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CORONAVIRUS
Face au manque de protection des agents, la CGT services publics dépose un préavis de grève
Gaëlle Ginibrière | A la Une RH | France | Toute l'actu RH | Publié le 27/03/2020

Pour protester contre le défaut de protection de nombre d’agents de terrain, la Fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève couvrant tout le mois d’avril. Une démarche qui n’a pas manqué de faire réagir Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics.

CGT grève

Un préavis de grève pour toute la durée du mois d’avril. C’est l’artillerie lourde qu’a dégainée la Fédération CGT des services publics le 24 mars.

Adressé le 24 mars à Muriel Pénicaud, ministre du travail, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics et Olivier Dussopt, secrétaire d’État chargé de la fonction publique, ce « préavis de couverture » a pour objet de permettre aux personnels « après extinction de toutes les autres voies possibles, de se mettre en grève, pour défendre les intérêts des salariés et des agents ».

Parmi les revendications de courrier, figurent pêle-mêle « l’arrêt de tous les services non essentiels à la continuité de la nation et la mise en autorisation spéciale d’absence des agents avec maintien intégral de traitement et des primes », « la mise à disposition immédiate de moyens de protection des agents en première ligne dans les collectivités, assurant les services essentiels et indispensables envers la population », ainsi que la remise en cause de la loi de transformation la fonction publique ou le dégel du point d’indice.

Mais c’est surtout sur les deux premiers points qu’insiste aujourd’hui le syndicat.

Arme ultime

« C’est l’arme ultime, alors que nombre d’employeurs de la fonction publique ne fournissent pas à leurs agents les moyens de protection nécessaires et que ces agents se voient refuser la possibilité de faire jouer leur droit de retrait», commente Christophe Couderc, secrétaire national de la CGT services publiques.

La semaine précédente, l’organisation syndicale avait interpelé Olivier Dussopt sur le manque d’équipements de protection et l’attitude de certains employeurs territoriaux « peu scrupuleux exigeant que leurs agents continuent de se rendre sur le lieu de travail sans que leur mission soit essentielle à la continuité du service public ».

Et Christophe Couderc de citer le cas d’agents tenus de tondre la pelouse de leur commune, ou d’aides à domicile ne disposant que d’un masque de protection par semaine.

Fin de non recevoir

Le syndicat avait demandé au secrétaire d’État la rédaction d’une circulaire opposable aux employeurs territoriaux pour les rappeler à leurs obligations. Mais Olivier Dussopt n’a pas donné suite.

Dans la fonction publique territoriale, « une majorité d’employeurs respectent leurs obligations, et nous saluons l’engagement dans ce sens de la coordination des employeurs publics territoriaux et de la FNCDG », tient à rappeler Christophe Couderc, secrétaire national de la CGT services publiques.

Nombre d’employeurs publics locaux déplorent eux-mêmes, depuis le début de la crise, leur manque de moyens.

Inquiétude légitime

Dans une lettre au Premier ministre, France urbaine appelait le 23 mars le gouvernement à donner des marges de manœuvre aux territoires pour faire face à la crise. « [Nous souhaitons] répondre à l’inquiétude légitime des agents des services publics locaux essentiels et vitaux concernant leur propre protection. Nous ne disposons notamment pas des masques qu’ils nous demandent. Prévoyez-vous d’étendre leur mise à disposition à ces personnes ?», interrogeait l’association des élus de métropole, agglomérations et grandes villes.

Christophe Couderc ironise par ailleurs sur la promptitude d’Olivier Dussopt à exprimer sa surprise face à ce préavis, en plein état d’urgence sanitaire : « Depuis des mois, nous avons déposé plusieurs préavis sur divers sujets, sans jamais jusqu’ici provoquer aucune réaction de sa part ».

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