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SÉCURITÉ CIVILE
Le pompier de l’Essonne qui a insulté le président Macron craint d’être révoqué
Nathalie Perrier | A la Une prévention-sécurité | Actu prévention sécurité | France | Publié le 22/10/2019 | Mis à jour le 23/10/2019

Le jeune pompier qui a insulté le président de la République mardi lors de la manifestation des sapeurs-pompiers du 15 octobre à Paris s’expose à une lourde sanction. Il a été suspendu mardi à titre conservatoire.

cap video FB

A quelles sanctions s’expose le sapeur-pompier qui a insulté le président Emmanuel Macron lors de la manifestation des pompiers, place de la Nation, à Paris ? Depuis mardi, date de la manifestation, la question est posée et le malaise ne cesse de grandir au sein du Sdis 91. Mardi 22 octobre, le jeune homme, actuellement en arrêt maladie, a appris qu’il faisait l’objet d’un arrêté de suspension conservatoire. Un conseil de discipline se réunira prochainement afin de statuer sur son sort.

Tout commence par une vidéo vue plus d’un million de fois sur twitter et Facebook [1]dans laquelle ce jeune pompier de 28 ans du Sdis de l’Essonne explique qu’ « un policier lui a tiré dessus ». « C’est un CRS, et moi je suis pompier », s’indigne ce soldat du feu en montrant une plaie rouge sous son pantalon troué. Furieux, l’homme ne cache pas sa colère et conclut ses propos  par une injure : « Macron, va te faire en… ».

Le retour de bâton ne tarde pas. Dès le lendemain, son chef de groupement se rend à la caserne pour lui rappeler ses obligations de réserve. Le Sdis 91 de son côté se fend, toujours le 16 octobre, d’un communiqué dans lequel il indique, laconique : « En marge de (cette) manifestation, des insultes et des actes isolés répréhensibles ont été observés impliquant des sapeurs-pompiers de l’Essonne. Certains agissements ont été largement partagés sur les réseaux sociaux. Le Sdis de l’Essonne condamne fermement ces faits et débordements contraires à l’image du service public et aux valeurs des sapeurs-pompiers ».

Une enquête est en cours

Si le niveau de sanction n’est nullement évoqué, le Sdis précise qu’il « se réserve le droit de prendre des dispositions à l’encontre des auteurs afin de préserver son image et celle des sapeurs-pompiers ». L’insulte du fonctionnaire à l’encontre du président de la République lui vaudra sans aucun doute une sanction, mais son degré n’a pas encore été déterminé. « On redoute une révocation », s’inquiète Jean-Christophe Cantot, à la CGT du Sdis 91, qui rappelle que cet agent venait de se prendre un tir de lanceur de balle de défense (LBD) dans la jambe. « Il doit certes être sanctionné car un agent en tenue ne peut insulter sur la voie publique le président. Mais nous condamnons une éventuelle révocation qui serait totalement disproportionnée », poursuit Jean-Christophe Cantot.

Alors que le Sdis 91 connaît depuis mardi une vague sans précédent d’arrêts maladie _une sorte de grève qui ne dit pas son nom pour dénoncer le manque d’effectifs, une sanction lourde pourrait mettre de l’huile sur le feu. Il n’empêche. Une enquête est en cours et une sanction devra être prononcée. « Ce type de comportement est préjudiciable à l’image des pompiers, martèle Alain Laratta, vice-président du syndicat de cadres Avenir Secours. Les sapeurs-pompiers savent pertinemment que tout excès de langage est interdit et peut très vite se retrouver en boucle sur les réseaux sociaux. C’est maintenant à l’autorité d’emploi, autrement dit au Sdis, de déterminer le niveau de sanction ».

Une lettre ouverte dans le Parisien

Inquiet pour son avenir professionnel, le jeune pompier, en arrêt maladie depuis le mercredi 15 octobre, a écrit, sur les conseils de ses avocats, une lettre ouverte, transmise au quotidien Le Parisien [3], dans laquelle il dit « regretter » ses propos. Il n’a toutefois pas voulu écrire une lettre d’excuse aux autorités publiques, comme le lui conseillaient ses avocats, jugeant la démarche « humiliante ». Jusqu’ici, ce jeune père de famille, multi médaillé pour des actes de bravoure, n’a jamais fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire. Selon nos informations, la direction n’entend nullement prendre une décision à chaud. 

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