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[Interview] Cinéma

« Un maire de grande ville est un peu comme un monarque »

Publié le 06/11/2019 • Par Olivier Rajchman • dans : France

Nicolas-PARISER
R. Escher / La Gazette
Dans le cinéma français, les élus locaux ne sont pas toujours à leur avantage. Nicolas Pariser est l’un des rares cinéastes français contemporains à évoquer l’action de nos édiles sans cynisme ni angélisme.

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Les élus locaux au cinéma ? Une vieille histoire, pas toujours à l’avantage des édiles. Dans les années 1970, Pierre Granier-Deferre racontait, avec « Adieu poulet », les dessous d’une campagne électorale rouennaise meurtrière. A la fin des années 1980, Jean-Pierre Mocky brocardait, dans « Une nuit à l’Assemblée nationale », un député maire aux méthodes crapuleuses. Un sillon qu’avait emprunté avant lui Claude Chabrol dans « Les Noces rouges », qui se déroulait du côté de Valençay, dans l’Indre.

Est-ce pour prendre le contre-pied de cette tradition nationale, dont il estime qu’« elle dénonce magouilles et médiocrité du personnel politique, dans une veine polémique, en escamotant l’héritage pourtant présent des droits de l’homme », que Nicolas Pariser bâtit depuis dix ans une filmographie scrutant l’action publique de façon clinique ? Il est l’un des rares cinéastes français contemporains à évoquer l’action de nos édiles sans cynisme ni angélisme. Avec honnêteté. Il le prouve dans son dernier long-métrage, « Alice et le Maire », sorti le 2 octobre.

Plébiscitée par les critiques et le public, cette comédie de mœurs suit le cheminement intellectuel d’un maire socialiste de Lyon, incarné par Fabrice Luchini, et de sa jeune conseillère philosophe, interprétée par Anaïs Demoustier. Le premier, qui se plaint d’être « une voiture de course, avec un moteur très puissant, mais à court de carburant », a besoin de la seconde pour avoir, à nouveau, des idées.

Lui qui affirme « la politique est l’affaire de ma vie » ne se voit pas exercer sa fonction sans idéal, mécaniquement. Nicolas Pariser nous livre, à travers « Alice et le Maire », sa vision des élus locaux et de leur engagement.

Votre film montre un élu, Paul Théraneau, fictif maire PS de Lyon, la tête dans le guidon, privé d’inspiration. Bien qu’entouré de conseillers très actifs, il a besoin de sang neuf, en l’occurrence une jeune philosophe, pour réapprendre à « penser » et à avoir des idées. Son cas est-il, pour vous, emblématique ?

Quand on est en responsabilité, on n’a pas vraiment le temps pour autre chose. Lorsque l’on est submergé de travail, comme peut l’être un maire de grande ville ou un ministre, cela devient extrêmement difficile de commencer et de terminer un livre, ou de se poser simplement pour écouter un disque, voire de sortir le soir et de discuter avec des amis.

Normalement, ce devrait constituer un problème. Mais j’ai le sentiment que les hommes politiques, broyés par un emploi du temps délirant, vivent bien le fait de ne pas avoir la même vie intérieure que ceux qui peuvent « s’échapper ». Ce que montre « Alice et le Maire », c’est précisément le moment où un politique prend conscience de cela, ce qui n’est pas si courant.

Plus qu’à des maires, j’ai parlé à des collaborateurs de cabinet. Toutefois, sur le postulat d’un premier édile d’une grande ville qui n’arrive plus à penser, je n’ai pas recueilli de témoignages. C’est le fruit de mon imagination. Je vois mal, d’ailleurs, une Martine Aubry à Lille ou un François Baroin à Troyes me dire qu’ils ont « du mal à penser ». Ils peuvent avoir des moments de doute, mais ils ne le formuleraient pas ainsi. Dans tous les cas, cela ne serait pas dit devant des collaborateurs ; ce serait un aveu de faiblesse…

Filmer une métropole, Lyon en particulier, était-il une évidence ?

