[Opinion] Place des femmes

Ouvrir la ville aux femmes : l’exemple de Rennes

| Mis à jour le 06/02/2020
Par • Club : Club Techni.Cités

La Cité maraîchère de Romainville proposera des produits d'alimentation de qualité et accessibles au plus grand nombre.

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« La Gazette » ouvre ses colonnes aux élèves ingénieurs en chef de l’Institut national des études territoriales (Inet). Chaque mois, ces futurs cadres dirigeants des collectivités publieront une tribune, fruit de leurs réflexions sur les grands défis auxquels nous devons faire face, en invitant ponctuellement leurs collègues élèves administrateurs et élèves conservateurs de bibliothèques à la réflexion commune.

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Aénor P. Carbain, élève conservatrice de bibliothèques,

Camille Le Bras, élève administratrice,

Amanda Miché, élève ingénieure en chef,

Géraldine Rouland, élève ingénieure en chef,

Elisabeth Voisin, élève administratrice.

Les femmes occupent moins l’espace public que les hommes, elles y passent, quand ils y restent… En effet, selon des études, 100 % d’entre elles ont connu au moins une fois une situation de harcèlement sexiste ou sexuel dans les transports en commun. Elles sont 54 % à renoncer à la pratique d’un sport après la naissance d’un enfant, contre 24 % des hommes. Signalons aussi que 25 % des femmes (18-29 ans) ont peur dans la rue. Les causes sont multiples : sentiment d’insécurité, éducation, injonctions sociétales ou culturelles. Nombre d’entre elles mettent en place des stratégies d’évitement qui restreignent leurs libertés, comme ne pas sortir le soir, allonger leur parcours pour ne pas passer dans les zones anxiogènes, avoir les écouteurs « vissés » sur les oreilles pour ne pas entendre des remarques sexistes…

Quatre axes incontournables

Face à ce constat, comment relever le défi de l’inégalité d’accès à l’espace public, et comment aménager une ville pour tous ? La municipalité de Rennes s’est saisie du sujet en faveur d’une ville plus inclusive. Après une approche initiale tournée vers la « conception », il est vite apparu nécessaire d’élargir l’analyse pour mieux intégrer les usages, les comprendre, les prendre en considération.
Pour atteindre cet objectif, quatre axes paraissent incontournables et complémentaires : non seulement la conception de l’espace public, mais aussi la concertation avec les femmes, l’animation des espaces et l’observation des usages qui en sont faits.

Il existe plusieurs clés pour agir, permettant de prendre en compte le genre à chaque étape de l’élaboration des espaces publics. En matière de concertation, par exemple, la réalisation de marches exploratoires de femmes libère la parole à propos des zones anxiogènes, concernant les attentes, besoins et ressentis.

Afin de mesurer l’usage ou le non-usage des espaces, il émane aussi une exigence en termes d’observation. La collectivité dispose de nombreux « capteurs » sur le territoire : les agents territoriaux des espaces verts, de la voirie, de la sécurité… Ils sont à même de porter un regard sur les espaces dont ils assurent la gestion et l’entretien au quotidien. L’organisation de la capitalisation des informations et leur analyse constituent un enjeu à part entière au sein de la collectivité.

Un espace public plus inclusif

L’approche par le genre permet, de surcroît, de détecter les non-usages d’un espace public au-delà de la seule population féminine, et de travailler à une appropriation plus large et à un espace public plus inclusif.

La conception des espaces s’intéresse à un élément peu palpable, subjectif, mais néanmoins essentiel pour comprendre leur non-appropriation : il s’agit du ressenti des citoyens vis-à-vis de l’ambiance urbaine. Les retours d’expérience d’autres collectivités, le suivi des aménagements réalisés et des usages réels, la transversalité entre les services, ainsi que le partage des résultats des démarches de concertation sont autant d’outils au service de la collectivité.

Enfin, les animations proposées sur ces espaces, notamment ceux de sports et de loisirs, mais aussi les cours d’école, doivent favoriser une mixité des usages et légitimer chacun et chacune dans son appropriation de la ville. En matière d’animation des cours d’école, on retiendra l’enjeu de formation des animateurs, de capitalisation et de diffusion des bonnes pratiques.

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