logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/671046/covid-19-le-gouvernement-manque-sa-cible/

[ÉDITO] CRISE SANITAIRE
Covid-19 : le gouvernement manque sa cible
Romain Mazon | France | Publié le 27/03/2020 | Mis à jour le 26/03/2020

Le décalage est réel et profond entre ce que l’Etat pense devoir faire pour accompagner les collectivités territoriales pendant la crise et les réels besoins de ces dernières.

cibleSi l’époque n’était pas tragique, c’en serait presque comique. Le 21 mars, le ministère de la Cohésion des territoires a diffusé des recommandations à l’attention des présidents d’exécutif pour assurer la « continuité des services publics locaux dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire ».

Le document en a laissé plus d’un pantois, tant il contient des mesures évidentes que les collectivités ont mises en œuvre, et, heureusement, bien avant la parution de ce « guide ».

Disposer des effectifs

L’intention n’est assurément pas critiquable, mais sa matérialisation marque, entre ce que l’Etat pense devoir faire pour accompagner les collectivités pendant cette crise et les réels besoins de ces dernières, un vrai décalage. Ce n’est pas le seul.

La loi d’urgence « Covid-19 » du 23 mars en est une autre illustration. Parmi les dérogations qu’elle instaure, elle donne pouvoir à tout employeur, privé ou public, d’imposer pendant la crise aux salariés et agents publics la prise ou le report de jours de congés, de RTT, de compte-épargne temps…

L’objectif est bien sûr de permettre aux élus locaux de disposer des effectifs indispensables à la continuité des services, et « de faire des économies sur le dos des agents », note un fin connaisseur.

Protéger les agents

Sauf que l’arme dont on les dote est inutile, voire inopportune. Car elle met dans un même sac des salariés du secteur privé, qui bénéficient de dispositifs de chômage partiel dispensant leur employeur de supporter le coût de la masse salariale, et des agents publics, pour lesquels un tel régime de solidarité n’existe pas et dont le traitement est déjà financé au budget des collectivités.

« Notre problème, ce ne sont pas nos dépenses, qui sont couvertes, mais nos futures recettes ! » martèle ainsi Philippe Laurent, secrétaire général de l’AMF.

Résultat, la mesure tape à côté, tandis que les collectivités ont d’autres besoins, non couverts par l’Etat, comme de disposer des moyens pour protéger les agents présents sur le terrain ou d’élargir les solutions de gardes d’enfants et d’accueil à l’école à tous ceux, du secteur public comme privé (tels les caissières et caissiers de supermarché), qui sont en première ligne.

POUR ALLER PLUS LOIN