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Congrès des maires 2019

Politique de la ville : « Il n’y a plus d’instance de dialogue »

Publié le 20/11/2019 • Par Véronique Vigne-Lepage • dans : France

Philippe Rio Grigny
Grigny
Deux ans après l’appel de Grigny lancé par des maires de banlieue en colère, où en est-on ? C’était la question posée par l’association Ville et banlieue lors du Salon des maires, mercredi 20 novembre. A cette occasion, la Gazette s’est entretenue avec Philippe Rio. Le maire de Grigny estime que « le président de la République n’a pas compris la gravité de la situation ».

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Il y a deux ans déjà, une centaine de maires en colère, inquiets des coupes budgétaires dans les crédits de la politique de la ville, en appelaient au président de la République pour une intervention plus forte de l’Etat dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. « L’appel de Grigny », porté par les associations Bleu Blanc Zèbre, Ville et Banlieue, et Villes de France a-t-il porté ses fruits ? Philippe Rio, maire de Grigny, dresse un constat sans appel : les « quelques avancées » et « rattrapages » n’ont pas suffi à répondre à « une explosion des besoins » des banlieues.

Deux ans après, estimez-vous que « l’appel de Grigny » a eu l’écho escompté ?

Il y a eu quelques avancées qui sont à mettre au profit de cette mobilisation : les Cités éducatives, le coup d’accélérateur donné à la rénovation des copropriétés dégradées, et l’accélération de l’action de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine. Notre mobilisation avait notamment pour origine le blocage de l’Anru. Force est de constater qu’à partir de notre appel, les choses se sont débloquées. De même, pour les copropriétés dégradées, l’Anah a assoupli son règlement et a décidé de co-financer de la gestion urbaine de proximité : cela ne s’était jamais fait.

Des élus de banlieue, comme Catherine Arenou, maire de à Chanteloup-les-Vignes, expriment leur très grande lassitude face à une forte tension sociale… D’où viennent ces sentiments ?

Le point central, pour moi, c’est la justice : elle est l’angle mort des politiques dans nos communes. Les élus locaux n’ont aucun contact avec la justice, notamment celle des mineurs. Par ailleurs, comme celle-ci manque de moyens, elle n’est pas la plus réactive et la plus efficace possible. Ses réponses sont en décalage avec les faits commis, ce qui laisse place à un sentiment d’impunité de leurs auteurs.

Un rapport a révélé qu’au tribunal d’instance d’Aubervilliers, il faut six mois de plus qu’ailleurs pour pouvoir divorcer. Cela peut paraître peu important, mais, au contraire, cela montre que nous n’avons même pas la même justice qu’ailleurs. Nous avons une justice de banlieue, de seconde zone.

Vous demandiez plus de moyens pour la justice, mais aussi pour la police. Sur ce point, vous avez peut-être été plus entendus ?

Les fameux quartiers de reconquête républicaine ! Effectivement, dans ce cadre, je viens de voir arriver, le 1er septembre, quinze nouveaux policiers au commissariat de Grigny. C’est très bien, mais il nous en faudrait encore quinze de plus : ce n’est en effet que le rattrapage de la baisse des effectifs qui avait été décidée il y a dix ans par Nicolas Sarkozy. Or pendant ces dix ans, les besoins de sécurité et de tranquillité publique ont doublé. L’appel des maires contre les incivilités, le 17 novembre, en est la preuve. En matière de sécurité comme d’éducation, on est sur du temps long : récupérer les choses après un tel abandon va prendre des années.

Le gouvernement n’a donc pas pris, selon vous, la mesure des besoins des banlieues ?

Je suis très déçu, non pas du gouvernement, mais d’Emmanuel Macron : il a balayé les propositions que lui avait faites Jean-Louis Borloo, à sa demande. Il a créé un Conseil présidentiel des villes qui est mort-né et il n’y a plus d’instance de dialogue.

Je suis très en colère face à cette situation. Je n’étais pas présent le 19 novembre, lorsqu’Emmanuel Macron s’est rendu au congrès des maires de France. J’ai une grande défiance vis-à-vis de ce genre de « calinothérapie », qu’il avait déjà pratiquée dans le cadre du grand débat.

Je ne crois pas qu’il ait compris la gravité de la situation. Le pouvoir des maires n’a pas changé et la situation de nos villes s’est dégradée. Une situation que je compare aujourd’hui à celle des hôpitaux : instabilité chronique des règlementations (par exemple les changements relatifs à la taxe d’habitation) et moyens financiers en baisse, alors que nous sommes au cœur de l’urgence sociale et de citoyenneté.

Vous vous comparez aux professionnels de l’hôpital public ; pensez-vous donc passer, comme eux, à des actions plus « dures » que les appels et les tribunes, pour vous faire entendre ?

Je crois que c’est fait : un nombre anormalement élevé de maires ont démissionné ces deniers temps. Pas forcément parmi ceux de communes en politique de la ville, c’est vrai. Nous, maires de banlieues, avons une résilience et une résistance assez fortes. Mais beaucoup d’entre nous se posent malgré tout cette question de la démission. Depuis l’appel de Grigny, il y a deux ans, notre colère ne s’est pas atténuée.

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