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DOSSIER : Que restera-t-il des Jeux olympiques de Paris 2024 dans les collectivités ?
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/649036/le-role-du-comite-dorganisation-des-jo-nest-pas-de-pousser-a-la-depense-publique/

[INTERVIEW] PARIS 2024
« Le rôle du Comité d’organisation des JO n’est pas de pousser à la dépense publique »
David Picot | France | Publié le 18/11/2019

Plusieurs centaines de collectivités figurent dans la première liste des labellisées « Terre de Jeux 2024 », présentée au Congrès des maires, du 19 au 21 novembre. Le point avec Tony Estanguet, président du Comité d’organisation des JO de 2024.

Estanguet chez Doublet [1]

Qu’attendez-vous des collectivités à travers le label « Terre de Jeux 2024 » [2] ?

De l’engagement. Notre objectif est de mettre plus de sport dans le quotidien des Français. Nous avons besoin des collectivités qui jouent déjà un rôle majeur dans le développement du sport à travers, notamment, les équipements et les subventions directes. C’est une première dans l’histoire des Jeux olympiques puisque traditionnellement seule la ville hôte a le droit de communiquer. Pour Paris 2024, tous les labellisés pourront le faire. Nous mettrons à leur disposition un logo sur lequel ils pourront accoler le nom de la collectivité, pour le décliner sur des supports de communication.

Tous les postulants obtiendront-ils ce label ?

Non, l’obtention ne sera pas automatique ! Nous demandons des promesses fortes et des actes, autour de trois axes. Un, la célébration des Jeux, ensemble. Deux, l’organisation d’événements pour faire bouger les Français, avec une dimension sur la santé, le handicap, le lien social… Trois, faire en sorte que les Français soient « connectés » aux Jeux et que les territoires soient le relais de nos informations : pour devenir bénévole, acheter des billets, obtenir un emploi 150 000 seront créés pour cette organisation , etc. Pour le suivi des labellisés, nous imaginons des trophées annuels, afin de valoriser les meilleures pratiques, qui seront plus liées à la façon de casser les codes qu’aux moyens consacrés.

« Terre de Jeux 2024 » est aussi une porte d’entrée pour devenir centre de préparation des Jeux (CPJ, les ex-bases arrières)…

Les collectivités ont jusqu’au 30 novembre pour figurer dans le catalogue qui sera proposé aux délégations lors des Jeux de Tokyo, en 2020. Nous avons besoin de CPJ et avons de très bons dossiers. Mais nous ne voulions pas limiter l’implication des territoires et l’héritage des Jeux aux CPJ qui font toujours un peu fantasmer et peuvent entraîner des déceptions puisque, finalement, assez peu sont choisis.

Dans la foulée de la désignation de Paris, l’euphorie avait gagné les élus qui voyaient les Jeux comme une opportunité de rénover des équipements sportifs vieillissants. Ils ont été bien déçus…

Nous sommes davantage sur un héritage immatériel. Le modèle économique de Paris 2024 ne repose pas sur la construction de beaucoup d’infrastructures et notre rôle n’est pas aujourd’hui de pousser à la dépense publique. Par ailleurs, même si des territoires sont fortement carencés en équipements, il y a encore de la place pour optimiser l’existant, renforcer le sport avant de construire des infrastructures : à travers des actions dans les écoles, les entreprises, les quartiers, etc. Ensuite, j’ose espérer que, s’il y a plus de pratiquants, les constructions suivront.

CHIFFRES CLES

  • Depuis 2017 : président du Comité d’orga- nisation des JO.
  • 2017 : désignation de Paris comme ville organisatrice des JO de 2024.
  • 2013 : membre du Comité international olympique.
  • 2000 : champion olympique de canoë (puis en 2004 et 2012).


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