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Banlieues

Le grand ras-le-bol de la maire de Chanteloup-les-Vignes

Publié le 05/11/2019 • Par Pascale Tessier • dans : A la une, Actu prévention sécurité, France

Arenou 2
D.R.
L’incendie de l’école de cirque a entamé le moral de Catherine Arenou qui dénonce les menaces dont elle fait l'objet, les coupes dans les budgets de la politique de la ville. Elle pointe du doigt des jeunes qui s'identifient à nouveau aux "héros" du film "La haine", tourné voici un quart de siècle à Chanteloup-les-Vignes.

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Ras-le-bol ! 48 heures après l’incendie qui a ravagé l’école du cirque qui faisait sa fierté dans la cité de la Noé, le maire de Chanteloup-les-Vignes n’en peut plus. Et l’enthousiasme avec lequel Catherine Arenou (DVD) a reçu les soutiens chaleureux d’élus, d’habitants ou de chefs d’entreprises ne pèse plus assez lourd, face aux reproches -parfois anonymes- qui lui sont faits de n’avoir « peut être pas tout fait pour éviter d’en arriver là, de ne pas avoir été suffisamment là où je devais être, et de ne pas savoir désigner les délinquants qu’un maire bien informé est supposé connaître. »

Menaces contre la première magistrate

Bien qu’elle ait déclaré, sur les lieux du drame qu’elle reconstruirait, malgré son écœurement, force est de constater qu’elle se sent démunie face à une délinquance qu’elle côtoie au quotidien. Outre les insultes et noms d’oiseaux, elle subissait, depuis un an, les menaces verbales de cet incendie de la part d’individus -capuche sur la tête et circulant en voiture- qu’elle se dit incapable d’identifier.

Aujourd’hui, si Catherine Arenou est décidée à fuir les interviews et les appels à se justifier, elle ne regrette pas d’avoir fait ériger ce symbole de l’insertion pour des enfants en quête de confiance et d’épanouissement. « Dans n’importe quelle autre ville ça aurait été symbolique, alors qu’on me reproche d’avoir fait un truc énorme. Mais oui on a droit au beau, à plus de culture, plus de sport, à un éducatif différent. Car il y a tellement de difficultés, qu’il nous faut du visible. Je me suis donné du mal pour ce chapiteau, on le sait très bien, c’est mon talon d’Achille, mais c’est très important pour notre territoire. » A-t-elle pris un risque en le faisant construire, il y a un an, dans ce quartier sensible qui a vu flamber aussi un groupe scolaire, en avril 2018 ?

« Mais à chaque fois qu’on agit, on prend un risque. Si on fait des choses flamboyantes c’est parce que nos habitants le méritent. On pourrait se mettre sous la couette et ne rien faire, mais ici on ne peut pas faire les choses a minima. »

Travailleurs sociaux en mal d’ancrage

Or, la politique de la ville a minima, c’est justement ce que dénonce Pierre Cardo, maire de Chanteloup 1983 à 2009. « Il y a un refus de considérer que la politique de la ville servait à quelque chose ! Depuis des années, les gouvernements ont diminué les financements. Avec Sarkozy et Amara, la politique de la ville a été réduite, avec Hollande ça ne s’est pas arrangé, et Macron est entouré de gens qui n’ont pas de connaissance sur ce sujet. Dans cette société, on tient des discours extrêmement violents, et on s’étonne que les gens soient violents. On est à l’envers de ce que l’on devrait faire », s’énerve l’ancien député, fervent supporter de la méthode Borloo.

Dans des quartiers comme La Noé à Chanteloup, on a réussi quand même à faire de l’insertion. Mais malgré tout ce boulot réalisé, on nous explique que ça n’a servi à rien et que les ressources sont réduites. » Et Pierre Cardo de dénoncer la politique de la ville telle qu’elle est développée aujourd’hui : « La police de proximité, les gars sont en bagnole et tournent dans le quartier ; les travailleurs sociaux ne sont pas spécialement formés pour aller au contact ; la plupart intervenants n’y habitent pas, parfois même pas dans la ville. On déshumanise les quartiers, dans lesquels les gens qui ont besoin d’être considérés n’existent pas. »

