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Pompes funèbres

Comment le funéraire public veut sauver sa peau

Publié le 28/10/2019 • Par Hervé Jouanneau • dans : A la une, France

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Fabrice Picard
Face à une concurrence particulièrement rude, les opérateurs funéraires publics font le choix de rallier un réseau mutualiste en plein essor. Un tournant pour les représentants du service public qui semble pour l’instant porter ses fruits.

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C’est une révolution silencieuse qui est à l’œuvre dans un secteur qui ne l’est pas moins. Bouleversé par la percée des contrats obsèques et l’essor phénoménal de la crémation, le marché de la mort est devenu le terrain de jeu des géants de la finance et des sociétés d’investissement. Dans le viseur : un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros, porté par une croissance à la hausse, que le vieillissement de la population et l’entrée des baby-boomers dans le troisième âge ne sont pas près d’infléchir. « Après une progression supérieure à 3 % par an depuis 2010, le chiffre d’affaires de la profession devrait ainsi s’apprécier d’environ 3,5 % par an d’ici à 2022 », estiment les experts du cabinet d’études Xerfi-Precepta.

L’économie funéraire se porte bien, certes. Mais vingt-cinq ans après l’abrogation du monopole communal et l’ouverture au privé des pompes funèbres, elle est devenue méconnaissable. Deux mastodontes dominent le paysage et se partagent à eux seuls plus du tiers des parts de marché : le géant historique, OGF, maison mère des Pompes funèbres générales, et son puissant challenger Funecap, fondé en 2010 et propriétaire de Roc Eclerc. Ces deux groupes financiers n’ont eu de cesse ces dernières années de multiplier les acquisitions d’acteurs locaux ainsi que les ouvertures d’agences, de crématoriums et de maisons funéraires.

Parmi les opérateurs publics, d’ailleurs, qui parviennent encore à tirer leur épingle du jeu avec 16% des parts du marché, plus personne ou presque ne se fait d’illusions sur la capacité des uns et des autres à résister au bulldozer des majors, dont la croissance externe est sans limite. Illustration de cette inquiétude grandissante : la polémique née cet été du choix de la ville de Paris (2,19 millions d’hab.) de préférer l’offre de Funecap à celle de sa propre filiale de services funéraires pour créer un second crématorium dans la capitale.

Capter la clientèle

Ces dernières années, une première riposte du public a consisté à investir dans les équipements (chambres funéraires, crématoriums, lieux d’accueil pour les familles) tandis que certaines régies, comme Paris, Grenoble ou Saint-Brieuc optaient pour le changement de statut et le passage en sociétés d’économie mixte (SEM)…

Mais, de l’avis de tous, l’enjeu est ailleurs. « Notre principale préoccupation est la percée de l’assurance obsèques, souligne Patrick Lerognon, secrétaire général de l’Union du pôle funéraire public (UPFP), qui regroupe l’essentiel des régies et des SEM. Plus de 20 % de nos convois viennent des contrats ou des capitaux décès. Dans dix ans, ils en représenteront 40 % ! Il nous faut nous armer en conséquence car les banques et les assurances, qui détiennent ces contrats, favorisent les grandes entités. C’est pourquoi il nous est aujourd’hui indispensable de constituer un réseau afin de capter ces nouveaux canaux de clientèle. »

C’est ainsi que l’ambition d’une mise en réseau a vu le jour. S’est alors imposé un rapprochement avec le réseau de La Maison des obsèques (LMO), en plein essor, dont les valeurs mutualistes comptent du point de vue des opérateurs publics. « Nous voulons construire une offre commune », affirment de concert le président de l’UPFP, Manuel Sauveplane, et le directeur général de LMO, Jean-Charles Suire-Duron, qui annonce une fédération en 2020. « Nous avons la même conception du service, qui repose sur des prestations de qualité, à des prix raisonnables et maîtrisés, et avec des valeurs fortes de transparence, de respect des personnes et de solidarité », renchérit Marie-Claude Chéramy, directrice générale des Pompes funèbres intercommunales de l’agglomération tourangelle, qui interviennent sur douze communes totalisant 290 000 habitants.

Une certaine appréhension

Atout de poids : avec les trois mutuelles fondatrices qui la constituent  MGEN, Harmonie mutuelle et Mutac , La Maison des obsèques couvre près de 10 millions d’adhérents et semble décidée à bousculer la domination d’OGF et de Funecap. L’acte de mariage entre l’UPFP et le réseau LMO remonte à 2015 et a pris la forme d’un accord-cadre. Mais l’union se consomme lentement… Seules neuf villes se sont lancées dans la déclinaison d’un partenariat local : La Rochelle, Narbonne, Tours, Saintes, Grenoble, Albi, Lyon, Castelnaudary et Paris. « Tout le monde attend de voir, lâchent certains sceptiques. Il y a une appréhension à ce que les opérateurs publics rallient un tel réseau. » « Sauf à subir la concurrence et à disparaître, nous avons tout à y gagner, et rien à y perdre », plaide, pour sa part, Patrick Lerognon. Alors, quel gain espérer ?

Outre les valeurs et la visibilité, les attentes sont multiples : création d’un réseau, partage du territoire, mutualisation de services, achats groupés, organisation d’événements… Il s’agit aussi, bien sûr, de profiter de la manne de LMO, appelée à flécher son portefeuille de contrats obsèques vers ses partenaires ! Sur le terrain, l’alliance commence à porter ses fruits.

