Biodiversité

Barrage symbolique d’une lutte acharnée, Vezins est à terre

Par • Club : Club Techni.Cités

DDTM50/Mission Barrages de la Sélune

35 m de haut, 278 m de long, le barrage de Vezins (Manche), colosse de béton aux pieds d’argile, est à terre. Il est le symbole d’une bataille sans merci de plusieurs dizaines d’années entre les pro et les anti-barrages. Par sa taille, ce démantèlement est tout à fait exceptionnel.

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Sous l’œil des opposants (Les Amis des barrages) toujours présents sur le chantier, les travaux de déconstruction ont commencé depuis juin dernier, avec le perçage d’un premier trou. « Aujourd’hui, la moitié du barrage est arasé » confirme Gilles Berrée, responsable de la mission barrages de la Sélune à la DDTM50.

Situé à Isigny-le-Buat (Manche), ce barrage hydroélectrique barre le fleuve Sélune depuis 1932 et produisait 22 millions de kWh, jusqu’à l’arrêt de la production en mai 2018.

Une opération exceptionnelle

« Cette opération de démantèlement est vraiment exceptionnelle. Vezins est l’un des plus gros barrages au monde. Un barrage de cette taille n’a jamais été arasé. C’est une première en Europe et même aux Etats-Unis, où cette pratique est pourtant plus courante », précise Frédéric ...

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15/10/2019 05h58 - UDI-ECO-50

Le résultat d’un long processus… sur fond juridico-politique :

Ce sont les motivations antérieures issues de la Gouvernance de l’Eau et les véritables sujets environnementaux qui ont conduit l’Etat à ne pas renouveler la concession en 2007 et faire qu’après Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Hulot, Ministres successifs en responsabilité de l’environnement, la décision fut prise et confirmer de supprimer ces barrages en baie du Mont-Saint-Michel.

L’histoire retiendra, je le souhaite, ce sens de la responsabilité politique et environnementale dans ce dossier et l’attachement que chacun marquera à construire un véritable projet de développement durable pour la vallée…

Mais revenons un peu en arrière… Après avoir exprimé son intention de continuer l’exploitation des deux barrages en 2004, EDF avait déposé une demande de renouvellement de concession pour une durée de quarante ans :
– ne comportant pas de dispositif de franchissement piscicole alors que les barrages devaient en être équipés depuis 1991, la Sélune étant classée au titre de l’ancien article L. 432-6 du code de l’environnement notamment pour le saumon atlantique et l’anguille (objet d’un dépôt de plainte pénale du 1er avril 2014),
Par ailleurs, l’instruction du dossier de demande avait donné lieu à des réserves portant sur :
– l’insuffisance de justification économique des ouvrages,
– sur leur non compatibilité avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Seine-Normandie,
– sur l’absence de respect de l’obligation de libre circulation des poissons migrateurs,
– sur la décision de la commission locale de l’eau du schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la Sélune s’est prononcée le 27 juin 2005 pour une fin d’activité des barrages en 2013,
– la décision de la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie le 13 novembre 2009 que la concession du barrage de Vezins ne serait pas renouvelée et qu’il convenait d’effacer les deux barrages afin de réaliser les objectifs de la directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 dite directive cadre sur l’eau, prévoyant d’assurer la libre circulation des poissons migrateurs et d’améliorer la qualité des eaux.
– la décision de la cour administrative d’appel de Nantes, par un arrêt n° 09NT00920 du 26 novembre 2010, a mis en demeure EDF de prendre toutes dispositions de nature à assurer la libre circulation des poissons au plus tard le 31 décembre 2013,
– la confirmation de la décision de démolition le 21 février 2012 par la ministre en charge de l’écologie et du développement durable,
– la décision de fin à la procédure de demande de renouvellement de la concession et l’arrêt de l’exploitation des barrages de Vezins et de la Roche-qui-boit de démolition par arrêté du 3 juillet 2012,
– le dépôt le 31 janvier 2014 d’un dossier de demande d’autorisation au titre de la législation sur l’eau, avec étude d’impact, afin de mettre en œuvre la gestion des sédiments de fond de barrage et le démantèlement des ouvrages,
– l’arrêté du 3 mars 2016 portant sur la vidange et les travaux de gestion des sédiments du barrage de Vezins,
– l’arrêté complémentaire du 29 octobre 2018 autorisant au titre de l’article L 214-3 du code de l’environnement les travaux de déconstruction du barrage de Vezins, après avis favorable du CODERST…
Pour conclure, il demeurera regrettable que l’Etat n’est pas été jusqu’au bout sur le barrage de Poutès, autre barrage « point noir » du territoire national.

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