Coronavirus

« A Roannaise de l’eau, 21 personnes sont sur le terrain »

| Mis à jour le 01/04/2020
Par • Club : Club Techni.Cités

Pascal Petit prenant la parole (à droite sur la photo).

@C.P.

Au cours de cette semaine, la rédaction de Techni.Cités vous propose des témoignages d’ingénieurs des services techniques, qui sont sur le terrain pour organiser la continuité des services dans les collectivités. Directeur de service technique, d’un syndicat d’eau, de déchet, de voirie, d’espaces verts, animateur de cellule de crise ont répondu présent pour raconter leur quotidien par temps de crise. Aujourd'hui, rendez-vous avec Pascal Petit, directeur technique du syndicat mixte Roannaise de l'eau (42 communes).

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Les responsables des services techniques au coeur de la crise sanitaire

La première semaine

« Avant même le début de la crise sanitaire, nous avons revu notre PCA. Celui-ci datait de la grippe aviaire. Dès le 5 mars, nous l’avons donc mis à jour pour l’adapter au coronavirus. Nous avions constaté que certains pays étaient confinés, nous avons donc anticipé pour savoir précisément de combien de personnes on allait avoir besoin. Auparavant, 50% des managers étaient présents par exemple. Il s’avère que c’est trop. Seules 4 personnes sont présentes désormais : la direction générale et les responsables des différents pôles. Le lundi suivant [NDLR : veille de l’application du confinement], nous nous sommes réunis et avons décidé de la mise en place de ce PCA.

Cent dix personnes travaillent à Roannaise de l’eau. Nous avons donc identifié les 10 services dont on pouvait ne pas poursuivre l’activité ou qui pouvaient fonctionner autrement : celui sur les milieux aquatiques, le bureau d’études, etc. Nous avons aussi arrêté tous les chantiers. 48% des effectifs sont en télétravail (bureau d’études, service clientèle…) et un tiers est absent (personnes à risque, gardes d’enfants, malades…). On a évidemment conservé la distribution d’eau potable, qui nécessite trois personnes minimum.

Aujourd’hui, 21 personnes sont sur le terrain, avec un roulement tous les 15 jours. Sur ces 21 personnes, 5 sont d’astreinte (toujours les mêmes, elles restent chez elles et interviennent si besoin), 7 en usine (dans les stations d’épuration par exemple), deux sont chargées des analyses et des injections dans le réseau, deux sont au siège (dont moi) et 7 personnes suivent les réseaux et interviennent en cas de fuites, d’urgences… Nous avons aussi réorganisé nos sites. Un d’entre eux, par exemple, accueillent habituellement 8 personnes. Il n’y en a plus que 4 aujourd’hui.

Le plus compliqué a été de mettre en pratique ce PCA. Que tout le monde ait des accès VPN pour le télétravail par exemple. Notre service DSI a été très sollicité. Il fallait aussi que les hommes de terrain aient rapidement les autorisations de circuler, de travailler… On s’est aussi arrangé pour n’avoir qu’une seule personne présente dans un bureau.

La première semaine s’est bien déroulée : on a eu la chance de ne pas avoir de gros soucis, il y a eu zéro casse. On a supprimé toutes les opérations de maintenance préventive. On vient de planifier les interventions de la deuxième quinzaine d’avril en mode dégradé. On saurait faire face en cas de soucis. On avait des craintes sur la livraison de fournitures des réactifs mais cela s’est bien passé. Nous avons en revanche une pompe endommagée que nous devons remplacer. J’espère qu’on pourra l’avoir.

Concernant les précautions, on a quelques masques. Mais on fait surtout en sorte que les personnes qui interviennent sur les réseaux ne croisent personne. Si des agents doivent intervenir chez des particuliers, il faut respecter les gestes barrières. En tout cas, on espère ne pas avoir trop d’absences (maladies, gardes d’enfants…). Si les 7 électro-mécaniciens tombent malades, ce sera compliqué.

Deuxième semaine

« La semaine écoulée s’est bien passée, nous n’avons pas eu de gros soucis sur le réseau. Le climat est  sec, le réseau d’assainissement n’est donc pas impacté. Mais depuis que nous savons que le confinement va durer plus longtemps, nous prévoyons quelques interventions sur des petites fuites que nous avons détectées. Il faut éviter que cela s’aggrave. Nous faisons appel à nos sous-traitants et nos agents. Les équipes fonctionnent par deux mais ils partent chacun avec une voiture pour éviter d’être trop proches. J’avais aussi quelques appréhensions concernant la livraison de réactifs mais j’ai été rassuré. Je sais que, ailleurs, certains fournisseurs ont cessé de travailler ou augmentent leurs tarifs. Ce n’est pas notre cas. Nous avons aujourd’hui une capacité de 3 à 4 semaines au niveau des fournitures.

Concernant l’organisation de l’équipe, nous avons entamé la première rotation des équipes. Je suis en télétravail désormais. Les équipes présentes sur le terrain rentrent chez elles, se mettent en réserve et sont remplacées. On a atteint une vitesse de croisière.

Nous faisons attention au moral des équipes, les responsables de service appellent régulièrement leurs agents pour prendre des nouvelles. Certains techniciens ont du mal avec le confinement, ce sont souvent des personnes très actives. On fait en sorte de les mettre dans les équipes de rotation. On se permet également de reprogrammer certaines actions, par exemple sur les milieux aquatiques. Il n’y a pas de risque, les mesures de précaution sont respectées car le technicien est souvent seul dans la nature quand il intervient.

J’ai vu que certains territoires avaient été confrontés à une recrudescence de rejets de lingettes dans les réseaux. Ce n’est pas notre cas mais il faudra y prêter attention lors des prochaines pluies. Constatant ce qu’il se passait ailleurs, nous avons publié un message d’alerte dans la presse locale et sur notre site internet.

Pour conclure, nous essayons aussi de préparer une reprise d’activité mais ce n’est pas évident car les discours sont contradictoires : il faut continuer à travailler tout en respectant le confinement. »

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