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CRISE SANITAIRE
Respect du confinement : les chasseurs ne participeront pas aux missions de police
Stéphanie Stoll | Actu prévention sécurité | France | Publié le 10/04/2020

Le préfet de Seine-et-Marne voulait rendre plus restrictives les mesures d’interdiction de déplacement en lien avec l’épidémie de Covid-19 en réquisitionnant des chasseurs du département. Une bronca l’en a dissuadé, mais les chasseurs convoitent toujours certaines missions de police de l’environnement.

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Le recueil des actes administratifs [2] de Seine-et-Marne était à peine publié sur le site de la préfecture qu’un naturaliste s’étonnait sur Twitter [3] que le préfet ait réquisitionné 70 chasseurs du département pour suppléer aux forces de l’ordre en leur demandant de « prévenir et signaler » toute infraction en forêt pendant les journées des 4 et 5 avril. Six heures plus tard, la préfecture faisait savoir qu’elle annulait l’arrêté [4] controversé dont les bases juridiques s’avéraient « fragiles ». Dans Marianne [5], un technicien cynégétique réquisitionné déclarait que son rôle « n’est pas de courir après les gens dans les bois »

On sait toutefois que la Fédération nationale des chasseurs [6] aimerait récupérer des missions de police de l’environnement [7] du nouvel Office français de la biodiversité. S’exprimant à Saint-Malo, début mars, lors du congrès annuel, son président Willy Schraen estimait qu’il serait pertinent que la FNC soit partie prenante d’une « petite police de proximité environnementale ».

Il voit une ouverture dans la description de cette police de l’environnement faite par le président de la République, le 13 février à Chamonix, comme « une police rurale de la nature, de la chasse, de la pêche ». Les fédérations de chasse ont 1500 salariés sur le territoire national. « Lorsque je regarde ce que font les fédérations de l’Oise [8], du Haut-Rhin ou du Doubs par exemple, dans leur partenariat avec la gendarmerie nationale, a déclaré le président de la fédération des chasseurs, je pense qu’il y a la place pour ces deux polices complémentaires afin que nous puissions faire respecter encore mieux nos schémas de gestion cynégétiques et limiter l’impact des incivilités récurrentes au fond de nos villages. L’idée qui est de mettre en place des conventions avec les communes où les communautés d’agglomération est aujourd’hui d’actualité. »

La fédération des chasseurs piste les nouveaux élus municipaux

La Fédération nationale des chasseurs entend se faire aimer de l’opinion publique et des futurs maires en particulier. A l’occasion du congrès annuel, la fédération a présenté sa nouvelle stratégie de communication prévue pour le printemps.

Confrontés à une chute de la pratique – on est passé de deux millions à un million de chasseurs en trente ans – et à une hostilité grandissante de l’opinion, les chasseurs multiplient par cinq leur budget de communication (deux millions d’euros en 2020) afin de faire connaître leurs points de vue sur « le rôle fondamental du chasseur dans la préservation de la biodiversité », « l’importance de la chasse au sein du tissu rural français » et « dans la mixité sociale et générationnelle ».

La FNC va focaliser ses efforts sur la communication digitale et nouera des partenariats avec une quinzaine d’influenceurs. Auprès des communes, les chasseurs entendent mettre en valeur leurs actions concernant la préservation de la biodiversité (programme Interreg [9], gestion de réserves naturelles régionales [10], préservation des chemins ruraux [11], trame verte et bleu [12]) ; comme en 2019, ils tiendront un stand au salon des maires.

Toutefois, pour Willy Schraen, président de la FNC, l’éloge de la biodiversité va de pair avec la condamnation de « l’écologie politique punitive anti-chasse » et des « parodie de démocratie » à propos des consultations publiques électroniques. « On est dans un monde d’armes, la France est un monde d’armes, » insistait Thierry Coste, lobbyiste de la FNC dans ses explications de sur les nouveautés de la réglementation. Quant à savoir si la FNC tiendra aux élus locaux le même langage qu’à ses membres, il est raisonnable d’en douter.

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