Je voulais parler de l’aspect monarchique du pouvoir en France. Or, le maire d’une grande ville est un peu comme un monarque. Ce ne pouvait pas être Paris, où règne le président de la République, et non le maire. Lyon était mon premier choix. Mais cela aurait pu être Lille ou Bordeaux. Ayant écrit le film pour Fabrice Luchini, ça n’aurait pas pu être Marseille. Je ne pouvais passer après Pagnol et Guédiguian, et il n’était pas envisageable que Luchini prenne l’accent.

Les services du maire de Lyon ne nous ont pas laissés filmer à la mairie. Il y avait une volonté politique que nous n’y tournions pas. L’entourage de Gérard Collomb a-t-il pris peur en faisant, à tort, un rapprochement entre lui et Théraneau ? Quoi qu’il en soit, l’opposition Les Républicains nous a proposé de filmer l’aspect couloirs administratifs dans la mairie du IIIe arrondissement.

Pour ce qui est du côté dorure et château, nous avons tourné à la préfecture et au conseil départemental. Au final, il paraît que Collomb a trouvé le film très drôle.

Pourquoi vous êtes-vous penché sur les questionnements d’un maire, et non d’un président de région ? En quoi les élus sont-ils des sujets romanesques ?

C’est avant tout parce qu’il s’agit de la fonction la plus connue des gens que j’ai voulu faire un film sur un maire. Au début du projet, il s’agissait d’un président de région. Mais c’était trop alambiqué. Les gens connaissent leur président, leur propre maire, mais aussi ceux des grandes villes. Quand j’étais à Lyon, dans la presse locale, il y avait constamment des articles sur Gérard Collomb, pas sur le président de région, Laurent Wauquiez. Le maire est au centre des préoccupations politiques des Français.

De façon plus générale, les élus offrent un réservoir de personnalités ayant beaucoup de relief. A priori, ils sont intelligents, ont des stratégies. Ils ont également une ambition, ce qui va de pair avec une certaine fragilité.

Ils  donnent aussi à voir des récits de conquête, de déchéance, avec des tensions, des alliances, des inimitiés. D’un strict point de vue dramatique, c’est inépuisable. Que sont la Bible, les pièces de Shakespeare ou les romans de Balzac, sinon des récits politiques ?

Votre film souligne l’écart surréaliste entre l’action prosaïque des élus de grande ville et leurs aspirations internationales, relayées par les communicants…

Les édiles des grandes villes ont un pied dans le quotidien, mais aussi une ambition. Celle de regarder vers les autres métropoles, à l’échelle mondiale. Cela vaut pour les villes en bonne santé économique et qui ont la tentation de se désolidariser de villes petites ou moyennes les entourant pour échanger avec Barcelone ou Singapour. C’est insupportable parce qu’il faut, à partir de nos métropoles, opérer une redistribution.

En même temps, cette ouverture vers d’autres cités à travers la planète est le signe que nous vivons globalement en paix. Il y a à la fois défaut de civilisation, à l’égard de ceux qui sont proches, et davantage de civilisation, car nous échangeons plus qu’avant avec les pays étrangers.

Ces passerelles entre métropoles imposent aux maires des grandes villes d’exister médiatiquement. Or, qui sont chargés de les valoriser sinon les communicants ? J’en parle dans le film par soucis de réalisme. Mais cela crée, aussi, un effet comique. Montrer le fossé entre une parole jargonnante et son sens, des plus faibles, est savoureux.

Sur l’écriture, par Paul et Alice, du discours de la motion qui doit être présenté au congrès du PS, je me suis inspiré de mon expérience de critique cinéma et d’un film de Jane Campion, « Un ange à ma table », sur une jeune femme qui veut devenir écrivaine et construit, dès son plus jeune âge, ses phrases avec un soin méticuleux. Pour en revenir aux politiques, quand ils ont une ambition nationale, c’est aussi fort qu’une vocation artistique. La politique est une implication de chaque instant, comme la musique ou la peinture. On doit en faire tout le temps…

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