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Médiation

La médiation nocturne à l’épreuve des quartiers prioritaires

Publié le 03/12/2019 • Par Judith Chetrit • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

mediation-sociale
© Claude ALMODOVAR/LA GAZETTE
Alors que la nuit rime surtout avec ennui et troubles dans les banlieues, bailleurs, policiers et professionnels de la médiation, rassemblés à l’occasion du forum annuel de l’association Médiation nomade, ont tenté de trouver des alternatives.

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Manque d’équipements et d’activités, squats au pied des immeubles, quiétude perturbée par des nuisances sonores et des trafics…

La description des nuits dans les quartiers populaires n’a guère différé d’un interlocuteur à un autre lors du quatrième forum annuel organisé par l’association Médiation Nomade, mardi 26 novembre. Sans nier l’influence du travail des services de médiation de nuit, elle passerait même pour intemporelle d’après Djamel Attalah, l’un des anciens initiateurs de la marche pour l’Egalité, devenu médiateur de nuit : “Cette demande d’équipements qui fonctionnent la nuit existait déjà quand j’étais jeune. On n’a pas encore de réponse sur l’endroit où ils pourraient aller.” Il faut aussi parvenir à un équilibre entre le calme et les festivités.

Avec près de 330 soirées passées depuis 2012 à aller à la rencontre de jeunes et d’adultes dans 75 villes, les deux frères salariés – Yazid et Lakhdar Kerfi – ainsi que les bénévoles ont profité de ce forum pour réfléchir collectivement avec des professionnels comme les bailleurs ou les policiers municipaux sur des pistes possibles d’expérimentation. “Il est important d’occuper le terrain. Sinon, d’autres le feront avec d’autres discours. Les problèmes des jeunes sont d’abord le problème d’adultes. Lorsque l’aller-vers est compliqué pour certains, c’est à nous de provoquer des rencontres, faciliter les liens, libérer la parole”, plaide Yazid Kherfi.

Mais, entre les besoins et les problématiques des jeunes détaillés dans une enquête de terrain et les conditions de déploiement, la marche à suivre pour désenclaver ces quartiers et “réinventer” la vie nocturne n’est pas évidente à trouver. Verbatim.

François Gérard, chargé de développement social urbain chez Val d’Oise Habitat

« Nous essayons de développer la mise à la disposition de locaux pour les associations. Pour les jeunes qui nous interpellent à ce sujet, nous demandons à ce que cela soit chapeauté par un acteur associatif car nous avons une responsabilité. Notre souci principal en tant que bailleur reste aussi la tranquillité, un objectif pour lequel nous travaillons avec des médiateurs comme Promevil. Nous n’arrivons pas toujours à saisir ce que les jeunes veulent. Les revendications qui sont les plus écoutées restent celles des amicales des locataires qui sont, il faut le reconnaître, rarement représentatives des jeunes et de leurs discours.

Pour ce qui est de nos marges de manœuvre, il faut aussi prendre en considération l’époque de construction des immeubles. Cela joue beaucoup dans les aménagements possibles des résidences. Une partie de nos rez-de-chaussée sont aujourd’hui occupés par des centres culturels et sociaux mais il faut aussi prendre en compte que tout le monde n’a pas envie de travailler la nuit pour poursuivre des activités. Lorsque je travaillais auparavant en municipalité (à Gennevilliers, ndlr), je me souviens des débats qui pouvaient avoir lieu lorsque nous réfléchissions à l’installation de bancs. Il pouvait avoir du sens en journée pour les enfants et leurs parents. La nuit, c’était une autre affaire et les bancs sont difficilement amovibles lorsqu’ils servent de point de chute ! »

Kelly Abbe, membre de l’association de médiation nomade Passer’Elles

Passer’Elles réunit trois anciennes étudiantes de l’université de Nanterre qui se sont rapprochées de Médiation Nomade pour créer en 2019 une autre structure sillonnant les Hauts-de-Seine.

« Quand nous avons commencé, nous ne nous sommes pas dit que nous avions une volonté politique de re-féminiser la nuit. Nous avons rencontré Yazid Kherfi lors de notre première année de master « Cadres d’intervention en terrains sensibles » et nous avons été accompagnées par des éducateurs spécialisés et des médiateurs. A ce jour, nous avons déjà effectué une dizaine de médiations et tout se passe très bien.

Il y a des soirées avec des environnements familiaux et d’autres où ce sont surtout des 18-30 ans. On nous demande souvent en quoi notre démarche de médiation féminine est différente des autres? Nous venons de commencer mais cela change le regard sur le terrain. Quand nous nous rendons dans les quartiers en soirée comme à Colombes, Villeneuve-la-Garenne ou Nanterre, ce sont essentiellement des hommes avec qui nous discutons. Ils voient trois femmes arriver dans un camion et viennent nous parler d’abord par curiosité : “qu’est-ce que vous faites là?”, “vous n’avez pas peur?”, “il n’y a pas d’hommes avec vous”… Il n’y a pas de jeu de séduction qui s’installe puisqu’une limite est mise dès le début. Nous nous présentons comme des médiatrices qui viennent voir ce qu’ils font et écouter ce qu’ils ont à dire. Nous voulons rester plus longtemps sur le territoire. La ville de Nanterre nous a déjà engagées pour trois autres soirées supplémentaires. Car les jeunes nous demandent toujours quand est-ce qu’on revient à la fin ! »

Stéphanie Lugrin, directrice de la police municipale d’Amiens

« Nous n’avons pas le même tempo en journée et en nuit. En journée, les habitants ont leurs activités. La nuit, il y a un espèce d’ennui qui est rempli de beaucoup de choses et pour nous, elle est synonyme d’un accroissement d’activité ! En journée comme en soirée, j’exige de mes équipes qu’elles soient proches des gens, accessibles et visibles, et des échanges qu’ils soient non discriminatoires ou dans le jugement.

Chaque collectivité a sa doctrine d’emploi pour les polices municipales. Dans la zone de sécurité prioritaire d’Amiens Nord, qui représente un cinquième de la ville avec 30 000 habitants, il y a un poste de police au cœur du secteur, à côté de la mairie de quartier. Je veux qu’ils soient à pied. Ils ont interdiction de prendre la voiture, je contrôle l’essence ! Nous pouvons patrouiller jusqu’à 23h-minuit. Il nous arrive d’aller chez des particuliers pour des tapages mais c’est la police nationale qui prend souvent le relais des sollicitations et agit pour la partie répressive.

Nous travaillons beaucoup avec les médiateurs qui nous font remonter des informations dont nous ne disposerions pas du fait de l’obstacle de l’uniforme. On fournit certainement dix fois plus d’efforts pour approcher les jeunes. Tout le monde ne fait pas la distinction avec la police nationale. Nous n’avons pas d’armement létal à Amiens par exemple, mais nous avons un armement intermédiaire que sont les LBD. J’ai demandé à mes équipes que cet équipement soit banalisé pour que cela ne montre pas un changement de comportement ou de posture en fonction du moment de la journée ou de la soirée. Car j’ai conscience que le fait d’armer une police colore le rapport que l’on peut avoir avec l’administré. »

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