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[OPINION] Décentralisation

En finir avec la guerre des territoires

Publié le 09/03/2020 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

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Depuis plus d’une décennie maintenant, l’accent était mis sur les dynamiques métropolitaines. Après le temps des métropoles, sommes-nous dans l’âge d’or de la « France périphérique » ?

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Bruno Cassette

Bruno Cassette

secrétaire national de l’Association des directeurs généraux des communautés de France, chargé des dynamiques métropolitaines, DGS de la métropole européenne de Lille

Après le temps des métropoles, l’âge d’or de la « France périphérique » ? Certes, depuis plus d’une décennie maintenant, l’accent était mis sur les dynamiques métropolitaines. Démultiplication des programmes de recherche et des colloques dédiés, dispositif législatif ad hoc, large écho médiatique dans la presse spécialisée mais aussi régionale et nationale… Reconnaissons-le : la « métropole », comme moteur de la croissance économique, s’est vue peu à peu érigée comme la condition sine qua non de l’ajustement de notre pays à la mondialisation et au système concurrentiel qui lui est consubstantiel. Aucune véritable surprise en cela : la DATAR l’avait imaginé dès 2000 dans sa prospective « France 2020 » autour du scénario du polycentrisme maillé et l’avait en quelque sorte promu auprès de tous les acteurs publics, tant nationaux que locaux.

L’enjeu métropolitain n’est plus dans le scope du Gouvernement

Mais voilà : la crise sociale qui secoue la France depuis novembre 2018 a eu pour conséquence directe de remettre sous les projecteurs d’autres types de territoires, moins exposés ces derniers temps aux yeux de nos concitoyens, ceux que l’on qualifie de « périurbains » ou de « ruraux ». Fallait-il pour autant « ostraciser » les grandes agglomérations de l’agenda des politiques territoriales ? Car, de la mission Agenda rural affublée de 200 propositions pour « refertiliser les campagnes » à la création du Parlement rural français, en passant par la désignation, à la tête de la nouvelle Agence nationale de la cohésion des territoires de la présidente de l’association des « villes moyennes » et du président de l’association des maires ruraux de France (dont les « qualités » ne sont, bien sûr, nullement discutées), force est de constater que le virage est brutal ; l’enjeu métropolitain n’est manifestement plus dans le scope du Gouvernement.

On pourrait facilement s’en émouvoir, au nom de la solidarité nationale par exemple. Parce qu’il faut rappeler que la redistribution publique, via les transferts sociaux, a, jusque-là, largement bénéficié des « ressources » générées par les dynamiques métropolitaines. Parce que, dans le même temps, toutes nos grandes agglomérations ne sont pas des citadelles réservées aux élites, loin s’en faut. Les données de l’INSEE rappellent ainsi que 65,2 % de la population sous le seuil de pauvreté vit dans nos principaux pôles urbains, 16,6 % dans le périurbain et 10,4 % dans les communes rurales…

Grands systèmes territoriaux

Mais, au fond, là n’est pas le sujet. Il ne s’agit pas d’opposer les territoires les uns aux autres, surtout en en faisant des rivaux victimaires. C’est tout l’inverse. Il faut en finir avec la guerre des territoires et l’approche par strates confinées dans leur bocal. Ce qui importe ici, c’est de bien saisir le « vide doctrinal » qui caractérise aujourd’hui les politiques d’aménagement du territoire portées par les pouvoirs publics centraux. Leur référentiel semble tenir en un principe, très simple : à chacun son tour. Après le Pacte Etat-Métropoles en 2016, le plan Action cœur de (petites et moyennes) villes en 2018 et la poussée de ruralisation en 2019, on a en effet le sentiment que l’action publique étatique considère les territoires comme des entités abstraites, en dehors de leur population qui s’est depuis bien longtemps affranchie des limites administratives locales.

Pourtant, on sait bien qu’il n’y a pas d’un côté des métropoles et de l’autre des territoires périurbains ou ruraux isolés, – comme si on voulait substituer à « Paris et  le désert français », les métropoles et leurs déserts régionaux –  mais au contraire des grands systèmes territoriaux avec de puissantes interactions entre l’agglomération centrale, sa couronne périurbaine et les territoires ruraux sous influence. La plupart des métropoles comportent d’ailleurs des territoires ruraux denses. Plus loin, la France n’est pas faite d’un modèle unique et uniforme mais d’une multitude de systèmes politiques locaux, riche de leur diversité et témoignant d’une grande vitalité. Cette réalité territoriale vécue s’inscrit en faux contre les opinions dogmatiques qu’étayent certains écrits généralisateurs sur les « nouvelles inégalités ». En réalité, l’impensé des politiques d’aménagement, d’égalité ou de cohésion des territoires est aujourd’hui l’interdépendance territoriale.

Optimiser les interactions et les synergies entre les composantes de ces systèmes territoriaux dans des secteurs clefs comme l’économie, l’emploi, les services publics, l’écologie, les mobilités, le numérique ou le logement… Voilà ce qui, en bref, devrait constituer la clef de voûte des politiques de développement et de contractualisation proposées par l’Etat et ses agences, en direction des territoires. En clair, il faut sortir des zonages, des « pôles », etc. pour valoriser les coopérations à échelle large, les réseaux ou les réciprocités. C’est en soi une révolution culturelle.

Retrouver une pensée du local

Or, comment ne pas constater la difficulté que rencontrent les Gouvernements successifs, à mettre en perspective cette aventure moderne qu’est l’émergence d’un « nouveau local » dans un monde transpercé de toutes parts par les « flux » des réseaux et de la mondialisation ? L’enjeu  est précisément là : retrouver une « pensée du local » en phase avec son temps qui sache valoriser les différences et les complémentarités et trouver des voies nouvelles pour accompagner les transitions à l’œuvre en matière écologique, numérique ou démocratique qui sont désormais autant d’exigences sociétales que nos concitoyens appellent de leurs vœux… En somme, s’inspirer de l’esprit novateur et prospectif de la DATAR originelle dont les réflexions allaient dans ce sens et ont été interrompues, entre autres, par les découpages entre compétitivité métropolitaine et excellence rurale. Depuis bientôt une vingtaine d’années, les changements de nom des structures qui s’inscrivent plus en moins dans cette filiation (DIACT, DATAR, CGET, ANCT) sont révélateurs : on se préoccupe des structures et de la communication lorsque l’on n’arrive pas à agir sur le réel.

Comment retrouver cette « pensée du local » ? En sortant d’une appréhension de ce local par défaut, le confinant, surtout dans une « ère post-gilets jaunes », à n’être que le lieu des luttes pour une égalité territoriale fantasmée, afin de s’aventurer sur un autre terrain, plus ambitieux, celui qui fait du « local » l’espace par où la société française est aujourd’hui en train de se refonder face aux défis de la mondialisation, de l’écologie et du numérique. J’appelle à une vision qui intègre les différentes composantes spatiales dans un récit commun, permettant à chacun de trouver sa place et ses avantages comparatifs ! Un terrain où élus locaux et préfets ont à collaborer pour offrir d’autres expériences de « vivre ensemble » et d’autres ambitions pour la reconnaissance et l’épanouissement de chacun.

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