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démocratie participative

La petite République de Saillans au scanner

Publié le 04/03/2020 • Par Brigitte Menguy • dans : France

A la mairie de Saillans (26) de gauche à droite : Agnès Hatton (élue communautaire) , Vincent Beillard (maire), Annie Morin (première adjointe) et Fernand Karagiannis (conseiller)
A la mairie de Saillans (26) de gauche à droite : Agnès Hatton (élue communautaire) , Vincent Beillard (maire), Annie Morin (première adjointe) et Fernand Karagiannis (conseiller) Jean Delmarty / Alpaca / Andia
Dans son livre, « La petite République de Saillans », la journaliste Maud Dugrand dresse un bilan objectif de l’expérience de démocratie citoyenne que vit, depuis maintenant un mandat, ce village de la Drôme. A l'approche du scrutin municipal, la Gazette l'a rencontrée pour tenter de comprendre si toutes les décisions publiques locales peuvent être prises avec et par les citoyens.

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Originaire de Saillans, village de 1300 âmes dans la Drôme, la journaliste Maud Dugrand a suivi depuis son commencement, en 2014, l’expérience de démocratie participative que vivent au quotidien les habitants de cette municipalité, montrée désormais en exemple de la « gouvernance collective locale ». Dans son livre « La petite République de Saillans » paru aux Editions du Rouergue, la journaliste tire un bilan objectif de ce premier mandat pas comme les autres.

Pourquoi ce mode de gouvernance participatif a été possible à Saillans plus qu’ailleurs ?

Je dirais que la mayonnaise a pris à Saillans pour plusieurs raisons. Tout d’abord, depuis dix ans, de nouveaux habitants sont arrivés en nombre dans la région. Ils sont plutôt jeunes au capital économique et culturel important. L’arrivée de ces personnes – que les sociologues appellent « les néo-ruraux » – a été bien accueillie dans le village par les anciens.

Ensuite, il y a comme point de départ, un projet de supermarché qui a suscité la colère des habitants de Saillans. La mobilisation de ces derniers a réussi à faire reculer la grande distribution. Cette histoire a mis le doigt sur les décisions prises sans transparence et sans concertation. On était en 2013, à un an des élections municipales et très vite s’est formé un projet de société commun. Progressivement, un groupe de citoyens s’est constitué avec la volonté commune de vouloir administrer la commune autrement. Ils ont organisé des réunions publiques afin d’affiner leur projet selon des dispositifs issus de l’éducation populaire. Ce dispositif a plu aux habitants car il ne s’agit plus d’une organisation verticale du pouvoir. La liste « Autrement pour Saillans… tous ensemble » est née ainsi.

Enfin, je dirais que la présence d’un café associatif dans le village a été un facteur facilitateur de cette mise en commun, il était le point de rencontre des habitants qui souhaitaient faire de la politique autrement.

Vous mettez en lumière dans votre livre que la loi n’est pas nécessairement adaptée à ceux qui veulent une organisation horizontale du pouvoir. Que voulez-vous dire par là ?

Dès leur élection le 23 mars 2014, les élus de cette liste citoyenne ont été confrontés à l’obligation légale de choisir un seul maire. Ils ont donc choisi Vincent Beillard pour des raisons pratiques : cette personne pouvait aménager son temps travail et avait démontré durant les différentes réunions publiques, ses talents de médiateur. De plus, il représentait les néo-ruraux.

Mais le groupe a également voulu que soit mise en avant la première adjointe, originaire du village depuis plusieurs générations, afin de garder l’idée de la collégialité. Cette organisation a d’ailleurs été mise en place pour l’ensemble des conseillers tant pour lutter contre leur isolement que pour partager les indemnités d’élus.

Et je dirais même qu’au-delà des obligations légales, la figure du maire reste importante : c’est lui que l’on va voir quand on a une requête. Si on ne passe pas par cette personnalisation du pouvoir, les citoyens sont perdus et donc inquiets. Ce qui démontre qu’il s’agit pour nous tous d’un nouveau chemin à emprunter dans notre rapport au pouvoir.

En 2017, la mairie décide de réviser le plan local d’urbanisme de la commune avec toujours cette volonté de décider avec les citoyens. Pouvez-vous nous expliquer comment, sur un sujet très technique pour ne pas dire repoussoir, ils ont réussi à mobiliser les habitants ?

Leurs trois piliers, sur toutes les décisions publiques, sont : transparence, collégialité et participation. Il fallait donc aussi l’appliquer pour la révision du PLU communal.

Sur ce projet, ils se sont heurtés à la réglementation du PLU qui avait changée notamment en termes de densification urbaine. Il a donc fallu d’abord expliquer aux citoyens quelles étaient ces nouvelles règles mais aussi que ces dernières ne provenaient pas d’eux mais de l’Etat. Ce travail de pédagogie a nécessité beaucoup de réunions publiques et a pris beaucoup de temps.

Leur démarche de co-construction a ensuite commencé par un tirage au sort d’un panel de douze citoyens mobilisés pendant 2 ans. Ils ont externalisé cette démarche à une association d’éducation populaire afin de faire preuve de créativité dans le but d’intéresser les personnes élues au PLU. Cette externalisation a été permise grâce à une subvention de la Fondation de France car il ne faut pas oublier que pour faire de la démocratie participative, il faut aussi de l’argent.

A quels autres freins inhérents aux démarches de démocratie participative ont-ils été confrontés ?

Je ne suis pas spécialiste de la démocratie participative mais je peux dire, en suivant les différentes concertations, que la question de la parole est un vrai sujet. Tout le monde n’est pas égal pour parler, argumenter et en plus, en public. Or, en démocratie participative, la parole est centrale.

La question du temps disponible à consacrer à la démocratie participative est aussi à prendre en compte. Comment demander à des citoyens d’y consacrer du temps alors qu’ils sont déjà bien pris par le travail, la vie familiale, l’engagement associatif…

Et puis il faut accepter le conflit en démocratie participative : certaines personnes ont besoin d’exprimer leur colère. Il faut donc souvent commencer par écouter cette colère puis vient le temps du débat constructif.

Mais je conclurai en notant que les femmes se sont emparées de ce processus et y ont trouvé un intérêt. La démocratie participative est donc peut-être une voie pour l’entrée des femmes en politique.

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