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ELECTIONS MUNICIPALES
Le coronavirus paralyse le premier tour des municipales
Alexandre Léchenet, Jean-Baptiste Forray | A la une | France | Publié le 15/03/2020 | Mis à jour le 16/03/2020

Victime du climat anxiogène, le scrutin se solde par une abstention-record de 56 % des votants. Les villes petites et moyennes accordent une prime au sortant. Dans les métropoles, EELV opère une percée inédite.

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Au lendemain de la fermeture «jusqu’à nouvel ordre» des restaurants, bars et autres commerces hors-pharmacie et alimentation, l’élection du 15 mars a été marqué par de multiples appels en faveur de son ajournement. De Xavier Bertrand (ex-LR) à François Bayrou (MoDem), en passant par Valérie Pécresse (ex-LR) : beaucoup d’élus ont contesté le maintien de ce scrutin décidé par l’Elysée, alors même que, selon Emmanuel Macron, le pays affronte sa plus grave crise sanitaire depuis un siècle.

La faute au patron du Sénat et au président de l’Association des maires de France, selon le chef de file des eurodéputés marcheurs Stéphane Séjourné dans Le Monde [1] : «Nous ne pouvions pas reporter des élections sans les oppositions. Larcher et Baroin on fait du chantage inacceptable en criant à la dictature. En réalité ils n’avaient qu’en tête de protéger leurs intérêts électoraux.»

Évacuant cette polémique, l’Elysée a préféré mettre en avant l’avis d’un conseil scientifique consulté par Emmanuel Macron qui s’est prononcé en faveur du maintien du rendez-vous électoral. Le vote s’est déroulé dans des conditions de sécurité sanitaire qui se voulaient optimales : mise à disposition de gel hydroalcoolique à l’entrée, deux mètres d’écart entre les électeurs, assesseurs qui ne prennent pas les cartes d’électeurs entre leurs mains… Ces consignes ont été scrupuleusement respectées. Mais elles n’ont pas réussi à rassurer tous les électeurs.

Le scrutin du 15 mars est marqué par une abstention-record de 56 % ; soit 18 points de plus qu’en 2014. Les chiffres de participation montrent cependant des disparités importantes en fonction des départements, et de la taille de la commune. Les électeurs se sont mobilisés dans les plus petites communes.

Le scrutin est marqué par une prime au sortant dans les villes petites et moyennes. Le numéro deux de l’Association des maires de France (AMF), André Laignel (PS), est reconduit avec près des trois-quarts des suffrages (74 %) pour une huitième mandat à la tête d’Issoudun (Indre). La liste sur laquelle figure le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu (LREM) à Vernon (Eure) est également largement réélue avec 67 % des suffrages. François Baroin, patron de l’AMF l’emporte aussi avec 66,8% des suffrages à Troyes (Aube).

Dans les métropoles, EELV arrive en tête à Grenoble (Isère), Lyon (Rhône) et Strasbourg (Bas-Rhin). Mais le PS fait de la résistance à gauche. Il occupe la première place à Lille (Nord), Nantes (Loire-Atlantique), Paris, et Rennes (Ille-et-Vilaine), et la candidate du Printemps marseillais, soutenue par les partis socialiste et communiste arrive très légèrement en tête à Marseille (Bouches-du-Rhône). LR est en tête à Bordeaux (Gironde) ou Metz (Moselle).

Reste, maintenant, à savoir si le second tour, dans un contexte d’épidémie accentuée, aura lieu.

Edouard Philippe a annoncé, ce 15 mars, qu’il réunirait «à nouveau en début de semaine» les experts scientifiques et «les représentants des forces politiques» afin de prendre une décision sur le second tour des municipales, menacé par la crise du coronavirus.

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