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Crise sanitaire

Quatre folles journées qui ont mis les services publics à l’épreuve

Publié le 20/03/2020 • Par Romain Mazon • dans : France

Carry coronavirus
infosfrançaises
Tenue du premier tour des élections municipales sous la pression de l’épidémie de coronavirus, puis mise en place du confinement…, la semaine qui s’achève aura mis à l’épreuve l’ensemble des services publics, et la coordination entre services de l’Etat et les collectivités. Retour sur le choc de l’épidémie de Coronavirus avec Stéphane Pintre, président du SNDGCT, et DGS d’Antibes et l’agglo de Sophia-Antipolis.

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Alors que, jeudi 19 mars en début de soirée, le Premier ministre vient d’annoncer, à la surprise générale, le report de l’installation des conseils municipaux élus dès le premier tour, nous contactons Stéphane Pintre, le président du SNDGCT, pour recueillir ses impressions sur une semaine folle, qui a vu se dérouler le premier tour des élections municipales juste après que le président de la République a annoncé le confinement de la population.

« Il s’en passe toutes les minutes… En 35 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça. Il y a deux heures à peine, je recevais confirmation du préfet de l’installation des conseils municipaux, nous étions en train de tout préparer, et maintenant, leur convocation est annulée ! ».

DGS de l’agglo de Sophia-Antipolis, de la ville d’Antibes et de son CCAS, il passe en revue ces quatre journées, où il a fallu tout mener de front, en associant l’ensemble des autorités : préfets, éducation nationale, ARS… « La force des collectivités locales, dans tous les cas de figure, c’est leur réactivité », assure-t-il, tout en reconnaissant « que c’est plus compliqué au niveau central, surtout quand les décisions sont prises tout en haut et que la situation change toutes les dix minutes. Je le vois lors de notre COD (centre opérationnel départemental), que nous tenons par téléphone depuis trois jours : l’Etat, le préfet, l’inspecteur d’académie, on voit bien qu’ils ont des ordres changeant en permanence. Et avec ça, l’ARS s’ajoute au dispositif, et là, ça cafouille beaucoup ».

Stéphane Pintre raconte alors l’imbroglio qui fait que la ville, qui possède encore un stock de plus de 15 000 masques qu’elle a mis à disposition de l’ARS, ne parvient pas à savoir pourquoi ils sont encore dans ses murs plutôt que de les  distribuer aux professionnels, dans ce contexte de pénurie générale.

Incompréhensions

Ces quatre jours illustrent aussi comment l’appareil administratif peine à s’ajuster, dans de telles situations de crise, par exemple entre l’Etat central, l’Education nationale, et les collectivités locales. Des administrations qui parlent la même langue, mais ne se comprennent pas. Illustration avec la mise en place chaotique de la continuité scolaire.
Stéphane Pintre se souvient : « Quand on nous a demandé d’assurer la continuité scolaire pour les enfants des personnels soignants, nous avons proposé de faire un regroupement. On nous a dit « non », nous devions ouvrir toutes les écoles, pour accueillir dans chacune les enfants des personnels soignants qui la fréquentent. Mais avec une présence des instituteurs sur la base du volontariat ! Alors, le premier jour, on a ouvert nos trente groupes scolaires… Bilan, sur certains, nous n’avons pas eu d’enfants, sur d’autres, un seul, et au maximum, cinq ! Finalement nous avons obtenu de les regrouper, mais il a fallu faire remonter le problème au ministère ! Sur 5000 élèves que nous comptons, 30 élèves, 15 de maternelles, et 15 de primaires étaient présents sur le groupe scolaire ouvert… Mais au moins, on pouvait les faire manger ! ».

Tout en défendant une nécessaire « unité d’action, et une solidarité de tous les services », le président du SNDGCT se projette déjà dans l’après-crise, et les leçons qu’il faudra tirer : « Nous devrons nous interroger sur notre organisation face à une crise de cette ampleur, et probablement donner plus de responsabilité aux collectivités locales sur leur territoire, car nous sommes plus réactifs, en particulier avec le monde libéral de la santé, dans un contexte où l’hôpital lui-même doit d’abord se soucier de sa propre réactivité. Vers qui se tournent les médecins, les infirmiers libéraux… Vers le maire ! » Ceux qui viennent d’être élus, en tout cas, devront patienter pour assumer leurs nouvelles responsabilités.

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