessants : la légalité, la chambre régionale des comptes de Marseille, la Cour des comptes de Paris et en plus on a trouvé le moyen de nous inventer le Parquet national financier. Et interdiction de se défendre dans la capitale : plus de cumul des mandats. En province, vous avez l’écharpe, vous avez le bel édifice. Mais si vous voulez voir un ministre, on vous change trois fois le rendez-vous et vous n’avez rien ! »

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