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Interview - Aménagement du territoire

« Un autre modèle se dessine dans les périphéries »

Publié le 07/02/2020 • Par Delphine Gerbeau • dans : France

Guillaume-FABUREL
© Claude ALMODOVAR/LA GAZETTE
Dans «Les métropoles barbares», Guillaume Faburel, professeur d’études urbaines à l’université Lumière Lyon 2 dresse un plaidoyer pour ce que l’on appelle désormais les «zones périphériques».

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Les métropoles peinent de plus en plus à être des lieux désirables économiquement et socialement, et vivables sur les plans écologique et sanitaire, elles ne permettent plus «le vivre ensemble», il n’y a plus désormais de ville pour tous : c’est en résumé le propos des «métropoles barbares», l’ouvrage de Guillaume Faburel, couronné du prix du livre d’écologie politique. Au delà de la critique sans concession, le professeur d’études urbaines à l’université Lumière Lyon 2 dresse un plaidoyer pour ce que l’on appelle désormais les «zones périphériques», dans lesquels pourraient émerger d’autres modèles de société, à condition de modifier le système institutionnel.

Dans votre ouvrage vous dénoncez un modèle métropolitain à bout de souffle, quels en sont les symptômes ?

Depuis 30 à 40 ans prédomine le fait métropolitain. Les villes sont devenues des acteurs économiques de tout premier ordre, plus que les Etats- nation, et s’est mise en place une concurrence entre elles, avec des politiques d’attractivité pour faire venir des populations particulières. La réforme territoriale n’a fait qu’entériner ce processus, pour rendre adéquat le système politique à l’organisation économique.  Cela  s’est accompagné de la mise en place d’un imaginaire qui tourne autour de l’idée du mouvement, et de l’accélération permanente. Du divertissement incessant. On assiste à une « festivalisation » des villes, pour mettre en valeur le patrimoine, au risque d’un débordement du tourisme. La connectivité continue, que l’on vante comme un élément favorisant la citoyenneté, y est également liée. Tout cela produit un sentiment d’accélération sans frein des rythmes de vie, et d’étouffement, de saturation. Cela peut aboutir à un sentiment fort de dépossession de sa vie dans les espaces métropolitains.

Les politiques publiques ne sont-elles pas moins focalisées sur les métropoles ?

Il y a effectivement le plan Action Coeur de Ville pour les villes moyennes, ou encore plus récemment l’Agenda rural. Le tropisme métropolitain reste cependant très fort : en 15 ans on a ou on va consacrer plus de cent milliards pour les métropoles et leurs grands chantiers d’aménagement. Pour les 222 villes du plan Action Cœur de ville, ce sera 5 milliards sur cinq ans… En plus, je m’étonne que ce changement de politique arrive si tard, alors que depuis dix ans les signaux étaient clairs d’un fossé qui se creusait entre les territoires. Le mouvement des gilets jaunes  en a été la catharsis. Le problème est surtout que le gouvernement y répond avec les recettes métropolitaines. Action Coeur de Ville est focalisé sur la question de la revitalisation des commerces, au risque d’une marchandisation croissante des espaces, et d’une standardisation des  centres-villes. La mise en place de tiers- lieux notamment en milieu rural relève d’un tropisme métropolitain : comme si les territoires ruraux n’avaient pas depuis longtemps créé des formes de partage et de solidarité, à l’image des foyers ruraux par exemple, qui produisent bien plus de liens qu’un fablab.

Selon vous les alternatives se trouvent aujourd’hui dans les zones moins denses, rurales ou dites périphériques ?

Oui, dans les périphéries des métropoles se dessine parfois progressivement un autre modèle, beaucoup moins centré sur le mouvement, le divertissement, plus focalisé sur le vivant. Certains territoires ne sont pas encore dans la planification de la décroissance, mais ils travaillent sur leurs ressources endogènes, sur des formes différentes de solidarité, de mutualisation plutôt que de compétition. Ils n’emploient pas le terme de décroissance, ils parlent plutôt d’économie locale, de système de développement territorialisé,…Le mythe de l’illimité commence à tomber. Tant qu’on ne donnera pas plus de marge de manoeuvre aux pouvoirs locaux, de droit à l’expérimentation, à plus de démocratie réellement directe, on ne permettra pas à ces initiatives d’essaimer, en inversant par exemple la fameuse théorie du ruissellement. Le modèle centraliste de l’action territoriale les bride. Peut-être l’urgence écologique sera- t-elle le moteur d’une révision de notre modèle démocratique.

Vous défendez avec force les territoires périphériques (et notamment périurbains), remis sur  le devant de la scène avec la crise des gilets jaunes ?

Le périurbain n’est pas que l’externalité négative de l’urbain, souvent désigné comme le contraire de la densité urbaine, c’est-à-dire l’étalement urbain, qui ne serait pas vertueux écologiquement. Derrière le périurbain, il y a des choix de vie, de plus en plus l’envie de vivre différemment, et de quitter les espaces centraux. Oui dans le périurbain il peut y avoir de l’enfermement, de la standardisation, mais c’est aussi souvent un lieu de foisonnement environnemental, qui peut répondre au désir d’espace, de nature, voire de terre. Le périurbain produit aussi des choses assez joyeuses, comme le développement des circuits courts, une certaine revitalisation sociale, notamment autour des écoles et de la vie scolaire. Le périurbain ce n’est pas que l’anonymat et les centres commerciaux !

 

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