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[OPINION] Management

L’ingénieur.e en chef, manageur.euse des transitions

Publié le 31/03/2020 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

In the Industrial Engineering Facility: Portrait of the Handsome
Gorodenkoff Productions/Adobestock
« La Gazette » ouvre ses colonnes aux élèves ingénieurs en chef de l’Institut national des études territoriales. Chaque mois, ces futurs cadres dirigeants des collectivités publieront une tribune, fruit de leurs réflexions sur les grands défis auxquels nous devons faire face, en invitant ponctuellement leurs collègues élèves administrateurs et élèves conservateurs de bibliothèques à la réflexion commune.

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Diane Michard, ancienne élève ingénieure en chef, promotion « Wangari Muta Maathai » (2019-2020) ;

Olivier Manin, ancien élève ingénieur en chef, promotion « Wangari Muta Maathai » (2019-2020) ;

Yosr Kbairi-William Korutos, ancien élève ingénieur en chef, promotion « Wangari Muta Maathai » (2019-2020).

L’ingénieur.e en chef est riche d’une expérience diverse et transversale, qui l’a préparé.e à l’exercice du management stratégique. Depuis 2016 et le nouveau cadre d’emplois, les lauréat.e.s du concours suivent une formation d’un an à l’Inet qui renforce leur savoir-être dans l’écosystème du management. L’ingénieur.e en chef est ancré.e dans le territoire et sait donner du sens pour conduire l’action publique. Il est le catalyseur des transitions auxquelles les collectivités doivent faire face : sociétale, écologique et numérique.

Expertise technique

Dans cette transition sociétale, la légitimité hiérarchique est remise en cause. Le management doit évoluer vers un relationnel basé sur la confiance avec ses collaborateurs, un travail en équipe (ou en « staff ») et une réorientation vers le collectif. Pour les dirigeants, les nouveaux enjeux sont le vieillissement, la féminisation des emplois de direction, les recompositions familiales… Ayons confiance dans le caractère créatif de la différence et de la diversité pour les prendre en compte dans le pilotage des politiques publiques. La vision systémique, stratégique et ouverte sur ceux des autres disciplines doit s’allier à l’expertise technique et offrir une juste place à celle d’usage, à la connaissance du terrain portée par les agents, à la vision holistique.

L’accélération des transformations technologiques fait, par ailleurs, émerger de nouveaux modes d’organisation. La massification des données publiques impose de nouvelles manières de capter et valoriser cette donnée. La dématérialisation va s’intensifier avec l’intégration progressive de l’intelligence artificielle. Les pratiques internes et les métiers seront profondément remodelés. Dans ce contexte mouvant, l’ingénieur.e en chef peut être le.a concepteur.rice des nouveaux systèmes digitaux. Toutefois, son rôle embrasse aussi la dimension humaine et organisationnelle.

Sobriété écologique

L’ingénieur.e en chef est un catalyseur du changement culturel qu’implique la transition numérique. Il est prêt à créer des espaces d’initiative et de créativité et à inverser les structures pyramidales pour plus d’agilité. Son action est déterminante pour injecter une souplesse dans les directions qu’il est amené à piloter.Dans un contexte de lutte contre le changement climatique enfin, les territoires font face à un véritable enjeu de transition écologique. En pleine conscience de celui-ci, l’intérêt de l’ingénieur.e en chef pour les questions écologiques irrigue les politiques publiques qu’il pilote. Gestion optimale des ressources, préservation de la biodiversité, aménagement durable : autant de défis qu’il doit relever pour atteindre une sobriété heureuse. Avec, comme boussole, l’objectif d’être la plus vertueuse, la comptabilité ne doit plus être simplement financière, mais plus que jamais écologique et climatique : l’ingénieur.e en chef saura ainsi ériger la sobriété écologique en nouveau paradigme.

Face à ces défis, l’ingénieur.e en chef saura accompagner les collectivités pour mettre en œuvre le changement. Il est engagé, solidaire, conscient des enjeux posés par les transitions, car celles-ci sont gravées dans son ADN.

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