Mobilité

Comment les collectivités peuvent accompagner le free-floating

Par • Club : Club Techni.Cités

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En partenariat avec l’Ademe, le bureau d’études 6t a publié un livre blanc à destination des collectivités pour les aider à mieux appréhender le free-floating. Car au delà des nuisances induites par ces nouveaux usages, il pourrait aussi être une chance pour les politiques de mobilité.

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Les collectivités vent debout face aux trottinettes

Le bureau d’études 6t, spécialisé dans les questions de mobilité et de modes de vie, a publié, en partenariat avec l’Ademe, un livre blanc sur la mobilité en free-floating. L’objet de cette étude est d’apporter des outils aux collectivités pour ne plus subir trottinettes, vélos ou scooters en libre-service et de les aider à encadrer ces nouveaux usages.

En se basant sur un état des lieux de l’activité économique du secteur et à partir d’échanges avec les responsables des collectivités et des opérateurs, le bureau d’études est parti de ce constat : si ces nouvelles mobilités charrient leur lot de contraintes (arrivée des opérateurs sans concertation avec les collectivités, encombrement de l’espace public …), elles apportent aussi de nouvelles offres de transport à moindre frais pour les pouvoirs publics, puisqu’il s’agit d’opérateurs privés.

« Posture attentiste »

Dans les faits, les quelques avantages enregistrés ont pâti d’inconvénients – plus nombreux – qui ont forcé les collectivités à réagir. En plus du risque d’encombrement anarchique de l‘espace public ou de la concurrence que ces services peuvent représenter pour les services de mobilité soutenus par les collectivités, ces dernières ont également signalé un impact négatif sur la part modale de la marche et des transports en commun, sur l’environnement (durée de vie des véhicules et des batteries), la précarité des emplois et le modèle économique de ces secteurs. Beaucoup ont d’ailleurs adopté une « posture attentiste » en s’en remettant à la loi d’orientation des mobilités, ce qui a fait le jeu des opérateurs.

Le rapport précise ainsi : « Pendant que les collectivités attendent la nouvelle loi pour cimenter le cadre réglementaire, les opérateurs apprennent à connaître le territoire et ses habitants, collectent des données et développent une expertise territoriale ». Or, la loi tant attendue est loin de résoudre les problèmes puisqu’elle « devrait permettre de délivrer des titres aux opérateurs sans toutefois rendre l’opération de tels services conditionnelle à l’obtention d’un titre. »

Que les collectivités se réinventent

Cette étude tente donc d’apporter des solutions. La première concerne l’occupation de l’espace public. « Par le biais des autorisations, procédures de sélection ou chartes, les collectivités établissent des mesures visant à réguler la place occupée par les véhicules partagés en free-floating ». Dans les faits, certaines villes ont ainsi interdit les opérateurs de s’installer ou leur ont demandé de se retirer (Nantes, Bordeaux, Toulouse…). D’autres commencent à lancer des procédures de sélection pour limiter le nombre d’opérateurs (Toulouse, Grenoble …). Autre levier d’action : les chartes de bonne conduite. Si celles-ci n’ont aucun caractère coercitif, elles permettent aux différents acteurs de nouer des relations et, ainsi, d’arriver à se mettre d’accord sur les modalités de déploiement.

Pour aller encore plus loin, les collectivités peuvent user d’autres pouvoirs : utiliser le geofencing (gardiennage virtuel) pour interdire certaines zones à la circulation (mais la technologie ne semble pas encore assez précise) ; instaurer des limitations de vitesse ; délimitations spécifiques pour le stationnement ; mise en place d’une redevance pour inciter les opérateurs à respecter les règles imposées.

Dans le même temps, l’arrivée du free-floating offre, selon l’étude, la possibilité aux collectivités de réinventer « des mécanismes d’action publique afin de s’adapter ».  La gestion des données collectées par les opérateurs doit ainsi leur permettre d’assurer « l’équilibre socio-spatial de l’offre de mobilité ». En clair, de demander aux opérateurs de couvrir les quartiers les moins pourvus en transport en commun. L’étude reconnaît toutefois que « la manière dont l’acteur public se saisit de cette donnée reste peu claire ».

De plus, l’arrivée de cette activité oblige les collectivités concernées (les communes pour l’espace public et le stationnement, et les intercommunalités pour les questions de mobilité) à articuler leurs politiques : « Il s’agit de créer de nouveaux postes au sein des collectivités, dédiés à la prise en compte des questions soulevées par les services de free-floating ».

Enfin, il vaut mieux aujourd’hui accompagner ces services pour ne plus les subir et profiter de leurs avantages. Le rapport propose ainsi un calendrier idéal de déploiement tout en précisant les mesures d’encadrement. La réussite passe donc par des échanges réguliers entre les techniciens territoriaux et les managers de ces sociétés. « Ces échanges constants permettent alors de réajuster les mesures fixées ex ante afin de les adapter au fonctionnement effectif des services », conclut le rapport.

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Commentaires

1  |  réagir

14/11/2019 08h07 - Henri Tanson

Free-floating », c’est d’un ridicule.
A une autre époque, le recours à des anglicisme était proscrit, surtout quand il existait (il existe TOUJOURS) un équivalent français pour exprimer l’idée…
Arrêtons cette dérive et cette soumission à une langue si pauvre quand la notre est si riche, si belle !

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