Refoulant les critiques dont Catherine Arenou a pu faire l’objet, il constate que « les maires font ce qu’ils peuvent et on leur met sur le dos le dysfonctionnement de la société. C’est lamentable cette situation ! »

  • Politique de la ville : ce qu’Emmanuel Macron demande aux collectivités

Le retour de « la haine »

Un sentiment que partage également Driss Ettazaoui (Modem) face à « des années d’efforts et de partenariats parties en fumée ! »  Pour le vice-président de l’association Ville et Banlieue, adjoint au maire d’Évreux et vice-président en charge de la politique de la ville et de la prévention de la délinquance au sein de l’agglomération Evreux Porte de Normandie, « on a le sentiment d’être retombé à l’époque des violences urbaines de La Haine » (le film de Matthieu Kassovitz, sorti en 1995, qui avait été tourné à Chanteloup et terni l’image de la ville).

Un parallèle que fait aussi Catherine Arenou en dénonçant ces jeunes de La Noé « qui sont fiers qu’on parle d’eux depuis dimanche, ils sont les héros de la République. Ils veulent être les héros de La Haine, ils me le disent souvent, alors qu’ils n’ont même pas vu le film, pour certains d’entre eux. Ils vivent dans la nostalgie du c’était mieux avant, on pouvait tout faire. »

« Un voyou, c’est un voyou »

Pour avoir travaillé cinq ans avec Pierre Cardo à Chanteloup et pour côtoyer Catherine Arenou au sein de Ville et Banlieue, l’élu normand redoute « une image dégradée » que l’acte criminel pourrait renvoyer de La Noé et, par extension, des quartiers sensibles. Tout comme il se dit inquiet d’une possible propagation de cette délinquance à d’autres communes. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait renforcé l’écoute préventive à Evreux, ville qui avait connu le couvre-feu en 2005.

Comme nombre de voix qui se sont élevées depuis dimanche, Driss Ettazaoui souhaiterait aussi que l’on appelle un chat un chat.  « Et que l’on cesse de faire du misérabilisme parce qu’à un moment, ça suffit. Un voyou c’est un voyou, il n’y a pas d’autre mot à employer et pas de pitié à avoir. »

Le Département sort le chéquier

Le conseil départemental vole au secours de Chanteloup-les-Vignes. « Au titre de la solidarité territoriale et parce qu’il est indispensable de défendre l’ordre républicain, nous prendrons en charge l’intégralité des travaux de reconstruction », a affirmé son président Pierre Bédier (LR). L’équipement en bois avait coûté 800000€, le nouveau devrait être édifié d’ici 1 an. Valérie Pécresse (LR) devrait prochainement annoncer que le conseil régional d’Ile-de-France prendra part au financement. Des particuliers et des entrepreneurs ont proposé de racheter le matériel et une cagnotte de crowfunding sera lancée. Pour l’heure, ls services municipaux ne parviennent pas à chiffrer le montant du préjudice, le maire s’attelant en priorité à maintenir les activités : « le long terme terme on a trouvé, le moyen terme on va trouver, le court terme, on cherche encore. » Parallèlement, le conseil départemental des Yvelines va allouer une aide exceptionnelle, afin de renforcer les équipes de sécurité et de médiation, notamment pour un service de police de nuit. « Catherine Arenou fait un travail formidable dans sa commune. Nous n’allons pas laisser une poignée de délinquants martyriser leurs concitoyens. » Cette aide en fonctionnement sera maintenue dans la durée.

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Commentaires

Le grand ras-le-bol de la maire de Chanteloup-les-Vignes

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Henri Tanson

06/11/2019 08h43

Cette violence est le révélateur de la dérive de nos sociétés.
La politique néolibérale que nous subissons, ne voit plus que l’individu et nie totalement la société, l’intérêt commun. C’est pour cette raison que tout ce qui fait le lien social, tous les budgets qui permettraient de l’entretenir ou le développer, sont réduits comme peau de chagrin.
« Il n’y a pas de culture française » avait dit notre (…) président ; de la même façon, il considère que la France n’existe pas en tant que telle. Attali disait que nous devions considérer notre pays comme un hôtel…
Ces gens-là, soit n’ont rien compris, soit ont pour mission de détruire notre société.
Et, reconnaissons-le, pour le moment, ils y arrivent très bien…

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