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Disparition

Patrick Devedjian, le Don Quichotte des libertés locales

Publié le 29/03/2020 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

Devedjian-Patrick-senat
Valerio VINCENZO
Victime du Covid-19, le patron des Hauts-de-Seine est décédé dans la nuit du 28 au 29 mars. Girondin à la Tocqueville dans une droite sous influence jacobine, l’ancien ministre délégué aux libertés locales faisait feu sur l’administration d’Etat.

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Avec Patrick Devedjian, premier grand élu local à décéder du Covid-19 dans la nuit du 28 au 29 mars 2020, La Gazette des Communes perd l’un de ses meilleurs « clients ». Partir interviewer le patron LR des Hauts-de-Seine, c’était l’assurance de revenir avec son lot de formules ciselées.

Sous le masque du politique aguerri, son regard trahissait une joie enfantine à dégommer ses cibles préférées : la technostructure, la ville de Paris, les écolos…

Il y avait aussi, dans cet œil-là, un voile de mélancolie, sans doute hérité du martyr de ses ancêtres arméniens, victimes du génocide turc de 1915.

Patrick Devedjian, mort à l’âge de 75 ans, appartenait à une espèce en voie de disparition. Ce fin lettré faisait partie des derniers avocats à embrasser la carrière politique. L’ancien défenseur de Jacques Chirac se serait damné pour un bon mot. C’était là son pêché mignon qui l’a sans doute empêché d’accéder à de plus hautes destinées.

Longtemps porte-flingue d’Edouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian volait de ses propres ailes depuis qu’il avait repris, en 2007, les manettes du conseil général des Hauts-de-Seine. L’une des collectivités les plus puissantes de France, pourvue d’un budget de près de 2 milliards d’euros et d’une armée de quelque 5 000 agents.

Jaloux de son indépendance, Patrick Devedjian était tout, sauf un homme de parti. Son bail à la tête de l’UMP, l’ancêtre de LR, en 2007 et 2008, figurait parmi ses pires expériences.

Tonton flingueur du 9-2

De ses jeunes années à l’extrême droite, du côté d’Occident, il avait gardé le goût de la castagne. Patrick Devedjian avait conquis la ville d’Antony au nez et à la barbe du PCF en 1983. Il avait gardé de tout ça un solide anti-communisme.

« En Seine-Saint-Denis, ils aiment tellement les pauvres qu’ils les multiplient. Ils les font venir ! Cela a été une volonté délibérée des élus pour avoir une population assez sûre au plan électoral. Quand des villes atteignent 80 % de logements sociaux, c’est le résultat d’une politique folle ! », fulminait-il en 2012.

Ces dernières années, le patron LR des Hauts-de-Seine s’était toutefois rapproché du président PS de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel et de son homologue du Val-de-Marne, Christian Favier (PCF) pour combattre la métropole du Grand Paris.

Avec ses collègues, il conspuait « cette machine à fabriquer de la norme et à recycler de la fiscalité ». « Le Gosplan était un modèle de simplicité à côté des schémas  de la métropole », cinglait-il.

Patrick Devedjian militait en faveur d’une fusion de son conseil départemental des Hauts-de-Seine et des Yvelines. Un géant qui aurait compté plus de m2 de bureaux que Paris. Mais l’Etat, soucieux de maintenir les équilibres territoriaux, fermait la porte au mariage entre les deux collectivités cossues de l’Ouest parisien.

Disciple de Raymond Aron

Patrick Devedjian ne décolérait pas. L’émule de Tocqueville, formé par Raymond Aron à la fin des années 1960, brandissait le drapeau des libertés locales. Un combat qui avait longtemps fait de lui un personnage exotique au sein de son parti, le RPR, adepte du centralisme démocratique. Mais Patrick Devedjian n’en démordait pas. Il voulait dégraisser le mammouth étatique.

Il en eut l’occasion en 2002 quand, à l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, il fut bombardé ministre délégué aux Libertés locales. L’intitulé de son portefeuille lui allait comme un gant. Mais son acte III de la décentralisation, assis sur une réforme de la Constitution, s’est heurté à la résistance de l’appareil d’Etat.

« Quand nous avons présenté notre révision de 2003, le Conseil d’Etat, en assemblée générale, a donné un avis défavorable. Il se conduit, non pas en juriste, mais en chambre politique. Le Conseil d’Etat est le cœur du jacobinisme français », tempêtait Patrick Devedjian, lors d’un colloque organisé le 28 mars 2018 par La Gazette des Communes à l’occasion des quinze ans de l’introduction de la décentralisation dans la loi fondamentale.

Les sages du Palais-Royal ne valaient guère mieux à ses yeux.  « Le Conseil constitutionnel ne veut pas appliquer la Constitution », s’agaçait-il à propos de l’autonomie financière des collectivités. Patrick Devedjian, qui avait nettoyé les « écuries d’Augias » du conseil général des Hauts-de-Seine après le règne dispendieux de Charles Pasqua, détestait recevoir des leçons de bonne gestion .

La contractualisation financière lui hérrissait le poil. « L’Etat nous impose un contrat obligatoire. Même les compagnies d’assurance ont renoncé à ce type de procédé », dénonçait Patrick Devedjian, plus drôle et vachard que jamais.

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