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A la conquête des îlots de fraîcheur

Publié le 16/08/2019 • Par Auteur associé • dans : Dossiers d'actualité

Intégrer des parcs dans les nouveaux aménagements, comme l’écoquartier du Plateau de Haye à Nancy, est essentiel pour limiter l’effet îlot
de chaleur.
Intégrer des parcs dans les nouveaux aménagements, comme l’écoquartier du Plateau de Haye à Nancy, est essentiel pour limiter l’effet îlot de chaleur. Flickr
Végétalisation, utilisation de matériaux plus clairs… Face aux fortes chaleurs, les villes multiplient les solutions pour faire baisser la température.

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Sophie Vincelot

Le Moniteur

Cet article fait partie du dossier

Ville résiliente

Les nouvelles vagues de chaleur de l’été 2019 nous l’ont rappelé : dans les années à venir, les grandes métropoles devront composer avec des épisodes de canicule intense. Selon une étude publiée dans la revue scientifique « Plos One », huit villes sur dix connaîtront une évolution radicale de leur climat d’ici à 2050. Les températures de Londres ressembleront à celles de Madrid aujourd’hui, celles de Zurich à celles de Milan, et celles de Paris à celles de Canberra, en Australie. La capitale française pourrait subir une augmentation de 6,1 °C dans les mois les plus chauds, et de 2,3 °C en hiver.

Conséquence : pour éviter l’assèchement de l’environnement et l’accumulation de la chaleur dans les rues, les professionnels de la construction doivent réfléchir à la création d’îlots de fraîcheur en ville. L’une des premières pistes de réflexion concerne la végétalisation.

« Elle nous intéresse à deux titres : elle permet de créer de l’ombre, ce qui protège le sol et les personnes dans l’espace public. Et surtout, via le mécanisme de photosynthèse, la végétation rejette de la vapeur d’eau et donc rafraîchit », analyse Julien Bigorgne, ingénieur environnement à l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur). La Ville de Paris, à la pointe sur ce sujet, s’est notamment fixé pour objectif de planter 20 000 arbres entre 2014 et 2020.

La fin des projets très minéraux ? Certains acteurs de l’immobilier, comme Apsys, se sont emparés du sujet. La foncière spécialisée en immobilier commercial développe actuellement un projet dans le quartier de la gare de Bordeaux Saint-Jean qui doit sortir de terre d’ici à 2023. Elle prévoit notamment l’aménagement de 88 000 m2 d’espaces urbains, parmi lesquels des hôtels, des commerces, des bureaux, mais également des logements.

« A l’origine, nous avions un projet très minéral. Mais nous nous sommes rendu compte que ce dernier ne correspondait pas aux souhaits des habitants. C’est pourquoi nous avons décidé de transformer l’axe principal du projet en le végétalisant », décrit Stéphan Lett, directeur général adjoint des opérations d’Apsys. La foncière a ainsi décidé de planter 200 arbres. Elle compte également utiliser des matériaux de couleur claire, comme la pierre de Bordeaux.

« Nous avons choisi ce matériau parce qu’il ne stockera pas la chaleur tout au long de la journée », explique Stéphan Lett. Une autre réflexion doit être menée sur le bâtiment lui-même. C’est ce qu’affirme Cyril Trétout (lire page suivante), architecte urbaniste à l’agence ANMA, qui en appelle à réaliser de « grandes rénovations thermiques ».

Des infrastructures humidifiantes

Les routes et trottoirs constituent un enjeu essentiel dans le refroidissement de la ville. C’est notamment ce qu’étudie Paris, en partenariat avec Colas et Eurovia, à travers l’expérimentation Cool & Low Noise Asphalt, lancée en octobre 2018. La commune teste dans trois rues trois enrobés différents. L’objectif est de réduire la pollution sonore, mais également de diminuer la température de 2 °C en période chaude.

« Nous mettons des granulats clairs afin que l’enrobé renvoie la majorité des rayons du soleil et n’en absorbe pas trop pendant la journée », présente Eric Godard, directeur technique chez Colas.

Autre test, à Nice (Alpes-Maritimes), un dispositif humidifie des pavés conçus à base de déchets de coquilles Saint-Jacques, grâce à un système d’adduction d’eau sous-jacent. Ce revêtement, disposé à certains endroits de la nouvelle ligne de tramway, a pour but de lutter contre les îlots de chaleur. « Il crée une sensation de fraîcheur et d’humidité », explique Sébastien Fernet, chef d’exploitation chez Colas. Une impression qui pourrait devenir un luxe dans les prochaines années.

Des villes assoifféesL’eau deviendra-t-elle une denrée rare dans les villes ? C’est la nouvelle menace qui plane sur les métropoles : le stress hydrique. Autrement dit, le moment où la ressource deviendrait insuffisante pour répondre aux activités humaines et aux besoins de l’environnement. Le phénomène est mondial. Selon un rapport du World Resources Institute (Institut des ressources mondiales), près d’un quart de la population du globe, vivant dans 17 pays, est en situation de « stress hydrique très grave », proche du « jour zéro », à partir duquel plus aucune goutte sort du robinet.

Pour affronter cette situation, les villes doivent prendre des mesures drastiques. En 2017, face à la sécheresse qui touchait l’Italie, Rome a dû envisager de rationner l’eau potable avec des coupures… pouvant durer jusqu’à huit heures par jour.

« La réglementation devrait interdire les logements mono-orientés »

Cyril Trétout, architecte urbaniste de l’agence ANMA

Comment les urbanistes prennent-ils en compte la question des îlots de fraîcheur pour les nouveaux quartiers ?

Le végétal n’étant plus une option, plusieurs questions se posent pour l’intégrer à la ville. Doit-on créer un îlot où la végétalisation sera omniprésente ou construire un ensemble autour d’un parc ? Ce sera du sur-mesure selon les cas. Reste que tous ces nouveaux quartiers doivent être conçus selon des corridors biologiques existants. Certains éléments comme la ressource en eau et la circulation de l’air sont également à prendre en compte. D’autres interrogations doivent être abordées, comme la couleur des matériaux. Les toits dans certaines régions devraient être plus clairs. Or, ils sont souvent de couleur foncée, en tuile ou en ardoise, parce qu’ils s’intègrent mieux aux paysages.

Comment mieux penser le bâtiment ?

L’immeuble ne doit pas être en surchauffe. Au cours des dernières années, beaucoup de logements ont été construits avec une mauvaise ventilation. De plus, la réglementation devrait interdire les logements mono-orientés, et imposer les appartements traversants, comme c’est le cas dans les départements d’outre-mer [la RTAA DOM – Réglementation thermique, acoustique et aération – de 2016 tente de limiter le recours à la climatisation, NDLR]. Ne déconnectons pas la question du logement de celle des îlots de fraîcheur.

Faut-il prendre exemple sur des villes comme Naples, dont la conception a été pensée pour faire face aux grandes chaleurs ?

Le modèle des villes anciennes, avec des ruelles étroites – 5 m de large environ – qui permettent de s’abriter du soleil, n’est plus possible, ne serait-ce que pour des raisons d’usage et de confort souhaitées par les habitants, mais également de sécurité [notamment pour limiter la propagation des incendies, NDLR]. Nous devons donc réfléchir à des quartiers avec des cœurs d’îlot et des qualités de plantation sur les coursives. L’appropriation de la nature se fait à différents niveaux. La densité est plus acceptable avec cette notion de nature urbaine. Il ne s’agira pas uniquement de poser de la végétation en pleine terre, mais également d’en créer aux niveaux supérieurs, ce qui procurera une sensation de fraîcheur.

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