logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/652152/a-rueil-malmaison-des-toasts-qui-passent-mal/

FINANCES
A Rueil-Malmaison, des toasts qui passent mal
Pascale Tessier | A la Une finances | Actualité Club finances | France | Publié le 29/11/2019 | Mis à jour le 02/12/2019

Le pot de départ du DGS de la ville, facturé 12 800 euros selon Le Parisien, provoque l’indigestion parmi les contribuables et les agents de la ville à qui il est demandé depuis des années de faire des efforts. Si ce toast reste tant sur l'estomac, c’est que le message sur les économies est sans doute mal passé.

Patrick-Ollier-UNE

Qui pleure sur ses budgets contraints prend le risque d’être piégé par la réalité du terrain. C’est l’amer constat que vient de faire Patrick Ollier (LR), maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) – et, par ailleurs, président de la Métropole du Grand Paris (MGP)- dont le martelage d’indispensables économies à réaliser vient d’être contredit par une explosive facture d’agapes revenue vers lui à la vitesse du boomerang.

Sur le fond, il s’agissait d’honorer le départ en retraite du directeur général des services (DGS), au terme de douze années au service des Rueillois. Rien d’anormal pour les communes qui n’ont pas renoncé à ce genre de cérémonies malgré le serrage de ceinture général.  Mais dans ce cas, c’est surtout dans la forme que le bât a blessé pour les habitants de Rueil-Malmaison.

Car -orchestrée par le jeune retraité lui-même- la réception des quelque 300 invités a vu grimper la facture des petits fours à 12886€, selon Le Parisien [1]. Une note qui a tant fait tiquer le premier magistrat qu’il aurait « failli tomber de sa chaise », raconte une collaboratrice. Dans une commune de 86000 habitants, le maire n’est pas celui qui épluche les factures, laissant ce soin et celui « de les signer  à son DGS » précise la même source, citant le premier magistrat.

Ce dernier aurait demandé au jeune retraité d’en acquitter une partie, et c’est finalement la moitié de la facture, soit « un peu plus de 6400€ » qui auraient été remboursés. La part restante correspondant au montant habituellement engagé « pour un départ de DGS. »

Syndicats en embuscade

Ces agapes ont surtout fait bondir les représentants syndicaux CGT qui ont jugé que, même à 7883€ la facture laissée aux contribuables dépassait de beaucoup les 3000 à 4000€ prévus pour ce type de réception. Et qu’elle était en totale contradiction avec la liste des restes à réaliser dans la commune et les efforts de gestion demandés aux services.

Une anicroche qui illustre combien les élus de tout bord sont plus que jamais incités à éplucher de près leurs factures, à quelques semaines d’une entrée en campagne électorale, d’ores et déjà engagée sous le signe de la sobriété et la modération financière.