Transports publics

Coronavirus : une offre de transports réduite, avec plus de contraintes sanitaires

| Mis à jour le 18/03/2020
Par • Club : Club Techni.Cités

PR180.2 / Wikimedia Commons

Les nouvelles mesures de confinement obligent les opérateurs des réseaux de transport à revoir à la baisse leur offre. Mais il est aussi question de renforcer la protection sanitaire des agents et des voyageurs, avec un nouveau décret contraignant qui doit paraître le 18 mars.

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L’heure est désormais au confinement, a expliqué le président de la République dans son interlocution du 16 mars, avec des déplacements et contacts désormais réduits « au strict nécessaire » pour les 15 prochains jours. Les seuls déplacements autorisés sont ceux effectués pour des soins, faire des courses, ou dans le cadre professionnel lorsque le télétravail n’est pas possible (lire notre article sur le décret correspondant).

Ces nouvelles règles rebattent les cartes de l’organisation des services de transports publics, qui venait d’être adaptée il y a seulement quatre jours. Première conséquence : tous les trajets interurbains seront progressivement réduits. Cela concerne les trains longue distance qui vont subir une « réduction de la fréquence et de la cadence », a confirmé Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat au Transports le 17 mars à LCI. Les lignes de cars interubains (1) seront carrément supprimées, comme l’a confirmé le principal opérateur, Flixbus et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Ce qui impliquera la fermeture des gares routières.

Un décret pour encadrer les conditions d’exploitation

Les réseaux de transports publics des collectivités vont bien également devoir reconfigurer leur offre, avec la baisse à venir de la fréquentation (-70% déjà constatés lundi 15 mars). Mais il faudra que ces lignes continuent à tourner, que ce soit pour le transports des personnels soignants ou pour les formes de déplacements  autorisés. Jean-Baptiste Djebbari a indiqué que circulaient actuellement 70% des bus et métros en Île-de-France, ainsi que 50% de TER et RER. « Nous allons le réduire très progressivement », a-t-il ajouté. Et dès le mercredi 18 mars, on ne comptait plus que 30% des TGV, Intercités et TER, et 50% des Transilien.

Autre nouveauté annoncée par le ministre sur LCI : la parution dès jeudi 18 mars d’un décret pour renforcer les contraintes sanitaires des conditions d’exploitation et de voyages. Ce texte a vocation « à rassurer les voyageurs avec des procédures particulières ». Ainsi, dans les bus, l’entrée devra se faire par l’arrière. Il y aura également une rangée libre entre le conducteur et les voyageurs, et les opérateurs seront tenus d’opérer une désinfection a minima quotidienne des bus et métros, sous peine de sanction voire d’une retrait de leur agrément d’exploitation.

Des offres adaptées en continu

En dehors du cas particuliers de l’Île-de-France, on observe dans les différents réseaux de transports publics une volonté de coller aux besoins, et une nécessité de réduire l’offre. A Lens, par exemple, cela passe par des points bi-journaliers qui sont réalisés par le syndicat mixte des transports Artois-Gohelle et son exploitant, Transdev, "pour ajuster la fréquentation des bus en temps réel", nous explique-t-on. A Bordeaux, où le réseau est plus lourd avec, notamment, quatre lignes de tram, les lignes de bus les plus fréquentées ont vu leur fréquentation légèrement baisser (toutes les 15 minutes au lieu de 10) alors que les autres ne connaissaient pas (encore) de bouleversements. Mais, à partir du 19 mars, seuls les bus à haut niveau de service circuleront. La circulation des trams, elle, se limite à la tranche horaire 6h30-20h30. Une organisation appelée à changer selon la fréquentation enregistrée.

La question de la protection des agents est aussi prise en compte. La plupart des réseaux (Grenoble, Lyon, Lens…) interdisent déjà aux usagers des bus de monter par la porte de devant. Et il n’est plus possible d’acheter un titre de transport auprès du conducteur (directement sur les bornes ou par SMS). En plus de ces différentes mesures, le syndicat mixte Artois-Gohelle a également "fait remonter les vitres des conducteurs". Et, en tant que maître d’ouvrage, il a interrompu les chantiers de deux nouveaux dépôts de bus attendus cette année.

Risques pour les agents : les syndicats montent au créneau

A Bordeaux, la sécurité des agents a provoqué des tensions ces derniers jours. Si l’exploitant (Keolis) avait pris des mesures en amont sur d’autres réseaux (à Amiens par exemple), il a fallu que les responsables syndicaux montent au créneau pour obtenir quelques garanties. Après avoir constaté que le nettoyage des bus et des rames n’était pas systématique et qu’une de leur collègue était soupçonnée d’avoir contracté le coronavirus, une trentaine de conducteurs ont fait valoir leur droit de retrait. Des engagements ont finalement été pris (procédures, choix du produit) pour notamment assurer le nettoyage des cabines entre chaque service.

Reste que les organisations locales évoluent au jour le jour, en fonction des préconisations gouvernementales et des conditions de travail retenues. Chômage partiel, modalités salariales, garde d’enfants ont ainsi été à l’ordre du jour d’un comité social et économique extraordinaire “Cellule de crise Covid-19” qui s’est tenu ce mardi à Bordeaux entre la direction et les responsables syndicaux du réseau Transport Bordeaux Métropole.

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