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Prévention de la délinquance

« Ce que les rixes violentes nous disent de la jeunesse »

Publié le 25/02/2020 • Par Hervé Jouanneau • dans : Actu prévention sécurité, France, Opinions

Violences_PhilippeLeroyer
Philippe Leroyer (Flickr)
Dans une tribune à la Gazette, le sociologue Gilbert Berlioz s'inquiète de l'indifférence qui entoure le phénomène chronique des rixes entre jeunes. Il en analyse les principales caractéristiques et appelle à une meilleure prise en compte préventive.

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Gilbert Berlioz« Fin janvier, en plein Paris, une rixe a encore provoqué le décès d’un jeune garçon de 14 ans dans l’indifférence quasi générale. Ce drame n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité, car si Paris constitue un territoire particulièrement exposé (9 jeunes sont morts depuis 2016), on constate les mêmes problèmes dans bien d’autres territoires. Cette généralisation nous dit quelque chose sur la socialité des jeunes d’aujourd’hui et sur les formes de violences dans lesquels ils évoluent à bas bruit, mais qui ne doivent pas laisser l’action publique indifférente.

Pourquoi des jeunes tuent d’autres jeunes dans des bagarres aux mobiles incertains ?

Les rixes entre jeunes mettent en jeu des protagonistes d’âges, de situations sociales, familiales, scolaires différents dans des espaces urbains qui ne sont pas forcément marqués par l’exclusion. Comme le 10ème arrondissement de Paris qui vient d’être frappé alors qu’il est plutôt identifié comme un territoire de mixité sociale.

Derrière la diversité des situations, l’analyse permet de trouver plusieurs points communs à ces phénomènes qu’on comprend encore mal. En premier lieu, il s’agit d’affrontements où rien ne distingue a priori les « victimes » et les « auteurs ». Celui qui est blessé, ou tué, aurait pu aussi bien être dans l’autre camp qui lui est symétrique. Le recours aux armes blanches ou à des armes improvisées (barre de fer, marteaux, tournevis, bâtons) est fréquent. Ils indiquent le  « projet » de faire mal, même si la justification de leur détention met en avant la nécessité de se défendre et non pas d’attaquer. C’est un phénomène masculin qui mobilise en majorité des adolescents la plupart du temps mineurs, comme c’est le cas de la quasi totalité des jeunes tués à Paris depuis 2016. Mais si la présence des filles est faible dans les affrontements proprement dits, leur influence est déterminante pour valoriser le capital physique investi par les garçons et le prestige viril attendu en retour.

Il met en présence des groupes pouvant atteindre rapidement plusieurs dizaines d’individus grâce aux réseaux sociaux. Les rixes ne se cachent pas. Au contraire elles se donnent à voir au grand jour dans des espaces publics (rues, places, parcs, abords des établissements scolaires), ou dans des lieux ouverts au public (gares, espaces commerciaux). Le déchargement de la violence y est explosif avec des comportements d’acharnement et de logiques de meute où le sentiment de responsabilité individuelle se dissout dans la dynamique collective. Enfin, ils reposent sur des motifs en apparence dérisoires (vol de trottinette, de casquette, paroles déplacées) dont l’importance est amplifiée par l’hyper sensibilité à la logique de l’honneur et à la défense de la réputation dans le groupe.

Nous ne sommes donc pas ici en présence de gangs ou de « bandes actives » comme les catégorisent trop hâtivement les média et la police. Les groupes de jeunes embarqués dans les rixes ne sont pas structurés par une hiérarchie stable. Ce n’est pas la subordination à un chef mais l’allégeance à un esprit de groupe qui constitue leur principe d’agrégation. Ces regroupements affinitaires, pas seulement amicaux, s’élargissent ensuite à des participants pour lesquels le devoir d’alliance est une contrepartie au droit à la protection ou simplement d’intégration dans le groupe. Ce sont des jeunes la plupart du temps ordinaires aux yeux de leur environnement familial, social ou scolaire. Les rixes manifestent de nouvelles formes d’organisation juvéniles horizontales, inscrites dans des territoires aussi bien physiques (le quartier, l’établissement scolaire), que relationnels (les réseaux sociaux) ou symboliques. De ce fait, elles ne sont pas seulement un problème de sécurité qu’on pourrait simplement confier à la police et à la justice. C’est un problème social et éducatif dont la prévention passe par la mobilisation de toutes les parties prenantes et notamment les jeunes eux-mêmes et les familles qui sont les premières concernées. Encore un sujet qui gagnerait à être pris en compte par la stratégie nationale de prévention dont l’absence se fait cruellement ressentir sur le terrain.»

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