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PROTECTION DE L’ENFANCE
Comment des mineurs non accompagnés trouvent leur place dans des familles
Michèle Foin | Innovations et Territoires | Régions | Publié le 21/02/2020 | Mis à jour le 12/02/2020

Débordé par l’afflux de mineurs non accompagnés (MNA), l’Essonne ouvre la voie au parrainage de proximité : des familles bénévoles accueillent durablement un mineur. Une formule adaptée à ces jeunes, victimes d’isolement familial et social, en quête de repères pour s’insérer. Le cadre familial leur évite un repli identitaire. L’association France Parrainages s’occupe du recrutement des familles et de leur suivi, sans toutefois interférer avec l’action de l’aide sociale à l’enfance.

MNA-Essonne-France-parrainages [1]

[Essonne 1,30 million d’hab.] Comme la plupart des départements franciliens, l’Essonne est débordé par le flux de mineurs non accompagnés (MNA). De 200 en 2015, leur nombre est passé à plus de 800 en 2019. « L’accueil de ces jeunes nécessite une prise en charge très différente des publics habituels de la protection de l’enfance », témoigne François Durovray, président du conseil départemental de l’Essonne. Financièrement, la facture est également très lourde à supporter pour la collectivité. A savoir « 40 millions d’euros par an, dont 2 seulement pris en charge par l’Etat », regrette l’élu.

Pour accueillir les MNA, l’Essonne déploie plusieurs dispositifs, en plus de celui de l’aide sociale à l’enfance : hébergement en habitat diffus, accompagnés par des associations, avec ou sans suivi psychologique selon le vécu du jeune, en hôtels sociaux, insertion dans un parcours professionnel… En 2018, François Durovray décide d’expérimenter le parrainage de proximité, qui permet à des familles bénévoles d’accueillir un jeune durablement. Le département fait pour cela appel à France Parrainages, association dotée d’une solide expérience en la matière. « La prise en charge de ces mineurs en famille est plus propice à leur intégration que dans les structures collectives », affirme François Durovray.

Suivi régulier

Une assertion que France Parrainages a vérifiée en 2017 auprès de MNA et de parrains. « Outre les bénéfices qu’ils pouvaient retirer du parrainage de proximité, 90 % des MNA interrogés ont manifesté l’envie d’habiter avec la famille de leur parrain. De leur côté, les parrains étaient prêts à faire plus », témoigne Intissar Koussa, responsable du pôle « actions France » de l’association.

C’est sur cette idée que le programme « familles solidaires », qui permet à des familles d’accueillir bénévolement chez elles un MNA suivi par l’aide sociale à l’enfance, est mis sur pied. Il est d’abord expérimenté en 2018 dans le Val-de-Marne, puis étendu à l’Essonne. La convention signée en septembre 2018 avec ce département prévoyait le recrutement de dix familles en 2019, suivies de dix cette année. Si la première n’a été trouvée qu’en juillet 2019, cela n’a pas inquiété pas les partenaires, car le recrutement ne se fait pas à la légère. « Avec France Parrainages, la famille est évaluée sérieusement et bénéficie d’un suivi très régulier, témoigne Samuel Greverie, directeur de la prévention et de la protection de l’enfance de l’Essonne. Le département, lui, se concentre sur le développement de l’enfant. Ainsi, on externalise l’accompagnement des familles, sans en faire des assistants familiaux déguisés », prévient-il. France Parrainages assume le recrutement des parrains, avec l’aval du département.

CHIFFRES CLES

  • 116 000 €, c'est le budget pour le recrutement de 10 familles.
  • 20 familles solidaires doivent être recrutées entre 2019 et 2020 dans l’Essonne par France Parrainage. Un processus long en raison du soin apporté au choix des familles bénévoles.


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