Premiers retours positifs

C’est le cas du Pôle funéraire public de la métropole de Lyon, tout premier signataire et seul opérateur à afficher des éléments concrets. « Il nous a d’abord fallu apprendre à nous connaître, relate Laure Butin, sa directrice générale. Puis nous avons participé ensemble à un salon dédié aux seniors. Des familles adhérentes à la MGEN se sont présentées à nous tandis que d’autres ont sollicité des devis en ligne. »

Difficile pour l’instant de mesurer l’impact quantitatif, mais les premiers retours en termes de notoriété sont positifs. « Nous travaillons à une offre spécifique dirigée vers les adhérents de la MGEN », poursuit Laure Butin, qui évoque aussi la mise en place prochaine d’un « outil informatique commun pour gérer l’ensemble du processus client : de la commande d’une fourniture à la réalisation des funérailles, en intégrant la comptabilité et les RH ». Un autre chantier consiste en la création d’une centrale d’achat « pour bénéficier de tarifs négociés sur les cercueils, les capitons et les véhicules ». Des projets ambitieux qui laissent augurer du meilleur. « Ce partenariat est indispensable pour garantir l’avenir d’un service funéraire public de qualité à des prix accessibles, se réjouit-elle. Chacun de notre côté, on n’y arrivera pas. Ensemble, nous serons plus forts ! » Le funéraire public entame ainsi sa mue.

Un partenariat pour créer une alternative solidaire au funéraire marchand

Manuel Sauveplane, président de l’Union du pôle funéraire public (UPFP)

SAUVEPLANE-MANUEL« La concurrence qui sévit sur le marché funéraire constitue une véritable menace pour les opérateurs publics. Comme la Cour des comptes le mentionne dans son rapport de février, nous percevons la nécessité d’une alternative solidaire au funéraire marchand. C’est pourquoi, nous, responsables de régie et de sociétés publiques, exprimons le souhait de définir une nouvelle stratégie nationale pour le funéraire public en nous rapprochant du mouvement mutualiste et coopératif.
Cette stratégie de rapprochement avec La Maison des obsèques doit d’abord permettre une mise en réseau des opérateurs et une répartition respectueuse des territoires entre les enseignes.
De plus, notre partenaire s’engage à flécher les contrats obsèques de ses clients vers les adhérents de l’UPFP. L’ambition pour 2020 est de construire un nouveau mouvement qui pèsera dans le paysage funéraire national. Il aura pour vocation de rassembler les acteurs, publics, mutualistes, voire coopératifs, au sein d’une fédération aux valeurs humanistes et solidaires. »

L’UPFP rassemble 81 adhérents (régies municipales, SEM) qui représentent 500 communes et une couverture de 13 millions d’habitants.

Jean-Charles Suire-Duron, directeur général de La Maison des obsèques (LMO)

JC-Suire-Duron

« Sur un marché dominé par des géants financiers, notre réseau mutualiste veut porter avec le funéraire public une offre différente basée sur une éthique et des valeurs similaires. En effet, notre actionnariat, composé de la MGEN, de Harmonie mutuelle et de Mutac, n’a pas pour vocation de distribuer des dividendes : si nos résultats sont positifs, ils sont forcément réinvestis.
Nous réfléchissons déjà à mettre en place des achats groupés et à mutualiser nos ressources afin de réduire les coûts. Notre intention est d’en faire profiter les familles par une tarification juste et maîtrisée.
Au fond, notre partenariat a pour ambition d’offrir aux familles une offre différenciante proposée par des acteurs du secteur non lucratif. Nous voulons fonder un modèle économique nouveau qui privilégie une performance dans la durée, plutôt que la rentabilité.
D’ici à la fin 2020, cette nouvelle offre funéraire doit déboucher sur la constitution d’une grande fédération ouverte aux acteurs de l’économie sociale et solidaire. »

La Maison des obsèques est un réseau fondé en 2015 par trois mutuelles (totalisant 10 millions d’adhérents) regroupant 126 agences, 71 funérariums et un crématorium répartis dans 26 communes. Elle s’est fixé un objectif de 400 agences en 2025 par acquisitions et partenariats.

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Comment le funéraire public veut sauver sa peau

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Henri Tanson

29/10/2019 08h13

On est bien d’accord que le point de départ, c’est la règlementation européenne qui impose la mise en concurrence de tous les secteurs d’activité dans lesquels le public est présent ? (Art. 106 du TFUE)
C’est notre appartenance à l’UE qui amène à considérer qu’aucune activité économique ne peut être exclue du marché où règne la concurrence, alors que les services publics, par définition, n’en font pas partie et ne peuvent pas en faire partie puisque la raison d’être de ces services, c’est justement que c’est le service qui est recherché, bien avant la rentabilité, le bénéfice.
C’est donc, à terme, la fin de tout ce qui est public, protégé, hors marché…
Il faut savoir ce que l’on veut.
Il faut aussi expliquer le pourquoi des choses ; l’Union européenne, c’est un ensemble de règles économiques, hyper libérales, qui ne tiennent pas compte de l’intérêt des citoyens et voit en toutes choses, l’occasion de bénéfices… Et uniquement cela.
Avons-nous bien compris que c’est un choix politique, réversible ?
Nous avons le pouvoir de dire NON !

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